jeu. Fév 22nd, 2024

Alors que L’EUR/USD a franchi ce mercredi la résistance clé située dans la zone de 1,0930-35, William Gerlach, Directeur Régional France et Royaume-Uni au sein d’iBanFirst revient sur les raisons de cette évolution favorable de l’euro. 

Pour William Gerlach, il y a deux facteurs explicatifs de cette hausse :
 

  • Les anticipations du marché, qui table sur le maintien du processus de durcissement monétaire de la BCE.
  • La saisonnalité : le dollar américain baisse souvent en avril. Un rattrapage a toutefois habituellement lieu en mai. 

 

Peut-on cependant parler de tendance durable ? Si on tient compte du fait que les anticipations des marchés sont amenées à fluctuer en fonction des statistiques et que la saisonnalité va de nouveau probablement avantager le dollar le mois prochain, on peut douter que le mouvement haussier de l’EUR/USD observé récemment soit durable. 

 

Nous pensons toujours qu’à long terme l’euro a un réel potentiel pour s’échapper au-dessus des 1,10 avec peut-être une pointe à 1,15 cette année (ce qui est attendu par la plupart des trésoriers d’entreprise). Mais ce n’est pas encore le bon moment. A court terme, nous pensons que des prises de profit pourraient survenir à l’approche des 1,10 et faire de nouveau chuter l’EUR/USD sous les 1,09.

Ce qu’il faut retenir du mois écoulé

• Cours de l’or en euro : +6% en mars, +7% sur 2023
• La crise bancaire (SVB et crédit Suisse) soutient le cours
• JP Morgan : « le calme avant la tempête »
• Banques centrales : la ruée vers l’or

+6% en mars et +7% en 2023

Le cours de l’or en euro a fait un bond de 6.02% en mars pour atteindre 1818.16 euros l’once au second fixing de Londres du 31 mars. Le cours a même touché le 24 mars un plus haut à 1855.03, sur fonds de panique sur les marchés en raison de la crise bancaire (Sillicon Valley Bank, Crédit Suisse, Deutsche Bank, etc.). Après la correction de février, ce rebond porte la performance totale du métal jaune depuis le début de l’année à +7.01% en euros.

Le cours de l’or en euro a fait un bond de 6.02% en mars pour atteindre 1818.16 euros l’once au second fixing de Londres du 31 mars. Le cours a même touché le 24 mars un plus haut à 1855.03, sur fonds de panique sur les marchés en raison de la crise bancaire (Sillicon Valley Bank, Crédit Suisse, Deutsche Bank, etc.). Après la correction de février, ce rebond porte la performance totale du métal jaune depuis le début de l’année à +7.01% en euros.
La barre symbolique des 2000 dollars l’once a été franchie durant la séance du 20 mars, au lendemain de l’annonce du sauvetage de Crédit Suisse. En dollars, l’appréciation du
métal jaune atteint 8.5% sur le mois, et 9.23% depuis le début de l’année. La baisse du billet vert contre l’euro, particulièrement en fin de mois, explique l’écart de performance entre l’investisseur européen et américain.
Sur le mois, le CAC 40 hors dividendes s’est apprécié de 0.75%. L’indice parisien a perdu jusqu’à -5% à la mi-mars, avant de se reprendre pour terminer en terrain légèrement positif.
En mars, le métal jaune a donc parfaitement joué son rôle de valeur refuge en offrant une diversification utile à ses détenteurs : en pleine panique bancaire, il s’est parrécié alors que tous les actifs risqués chutaient fortement.

 

Crise bancaire : rétrospective et perspectives

Le mois de mars a évidemment été marqué par la faillite de la Sillicon Valley Bank, la 2ème plus grosse défaillance bancaire de l’histoire américaine. Mauvaise gestion, remontée des taux créant des pertes, et retrait des dépôts ont eu raison de la 16ème banque des Etats-Unis. Malgré le sauvetage et l’intervention des banques centrales, un vent de panique a soufflé sur le secteur bancaire international, vent qui a eu raison du Crédit Suisse, déjà fragilisé depuis plusieurs années.

