lun. Avr 22nd, 2024

Fed : la politique monétaire entre dans une phase de fine-tuning.

La Fed relève ses taux de 50 pb comme attendu. La désinflation est engagée mais un ajustement supplémentaire reste d’actualité avec probablement deux hausses de 25 pb en mars et en mai, compte tenu du pluriel utilisé par Jerome Powell pour indiquer les prochains mouvements. Il est à noter que le mouvement de 25 pb, après plusieurs hausses de 50 ou 75 pb, traduit un réglage plus fin de la politique monétaire américaine désormais. C’est aussi un compromis entre les données économiques plus faibles dernièrement et un taux de chômage toujours très réduit. L’essentiel du resserrement monétaire est acté et la réduction de l’incertitude concernant la trajectoire des taux réduit la volatilité encourageant la prise de risque sur les marchés… même si la détente des conditions financières peut sembler prématurée au regard des risques inflationnistes résiduels essentiellement liés au déséquilibre durable du marché du travail (la faible croissance de la population active diminue le potentiel de croissance, ce qui contribue à l’inflation endogène). Il est à noter que Powell n’a pas fait de zèle pour s’opposer à la hausse des actions et à la baisse des taux, des spreads et du dollar, a priori favorables à un rebond de la croissance et donc inflationnistes.

 

BCE : Le coup d’épée dans l’eau.

Mme Lagarde a réitéré son message de décembre laissant entendre qu’une nouvelle hausse de 50 pb interviendrait dès la réunion de mars. Cet engagement à monter les taux semble inconditionnel malgré une approche sensée être « réunion par réunion ». La BCE prévient également les gouvernements qu’une politique budgétaire trop expansionniste impliquerait un durcissement de la politique monétaire. Le ton de la conférence de presse est résolument restrictif mais les marchés finalement l’ignorent totalement. Le Bund revient sous 2,10% et les spreads souverains se resserrent violement. La BCE semble n’avoir aucun contrôle des marchés de taux au-delà du taux au jour le jour. Les taux réels plongent ce qui signifie que les marchés interprètent la décision de la BCE comme un mouvement d’assouplissement. L’inflation reste pourtant élevée même si les prix de l’énergie contribue négativement dernièrement (baisse des prix du pétrole, politiques publiques). L’inflation sous-jacente à 5,2% milite pourtant pour une politique plus restrictive en raison des risques de dérapage des salaires. La BCE a d’autres instruments pour mener sa politique notamment le QT pour influer sur les taux à long terme. Son calibrage, 15 Mrds par mois entre mars et juin, sera probablement revu en cours d’année. La BCE a souligné que l’effet de son resserrement monétaire passait essentiellement par le crédit bancaire, ce qui sonne comme un aveu d’impuissance face au rally des actifs risqués et des taux. Enfin, comme attendu, la BCE utilisera les tombées de son portefeuille de QE pour favoriser les émetteurs les plus vertueux en matière de lutte contre le changement climatique.

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