La hausse des actions et du crédit se poursuit. Seuls les métaux précieux semblent intégrer les risques géopolitiques.
Comme l’année 2025 l’avait démontrée, la multiplicité des crises internationales ne semble pas empêcher la marche en avant des marchés financiers. Les actions asiatiques (Kospi, Corée) s’envolent sur fond de faiblesse du yen et du won, les taux et les spreads de crédit évoluent dans des fourchettes étroites malgré des montants d’émission considérables et les métaux, précieux et industriels, marquent de nouveaux sommets historiques. La hausse de l’or et de l’argent constitue le seul signe tangible d’aversion au risque politique, la volatilité implicite ou réalisée restant très faible.
Aux Etats-Unis, les données d’inflation sont contrastées et accréditent désormais la thèse d’une pause monétaire en janvier. L’indice des prix à la production a ravivé les craintes d’une reprise de l’inflation. Les marges de distribution se redressent au détriment du consommateur. Les prix de l’électricité (+6,7 %) constituent désormais un enjeu politique dans la perspective des élections de mi-mandat. C’est l’une des externalités négatives les plus visibles du développement de l’IA. L’IPC de janvier devrait néanmoins passer sous 2,5 %. La conjoncture reste mauvaise sur le marché du travail mais sans dégradation spectaculaire. Il y a à la fois peu d’embauches et peu de licenciements. En zone euro, l’Allemagne affiche une croissance famélique de 0,2 % en 2025 mais l’embellie industrielle actuelle présage d’un rebond en 2026.
Sur les marchés de taux, la volatilité du brut liée à la situation iranienne alimente les anticipations d’inflation à court terme. La baisse des taux de la Fed, un temps envisagée pour janvier, s’est effacée. Le T-note continue d’osciller sans tendance dans un canal étroit (4,10 – 4,20 %) avant le long weekend de Martin Luther-King. La volatilité des taux est aussi faible en Europe. Le Bund s’échange autour de 2,85 % avant les émissions de 15- 30 ans prévues cette semaine. Les flux receveurs de swap sur les maturités longues resserrent les swap spreads. Les spreads souverains absorbent sans difficulté les syndications de janvier. L’OAT se traite sous 70 pb malgré l’absence d’avancées concrètes sur le budget. Au Japon, le stimulus budgétaire promis après les élections législatives anticipées exerce une pression sur les taux. Le JGB à 10 ans tutoie le niveau de 2,20 %. Les autorités nippones agitent le risque d’intervention sur le yen (158 contre dollar) mais les marchés sont dubitatifs. En effet, la BoJ agirait seule avec des chances de succès limitée. Les intervenants semblent botter en touche préférant l’or et même l’argent, dont les prix s’envolent au-delà de 90 $ l’once.
Les marchés du crédit sont stables. Le spread moyen de l’investment grade s’affiche en léger resserrement depuis le début de l’année à 66 pb contre swap. Les covered bonds traitent même à 22 pb. Le high yield est le segment le plus performant dans le sillage des marchés d’actions. La volatilité implicite à 15-16 % maintient les indices de CDS sous cloche (XOVER à 240 pb). Les marchés d’actions sont en hausse en 2026. Les indices nippons et coréens profitent de la faiblesse de leurs devises. Le Kospi gagne ainsi 14%, le Nikkei 7 %. Aux Etats-Unis, des rotations sectorielles et de thématiques s’opèrent. Les grandes valeurs technologiques sont en retrait alors que le Russell 2000 s’adjuge 7 %. Les 7 magnifiques sont étales depuis la fin octobre. La thématique IA n’est pas remise en cause au regard des résultats de TSMC dont les revenus progressent de 30% en 2025.
Axel Botte
