Sensé « revivifier notre démocratie » et « faire face à des enjeux qui sont extrêmement forts pour le pays », le Conseil National de la Refondation a tenu la semaine dernière sa première cession sous la présidence de François Bayrou, le Haut-commissaire au plan.

Pour Régions & Peuples Solidaires, cet énième comité Théodule aux contours et aux objectifs pour les moins flous, vient grossir la liste des pseudos consultations initiées par Emmanuel Macron pour « déverticaliser » le pouvoir. Tout nous laisse à penser, après la Convention Citoyenne pour le Climat et le Grand Débat qui n’ont débouché sur trois fois rien, que le CNR à son tour ne mènera nulle part et qu’il s’agit d’un leurre.

De plus, la référence, à peine voilée, de l’acronyme CNR au Conseil National Résistance, nous paraît inappropriée au vu du contexte, de la méthode et des enjeux incomparables avec ceux de la lutte contre le nazisme et de la reconstruction du pays après la Seconde Guerre Mondiale.

Réchauffement climatique, crise énergétique, défiance à l’égard des institutions, etc. les défis de la décennie ne manquent pas. La concorde est certes nécessaire pour faire face aux enjeux. Mais dans une démocratie, le pouvoir appartient au peuple et à ses représentants élus. Aussi nous considérons que les futures réformes doivent être menées depuis le Parlement (Assemblée nationale et Sénat) et les territoires (Assemblées d’élus locaux), de concert avec les Conseils Economiques, Sociaux et Environnementaux (CESE et CESER), assemblées représentatives de la société civile dotées de pouvoirs consultatifs, et non à une commission éphémère composée d’experts qui ne tirent leurs légitimités que d’une nomination par l’Élysée.

Aux antipodes des objectifs annoncés, le Conseil National de la Refondation va nourrir la crise des institutions et la défiance à l’égard des élus tenus à l’écart par l’Élysée. Cela ne peut qu’amplifier la démobilisation des électeurs qui est plus forte à chaque élection.

Régions et Peuples Solidaires ne participera donc pas au Conseil National de la Refondation et appelle à la revitalisation de la démocratie par les territoires.

Lydie Massard et David Grosclaude, co-porte-paroles de Régions et Peuples Solidaires 


Présentation de Régions et Peuples Solidaires:

Créé au lendemain des élections européennes en 1994, Régions et Peuples Solidaires (R&PS) est le parti politique qui fédère à l’échelle de l’Hexagone les mouvements dits régionalistes. 

R&PS compte treize organisations membres rassemblés autour d’une charte, dont Femu a Corsica, le parti de Gilles Simeoni, le président de la Collectivité de Corse. 
En Savoie, R&PS est représenté par le Mouvement Région Savoie qui avait initié lors des dernières élections régionales le mouvement Sabaudia. 

Le poids politique de R&PS est grandissant. A ce jour, R&PS possède un Eurodéputé (groupe Verts- Alliance Libre Européenne), un sénateur ( Groupe Écologiste – Solidarité et Territoires) et quatre Députés (groupe Libertés, Outre-mer, Indépendants et Territoire).

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