lun. Avr 22nd, 2024

8950 défaillances enregistrées au 3ème trimestre 2022

La barre des 38 000 défaillances sur 12 mois est franchie

 Le nombre de procédures augmente de 69 %, un taux jamais observé en 25 ans, mais reste très inférieur aux seuils de 2019

Le groupe Altares, expert historique et référent de la data d’entreprise dévoile aujourd’hui les chiffres des défaillances d’entreprises en France au 3ème trimestre 2022. Avec 8950 procédures collectives ouvertes entre le 1er juillet et le 30 septembre, le niveau des défaillances augmente de 69 % comparé à l’été 2021, un taux jamais observé depuis 25 ans. Sur 12 mois glissés, la barre des 38 000 défauts a été franchie. Avec 10 000 procédures de plus sur un an (+34 %), la France renoue avec les niveaux de défaillances de l’été 2020, mais reste encore loin des 53 500 procédures observées fin septembre 2019.

Dans le détail des secteurs, les activités B2C (commerce de détail, restauration, services à la personne) sont toujours durement fragilisées. Des signaux préoccupants émergent dans le bâtiment (second œuvre, fabrication et négoce de matériaux). Du côté des régions, si tous les territoires sont dans le rouge, la région PACA semble le mieux résister. A l’inverse, les Hauts-de-France – où les défauts ont doublé durant l’été – retrouvent une situation équivalente à 2019. Enfin, la hausse de la sinistralité chez les PME de moins de 50 salariés fait flamber le nombre d’emplois menacés, qui approche désormais 33 000.

 

Thierry Millon, directeur des études Altares « Le nombre des défaillances d’entreprises augmente très vite. Les difficultés, qui se concentraient ces derniers mois sur les activités B2C se propagent et n’épargnent plus les PME. Le contexte économique très tendu mine la confiance des acheteurs et la montée des risques fait trembler les directions financières. Les mauvais chiffres du mois d’août (+ 98 % vs. Août 2021), période pourtant traditionnellement plus calme, témoignent de l’urgence de certaines situations. Nous sommes encore loin des 50 000 procédures annuelles mais l’accélération très forte de ces derniers mois pourrait impacter les fournisseurs qui peineraient à gérer la démultiplication soudaine des défauts de clients, a fortiori de PME. 10 000 défaillances de plus sur un an, ce sont aussi de nombreuses factures qui resteront impayées. »

 

Le nombre de défaillances en hausse de 69 %, un taux jamais observé en plus de 25 ans.

 

Les records se suivent d’une année à l’autre, mais pour des raisons diamétralement opposées. Avec moins de 5500 défaillances, le niveau de sinistralité du 3ème trimestre 2021 était le plus bas jamais observé en 25 ans. Cet été 2022, 8950 entreprises ont défailli entre le 1er juillet et le 30 septembre 2022, c’est 68,5% de plus qu’un an plus tôt. Une hausse record, jamais observée jusqu’à aujourd’hui. Si l’on ne franchit pas encore le seuil des 10 000 procédures de l’été 2019, le retour aux standards d’avant Covid s’accélère.

A titre de référence, au cours des 25 dernières années, des hausses de plus de 20 % n’ont été observées qu’à trois autres reprises : lors de la crise financière de 2008 (+ 22 % au 4ème trimestre 2008 et au 1er trimestre 2009) et au 1er trimestre 2002 (+25 %) en comparaison d’un 1er trimestre 2001 perturbé par la grève des juges des tribunaux de commerce.

Sur 12 mois glissés, la barre des 38 000 ouvertures de procédure collective est dépassée pour la première fois depuis l’été 2020. Une augmentation de 10 000 défaillances sur un an, qui ne ramène pas pour autant la France à ses niveaux de défauts de septembre 2019 (53 500). 

 

Les procédures de sauvegarde restent toujours peu nombreuses (229) au regard de l’ensemble des ouvertures mais en ce 3e trimestre 2022, leur nombre dépasse les seuils d’avant crise. C’est même la valeur estivale la plus haute depuis 2016.

Les procédures de redressement judiciaire (RJ) sont en hausse rapide de 63,2 % avec 2109 jugements prononcés. Elles représentent toujours moins d’un jugement sur quatre (24 %), un taux inférieur aux 30 % relevés avant Covid.

Les liquidations judiciaires directes (LJ), concentrent encore près des trois quarts (74 %) des jugements d’ouvertureCe taux est nettement supérieur à celui constaté avant la crise sanitaire (68 %). Elles ont concerné 6612 entreprises, soit une augmentation de 71,3 %. 

