Nous sommes face à une dislocation des marchés. Les indices sont proches des records historiques mais certains secteurs connaissent des chutes sans précédent. En cause, des craintes exagérées concernant l’IA et beaucoup de spéculation. D’après les prime books des grandes banques américaines, les fonds spéculatifs, qui ont jusqu’à présent fait un pari gagnant en vendant les entreprises de logiciels, ont renforcé leurs positions ces derniers jours. Cela signifie que la baisse du secteur n’est probablement pas terminée. Même chose avec les Sept Magnifiques qui ont un début d’année difficile malgré des résultats solides et sous-performent le S&P 500.
Sans surprise, ce contexte est favorable à un accroissement de la volatilité. En se basant sur les données de Bloomberg, la volatilité moyenne d’une action américaine au cours du dernier mois était de 10,8% – bien supérieure à sa moyenne de long terme. Tout ceci risque de continuer à court terme. Les ventes à découvert augmentent. Le risque politique pourrait aussi s’inviter sur le devant de la scène et accentuer la fébrilité des marchés. Les prochaines journées de décision potentielle de la Cour Suprême américaine sur la légalité des taxes douanières sont les 20, 24 et 25 février. Attention, comme en janvier, la décision finale pourrait être repoussée à mars.
Qu’est-ce qui pourrait calmer les esprits ? Une baisse des taux par la Fed. En revanche, il faudra attendre le mois prochain pour qu’elle ait lieu. Autre possibilité, les grandes entreprises technologiques américaines pourraient annoncer une pause dans leurs dépenses d’investissement liées à l’IA. C’est contrariant, mais cela pourrait certainement permettre un rebond du compartiment tech en bourse.
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement
chez Pictet AM