1- La consommation a remarquablement résisté à la crise sanitaire

Après avoir chuté de 7,2 % sur un an en 2020, la consommation des ménages a rebondi de plus de 4 % en 2021, sur fond d’accélération de l’activité économique et de nette progression du pouvoir d’achat. Les ventes en ligne ne sont pas les seules à avoir bénéficié de cette embellie. Ainsi, l’épidémie a eu un impact plus modéré sur l’évolution des ventes en magasin, les commerces non essentiels n’ayant pas été contraints de fermer aussi longtemps qu’en 2020. Malgré la déferlante Omicron, les perspectives pour les mois à venir restent positives

2- La grande majorité des enseignes placées en redressement ont été reprises

En 2020, le premier confinement s’était accompagné d’une vague importante de procédures de redressement. Celles-ci ont été moins nombreuses en 2021, avec 15 enseignes placées en redressement contre une trentaine en 2020. En outre, la grande majorité des enseignes concernées depuis 2020 par une procédure ont déjà été reprises (62 % du nombre total).

3-La France a attiré plus de nouvelles enseignes étrangères

Bon indicateur de l’attractivité du marché français, le nombre d’enseignes étrangères ouvrant un premier magasin dans l’Hexagone est reparti à la hausse en 2021. Ainsi, 38 arrivées ont été recensées l’an passé, soit cinq de plus qu’en 2020.

4-Plusieurs acteurs récents ou en plein essor prennent le relais de secteurs moins dynamiques 

L’expansion du quick commerce est une des manifestations évidentes des mutations du commerce à Paris. Elle n’en est pas la seule illustration, le marché immobilier des commerces bénéficiant aussi de la demande d’autres secteurs en plein essor (seconde main, mobilités douces, etc.) et du développement de secteurs moins récents mais également dynamiques (restauration rapide, cabinets médicaux, etc.).

5-Les taux de vacance ont commencé à diminuer sur certains axes prime parisiens

La reprise de la consommation, le dynamisme de certaines activités et la baisse parfois conséquente des loyers ont contribué à la réduction du taux de vacance de certains grands axes parisiens. « La baisse concerne des rues dont les difficultés remontaient à plusieurs années, comme la rue de Rennes, dont le taux de vacance est passé de 10 % à la fin 2020 à moins de 8 % un an plus tard, ou la rue de Rivoli, où celui-ci est désormais inférieur à 9 % contre près de 13 % fin 2020 » indique Antoine Salmon.

6-Les groupes de luxe préparent le retour de la clientèle internationale

« 32 boutiques de luxe ont ouvert en 2021 à Paris après 29 en 2020, contre 45 en moyenne lors des cinq années précédant la crise sanitaire. Un rebond des ouvertures paraît peu probable en 2022 au vu des projets en cours de finalisation et du nombre limité de créations de nouvelles boutiques » annonce Antoine Salmon, directeur du département Commerces locatif chez Knight Frank France. .

7-La périphérie confirme son dynamisme

Les zones commerciales de périphérie ont confirmé en 2021 leur capacité de résistance. Cette tendance se prolongera en 2022, d’autant que le renforcement récent du télétravail accentuera le report de la consommation des Français près de leur domicile. La périphérie mettra aussi à profit ses nombreux atouts (surfaces de grande taille, charges et loyers plus modérés, accessibilité aisée, etc.) pour continuer à attirer les enseignes de centre-ville ou de centre commercial cherchant à optimiser leur réseau de magasins et à réduire leurs coûts immobiliers.

8-La baisse des nouveaux développements limite la pression sur les sites existants

En 2020, le volume des inaugurations de m² de centres commerciaux avait diminué de 16 % sur un an et celui des retail parks de 54 %, illustrant les difficultés de commercialisation de certains projets et les retards occasionnés par les périodes de confinement. La tendance baissière s’est confirmée l’an passé pour les centres commerciaux. « Moins de 100 000 m² de centres commerciaux ont été inaugurés en France l’an passé contre 130 000 m² en 2020 et 330 000 m² en 2016 » annonce Antoine Grignon. En 2021, le volume des ouvertures de retail parks a quant à lui progressé de 39 % en un an grâce aux livraisons initialement attendues en 2020 (« Shopping Promenade Cœur d’Alsace », « Shopping Promenade Claye-Souilly », etc.). Toutefois, la baisse est de 28 % par rapport à la moyenne des cinq années précédant la crise sanitaire.

9-Les actifs obsolètes recèlent un potentiel de transformation

Les difficultés rencontrées par certains ensembles commerciaux posent la question du devenir des biens les moins adaptés aux nouvelles tendances de consommation ou les plus fragilisés par la concurrence d’autres commerces. Si quelques projets de conversion en logements, bureaux ou sites dédiés à la logistique du dernier kilomètre sont à l’étude, les changements d’usage restent néanmoins assez rares.

10-Métavers : le meilleur des deux mondes ?

L’émergence du métavers a été l’un des phénomènes marquants de la fin de 2021. Permettant aux marques d’expérimenter de nouvelles façons de communiquer et de distribuer leurs produits, cet univers parallèle est annoncé comme un nouveau moyen de s’adapter aux changements de profils des consommateurs.

« L’avenir du métavers est encore difficile à cerner. Pour l’instant, l’émergence de ce phénomène n’annonce pas la mort du commerce physique. Il est plutôt le signe d’une accélération de la phygitalisation du commerce, mouvement de fond à l’œuvre depuis plusieurs années et tirant parti du meilleur des deux mondes, le réel et le virtuel » conclut Antoine Grignon.

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