 

Nombre de défaillances d’entreprises par type de procédure par trimestre

(Données arrêtées au 1er octobre de chaque année)

 

2018 T3 2019 T3 2020 T23 2021 T3 2022 T3 EVOLUTION T3 2022/21 MOYENNE 5 ANS
Sauvegardes 216   205   155   159   229   44,0% 193  
Redressements

Judiciaires

3 613        3 161   1 466   1 292   2 109   63,2% 2 328  
 Liquidations Judiciaires directes 7 843   7 205   5 081   3 860   6 612   71,3% 6 120  
Total défaillances 11672 10571 6702 5311 8950 68,5% 8 641  
Total Emplois menacés 34 900   36 200   26 600   17 460   32 970   15 510   29 626  
Emplois menacés par entreprise 3,0   3,4   4,0   3,3   3,7   0,4   3,5

 

Les entreprises les plus jeunes de plus en plus vulnérables

 

Les entreprises âgées de zéro à cinq ans concentrent 45 % de l’ensemble des ouvertures de procédure. Parmi elles, celles de moins de trois ans, nées avec la crise sanitaire sont durement impactées (+70,6%), un phénomène encore plus marqué chez les entreprises de trois à cinq ans (+81,6%).

L’essentiel (86%) des jeunes entreprises défaillantes sont des sociétés commerciales créées sous le statut de SARL ou, de plus en plus, de SAS (dont SASU) peu capitalisées (capital social médian de 2000 euros).

Les défaillances de PME accélèrent et retrouvent les seuils de 2019

 

Les trois quarts des procédures concernent des TPE de moins de trois salariés (6720 sur un total de 8950).

Les TPE de trois à neuf salariés comptent 1500 défaillances. Ce sont donc elles qui donnent la tendance trimestrielle.

La situation se complique pour les PME de moins de cinquante salariés.

439 PME de dix à dix-neuf salariés ont défailli cet été, c’est 77 % de plus qu’il y a un an et désormais plus qu’à l’été 2019 (381).

Les PME de vingt à quarante-neuf salariés font face à une accélération encore plus marquée. Ce trimestre, le nombre de défauts a plus que doublé (+111%) pour atteindre 186 ouvertures, soit un niveau approchant celui de l’été 2019 (193).

Ces PME défaillantes se situent dans de nombreux secteurs, en particulier le BTP, le transport, la restauration, l’industrie ou le commerce automobile. La plus forte vulnérabilité de ces PME fait flamber le nombre d’emplois menacés, qui approche désormais 33 000. A l’opposé, les sociétés défaillantes de plus de cinquante salariés sont relativement peu nombreuses (55) et tentent de résister (+22 %).

Le groupe Altares, expert historique et référent de la data d’entreprise dévoile aujourd’hui les chiffres des défaillances d’entreprises en France au 3ème trimestre 2022. Avec 8950 procédures collectives ouvertes entre le 1er juillet et le 30 septembre, le niveau des défaillances augmente de 69 % comparé à l’été 2021, un taux jamais observé depuis 25 ans. Sur 12 mois glissés, la barre des 38 000 défauts a été franchie. Avec 10 000 procédures de plus sur un an (+34 %), la France renoue avec les niveaux de défaillances de l’été 2020, mais reste encore loin des 53 500 procédures observées fin septembre 2019.

Dans le détail des secteurs, les activités B2C (commerce de détail, restauration, services à la personne) sont toujours durement fragilisées. Des signaux préoccupants émergent dans le bâtiment (second œuvre, fabrication et négoce de matériaux). Du côté des régions, si tous les territoires sont dans le rouge, la région PACA semble le mieux résister. A l’inverse, les Hauts-de-France – où les défauts ont doublé durant l’été – retrouvent une situation équivalente à 2019. Enfin, la hausse de la sinistralité chez les PME de moins de 50 salariés fait flamber le nombre d’emplois menacés, qui approche désormais 33 000.

 

Thierry Millon, directeur des études Altares « Le nombre des défaillances d’entreprises augmente très vite. Les difficultés, qui se concentraient ces derniers mois sur les activités B2C se propagent et n’épargnent plus les PME. Le contexte économique très tendu mine la confiance des acheteurs et la montée des risques fait trembler les directions financières. Les mauvais chiffres du mois d’août (+ 98 % vs. Août 2021), période pourtant traditionnellement plus calme, témoignent de l’urgence de certaines situations. Nous sommes encore loin des 50 000 procédures annuelles mais l’accélération très forte de ces derniers mois pourrait impacter les fournisseurs qui peineraient à gérer la démultiplication soudaine des défauts de clients, a fortiori de PME. 10 000 défaillances de plus sur un an, ce sont aussi de nombreuses factures qui resteront impayées. »

 

Le nombre de défaillances en hausse de 69 %, un taux jamais observé en plus de 25 ans.