Sources : LBMA,Yahoo, Comptoir National de l’Or (gold.fr)
Logiquement, dans cette phase de panique, les investisseurs se sont rournés vers un des seuls actifs qui ne peut pas faire faillite : l’or. Il n’est en effet la contrepartie ou la dette de personne, il cimente la confiance lorsque tout le monde se méfie de la santé financière de son voisin.
Cette crise bancaire peut-elle se propager davantage ? Oui, par exemple si les dépots des banques continuent= à s’évaporer ce qui fragiliserait leur source de financement. Ou si l’immobilier vacille… Aux Etats-Unis, les prix de l’immobilier résidentiel on commencé à baisser sous l’effet de taux hypothécaires qui avoisinent le 6.5%.
En Suède, le marché a déjà plongé de 15%. L’inquiétude se porte également sur l’immobilier commercial (bureaux et commerces) qui devra se refinancer à des taux plus élevés, alors qu’il est impacté par des changements structurels (e-commerce, télétravail, etc.).
Dans son dernier bulletin macroprudentiel, la BCE vient d’ailleurs de pointer les « vulnérabilités de l’immobilier commercial » avec des baisses de valorisation de l’ordre de 20% en France. « Le calme avant la tempête »
L’enjeu des prochains mois est donc la politique monétaire : les banques centrales devront-elles continuer à augmenter les taux d’intérêt pour juguler une inflation toujours élevée, au risque de créer de nouvelles fissures dans le système financier mondial ? Ou bien baisseront-elles les taux, comme le marché l’anticipe, pour éviter la crise et la dégradation des perspectives économiques ?
Pour Marko Kolanovic, le chef de la stratégie d’investissement de JP Morgan, la plus grosse banque d’affaire du monde, c’est « le calme avant la tempête » : « la Réserve Fédérale n’a indiqué aucune intention de baisser les taux, et pourtant les actifs risqués affichent une reprise sans précédent, avec les actions européénnes près des plus haut historiques, et des actions américaines qui récupèrent leur pertes récentes. […] Nous nous attendons à un retournement du sentiment et à ce que le marché aille retester les plus bas de l’année dernière dans les mois qui viennent. »
Autant de risques qui pourraient offrir au métal jaune l’occasion de prouver son statut de valeur refuge. Et ce même sans envisager un scénario catastrophe. Pour les analystes d’UBS, le cours du métal jaune pourrait atteindre 2100 dollars, leur objectif à un an, plus tôt que prévu. « Si un remake de la crise financière mondiale a pu être évité, il faudra du temps pour que la confiance des investisseurs revienne ».

Banques centrales : la ruée vers l’or continue

L’activité est toujours étoffée du coté des achats institutionnels. Singapour prend la tête du palmarès de2023, avec un achat de 45 tonnes annoncé en mars. La Chine a confirmé ses achats d’or réguliers, initiés en novembre 2022 : avec un dernier achat de 25 tonnes, les réserves du pays atteignent maintenant 2050 tonnes, soit une augmentation de 100 tonnes en quelques mois. La Russie a également annoncé avoir augmenté ses réserves d’un million d’onces, soit environ environ 31 tonnes en un an. Le World Gold Council a récemment rappelé les principales raisons de ces achats, grâce à une enquête menée auprès de 46 banques centrales, dont 34 de pays émergents. Une grande partie d’entre elles apprécient la performance du métal jaune en temps de crise (74%), le fait qu’il ne porte pas de risque de défaut (69%), qu’il permette une diversification efficace de leur portefeuille (68%), qu’il soit exempt de risque politique (55%) et liquide (52%). Quel autre actif peut-il en dire autant ?

Avertissement : Le cours de l’or peut varier significativement à la hausse ou à la baisse. Les informations contenues dans cet article  ne constituent pas une recommandation.

 

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