L’équipe de Swiss Life Asset Managers et Roger Caniard, Directeur financier de la MACSF, ont partagé leurs convictions quant au segment dit « à valeur ajoutée » (ou « value add ») au sein de cet univers d’investissement, lors de la présentation de ses perspectives pour la classe d’actifs « infra equity » devant une cinquantaine d’investisseurs institutionnels.

Les actifs d’infrastructures sont issus d’activités et de secteurs fournissant des installations et des services utiles à la société, en rapport avec le transfert et la conservation de biens, de personnes, d’énergie et de donnéesCela représente un vaste univers d’investissement qui recouvre les infrastructures sociales (hôpitaux, établissements éducatifs…), de traitement des eaux et des déchets, de transport, d’énergie ou de communication.

Une classe d’actifs qui ne manque pas d’atouts…

 

« Tant dans les pays de l’OCDE qu’émergents, le besoin de développement et de maintenance des infrastructures est croissant et nécessite des capitaux privés considérables » constate Emmanuel Lejay, Directeur exécutif de l’équipe Infrastructures chez Swiss Life Asset Managers. On estime en effet à 57 300 milliards de dollars, le besoin d’investissement en infrastructures à l’échelle mondiale, pour l’essentiel en infrastructures routières, énergétiques et de traitement de l’eau*. 

Face à ces besoins d’équipements d’une part et dans un environnement de taux qui restent bas d’autre part, la classe d’actifs est de plus en plus prisée des investisseurs, en particulier institutionnels. « L’investissement en infrastructures présente des avantages non négligeables. Le niveau de rendement ajusté au risque est attrayant : adossés à des actifs réels, les projets infrastructurels assurent généralement des flux de trésorerie stables, relatifs à des contrats ou concessions de longue durée. La classe d’actifs est par ailleurs faiblement corrélée aux autres et offre une protection contre l’inflation, puisque les revenus sont généralement indexés à celle-ci », détaille Emmanuel Lejay.

… notamment en termes d’enjeux prudentiels, sous Solvabilité 2

Autre atout, l’adéquation de la classe d’actifs aux enjeux de réglementation prudentielle, l’investissement en infrastructures bénéficiant d’un traitement favorable sous Solvabilité 2 : l’exigence en fonds propres à l’égard des investisseurs institutionnels est moindre qu’en cas d’investissement dans d’autres classes d’actifs (exigence de 30% dans le cadre d’investissement en actifs infrastructurels, contre 39% pour les actions et 49% pour du capital-investissement). « Ce traitement différencié témoigne d’une reconnaissance par le régulateur des aspects défensifs associés à la classe d’actifs infra » analyse-t-il.

En tant qu’investisseur du monde assurantiel et mutualiste, Roger Caniard, Directeur financier à la MACSF (Mutuelle d’Assurances du Corps de Santé Français), livre son témoignage : « l’investissement en infrastructures représente aujourd’hui 1% de l’actif du groupe MACSF et nous avons pour objectif d’atteindre 2%, une évolution en ligne avec nos objectifs assez ambitieux de TRI (taux de rendement interne). Nous nous intéressons depuis très longtemps à cette classe d’actifs, dont la capacité à performer de façon décorrélée est éprouvée. Nous privilégions toutefois l’infra equity à la dette infra, cette dernière affichant des primes de risque si compressées qu’elle nous semble moins attractive ».

 

« L’attrait des actions infrastructures est simple à résumer : le triptyque espérance de rentabilité – niveau de risque – coût en capital présente un profil quasiment inégalable, en comparaison aux autres classes d’actifs » ajoute-t-il.

 

Le « value add », un segment à explorer

L’équipe de Swiss Life Asset Managers a identifié un segment en forte croissance, celui des actions infra dites « à valeur ajoutée ». « Le ‘value add’ est en plein essor, puisque les encours levés sur ce segment par les fonds en infrastructures ont été multipliés par six entre 2015 et 2017. Le segment concentre désormais un tiers des flux d’investissement en infrastructures » analyse Emmanuel Lejay.

Ces titres se caractérisent par un couple rendement-risque supérieur, souvent lié à des risques de marché spécifiques concernant l’infrastructure, par exemple des contrats de courte durée avec des risques de renouvellement, ou à l’état d’avancée du projet, par exemple une autoroute en cours de construction, ou à des stratégies de croissance. Ces risques additionnels, dans des dossiers moins contractualisés ou non régulés, justifient le potentiel plus important de rendement.

Dans le cadre du fonds Swiss Life Funds (Lux) Global Infrastructure Opportunities Growth, lancé récemment, l’équipe de gestion a déjà sélectionné quelques cas d’investissement ‘value add’ jugés attractifs. « Nous avons réalisé le premier investissement de ce fonds, en prenant une participation dans Swiss4net, une société qui finance, construit et exploite des réseaux de fibre optique en Suisse. L’entreprise, qui gère deux réseaux régionaux de fibre optique représentant 25 000 foyers connectés, va déployer un pipe-line de 145 000 nouvelles connections dans onze autres municipalités. Ce projet correspond au développement d’une technologie d’avenir, pour laquelle S4N a une position monopolistique, les barrières à l’entrée demeurant élevées » illustre Christoph Manser, Responsable de l’équipe Infrastructures chez Swiss Life Asset Managers.

Le projet de construction Thames Tideway, un système d’évacuation des eaux usées de Londres sous la Tamise, est un autre exemple. Ce tunnel étendu sur 25 km, transportera 40 millions de mètres cube d’eaux usées par an qui débordent actuellement dans la Tamise. Les besoins de financement sur plusieurs années du projet ont été adressés par la contraction d’une dette à des taux raisonnables. « Nous identifions aussi des opportunités pour une réduction des coûts du projet, au fil des étapes de la construction, ou pour une durée des travaux plus courte que prévu » conclut Christoph Manser.

Swiss Life Asset Managers compte 2,9 milliards d’euros d’actifs sous gestion en infrastructures. Géré par une équipe de 13 spécialistes, le portefeuille d’investissements est diversifié en termes géographiques et sectoriels : les projets infrastructurels sont déployés en Europe, aux Etats-Unis et au Canada, dans les secteurs de l’énergie et services publics, de l’énergie renouvelable, du transport, des télécommunications et, enfin, des infrastructures sociales ou PPP (partenariats public-privé).

*Source : McKinsey, Global Institute, OCDE, IHS Global Insight, GWI, IEA – 2015

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