 

Les records se suivent d’une année à l’autre, mais pour des raisons diamétralement opposées. Avec moins de 5500 défaillances, le niveau de sinistralité du 3ème trimestre 2021 était le plus bas jamais observé en 25 ans. Cet été 2022, 8950 entreprises ont défailli entre le 1er juillet et le 30 septembre 2022, c’est 68,5% de plus qu’un an plus tôt. Une hausse record, jamais observée jusqu’à aujourd’hui. Si l’on ne franchit pas encore le seuil des 10 000 procédures de l’été 2019, le retour aux standards d’avant Covid s’accélère.

A titre de référence, au cours des 25 dernières années, des hausses de plus de 20 % n’ont été observées qu’à trois autres reprises : lors de la crise financière de 2008 (+ 22 % au 4ème trimestre 2008 et au 1er trimestre 2009) et au 1er trimestre 2002 (+25 %) en comparaison d’un 1er trimestre 2001 perturbé par la grève des juges des tribunaux de commerce.

Sur 12 mois glissés, la barre des 38 000 ouvertures de procédure collective est dépassée pour la première fois depuis l’été 2020. Une augmentation de 10 000 défaillances sur un an, qui ne ramène pas pour autant la France à ses niveaux de défauts de septembre 2019 (53 500). 

 

Les procédures de sauvegarde restent toujours peu nombreuses (229) au regard de l’ensemble des ouvertures mais en ce 3e trimestre 2022, leur nombre dépasse les seuils d’avant crise. C’est même la valeur estivale la plus haute depuis 2016.

Les procédures de redressement judiciaire (RJ) sont en hausse rapide de 63,2 % avec 2109 jugements prononcés. Elles représentent toujours moins d’un jugement sur quatre (24 %), un taux inférieur aux 30 % relevés avant Covid.

Les liquidations judiciaires directes (LJ), concentrent encore près des trois quarts (74 %) des jugements d’ouvertureCe taux est nettement supérieur à celui constaté avant la crise sanitaire (68 %). Elles ont concerné 6612 entreprises, soit une augmentation de 71,3 %. 

 

Nombre de défaillances d’entreprises par type de procédure par trimestre

(Données arrêtées au 1er octobre de chaque année)

 

2018 T3 2019 T3 2020 T23 2021 T3 2022 T3 EVOLUTION T3 2022/21 MOYENNE 5 ANS
Sauvegardes 216   205   155   159   229   44,0% 193  
Redressements

Judiciaires

3 613        3 161   1 466   1 292   2 109   63,2% 2 328  
 Liquidations Judiciaires directes 7 843   7 205   5 081   3 860   6 612   71,3% 6 120  
Total défaillances 11672 10571 6702 5311 8950 68,5% 8 641  
Total Emplois menacés 34 900   36 200   26 600   17 460   32 970   15 510   29 626  
Emplois menacés par entreprise 3,0   3,4   4,0   3,3   3,7   0,4   3,5

 

Les entreprises les plus jeunes de plus en plus vulnérables

 

Les entreprises âgées de zéro à cinq ans concentrent 45 % de l’ensemble des ouvertures de procédure. Parmi elles, celles de moins de trois ans, nées avec la crise sanitaire sont durement impactées (+70,6%), un phénomène encore plus marqué chez les entreprises de trois à cinq ans (+81,6%).

L’essentiel (86%) des jeunes entreprises défaillantes sont des sociétés commerciales créées sous le statut de SARL ou, de plus en plus, de SAS (dont SASU) peu capitalisées (capital social médian de 2000 euros).

Les défaillances de PME accélèrent et retrouvent les seuils de 2019

 

Les trois quarts des procédures concernent des TPE de moins de trois salariés (6720 sur un total de 8950).

Les TPE de trois à neuf salariés comptent 1500 défaillances. Ce sont donc elles qui donnent la tendance trimestrielle.

La situation se complique pour les PME de moins de cinquante salariés.

439 PME de dix à dix-neuf salariés ont défailli cet été, c’est 77 % de plus qu’il y a un an et désormais plus qu’à l’été 2019 (381).

Les PME de vingt à quarante-neuf salariés font face à une accélération encore plus marquée. Ce trimestre, le nombre de défauts a plus que doublé (+111%) pour atteindre 186 ouvertures, soit un niveau approchant celui de l’été 2019 (193).

Ces PME défaillantes se situent dans de nombreux secteurs, en particulier le BTP, le transport, la restauration, l’industrie ou le commerce automobile. La plus forte vulnérabilité de ces PME fait flamber le nombre d’emplois menacés, qui approche désormais 33 000. A l’opposé, les sociétés défaillantes de plus de cinquante salariés sont relativement peu nombreuses (55) et tentent de résister (+22 %).

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