lun. Mai 27th, 2024

Mary-Sol MICHEL, Directrice de la Gestion sous mandat

Alors que le premier trimestre vient de s’achever, quel regard portez-vous sur l’évolution des marchés depuis le début d’année ?

Mary-Sol MICHEL Les Bourses ont connu une progression spectaculaire ce trimestre, bien au-delà des attentes de fin d’année dernière : le CAC 40 gagne 8,8 %, le S&P 500, 10,2 %, tandis que l’Euro Stoxx 50 bondit de 12,4 %. Comme depuis plusieurs mois, seules les actions chinoises accusent un retard, mais elles parviennent tout de même à rester en territoire positif, avec une hausse de 2,6 %.

Comment expliquez-vous ce dynamisme boursier ? 

Mary-Sol MICHEL : Après les attaques du Hamas, les Bourses avaient chuté puis rapidement rebondi : elles poursuivent aujourd’hui sur leur lancée de fin 2023. Au-delà de publications d’entreprises de bonne facture depuis plusieurs trimestres, les marchés sont soutenus par un environnement macroéconomique plus porteur. Le ralentissement attendu de l’économie américaine ne se matérialise pas, au contraire : la prévision de croissance pour 2024 a été révisée à la hausse, passant de 1,3 % en début d’année, à 2,2 % aujourd’hui. En outre, alors que les Etats-Unis faisaient cavaliers seuls l’an dernier, les autres zones géographiques montrent des signes d’amélioration en termes de croissance : les indicateurs avancés d’activité en zone euro se redressent et témoignent désormais d’une économie en légère expansion. Les prévisions font état, pour cette année, d’une croissance européenne certes modeste mais qui se raffermit. En Chine, ces indicateurs, jusqu’ici mal orientés, repassent également en positif. A ceci s’ajoute une inflation qui continue de refluer, y compris sur sa composante hors énergie et alimentation : aux Etats-Unis, l’inflation sous-jacente passe de 2,9 à 2,8 % d’un mois sur l’autre et en zone euro, de 3,1 % à 2,9 %. Ces résultats ouvrent la voie à des baisses de taux, comme l’ont montré le ton accommodant de Christine Lagarde et de Jérôme Powell lors de leurs dernières prises de parole.

Après ce très bon début d’année, les Bourses présentent-elles encore un potentiel de hausse ? 

Mary-Sol MICHEL : Il faut distinguer le court terme et le moyen terme. A court terme, les marchés ont besoin de reprendre leur souffle. Les hausses ne sont jamais linéaires et cela fait plusieurs mois qu’ils n’ont pas connu une réelle correction. Une consolidation pourrait intervenir si une statistique s’avérait moins bonne et remettait en question le calendrier de la baisse des taux par exemple. En outre, le contexte géopolitique reste tendu. Si un repli paraît probable à court-terme, nous ne nous attendons toutefois pas à un effondrement car les fondamentaux des marchés sont solides. A un horizon de 12 à 18 mois, nous restons ainsi positifs. La baisse de l’inflation laisse entrevoir un assouplissement des politiques monétaires dans les principaux pays et c’est traditionnellement un facteur puissant. La banque centrale suisse a d’ailleurs commencé à le faire dès le 21 mars et la Suède devrait lui emboiter le pas prochainement. La baisse des taux va constituer une bouffée d’oxygène pour les acteurs économiques et ce mouvement pourrait s’étaler sur plusieurs trimestres. Les bourses devraient également continuer d’être tirées par l’essor de l’intelligence artificielle : après avoir bénéficié de manière très directe à une première vague d’entreprises (Nvidia, Amazon, Microsoft, Google), ces progrès technologiques devraient profiter à un second cercle d’acteurs, comme les sociétés de services informatiques ou les éditeurs de logiciels qui vont avoir à déployer l’IA dans les entreprises. Ce potentiel à moyen terme permet de relativiser les valorisations élevées des valeurs technologiques. N’oublions pas que si le cours de Bourse de Nvidia a considérablement augmenté, ses bénéfices ont progressé plus rapidement encore !

 

 

A propos de Swiss Life Banque Privée (01/01/2024) : 

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