ven. Juin 14th, 2024

Commentaire de Ben Laidler, Global Market Strategist chez eToro


Le prix des quotas d’émission de carbone européens a chuté avec les produits de base au cours des derniers mois et se situe désormais sous la barre symbolique des 100 €/tonne de CO2, atteinte pour la première fois au premier trimestre. La production industrielle européenne a résisté mais continue de s’affaiblir, réduisant la demande de quotas de pollution, tandis que l’effondrement de 80 % du prix du gaz naturel a entraîné une diminution de la conversion du gaz au charbon et de la demande de quotas. Mais cette faiblesse conjoncturelle cache le passage de réformes structurelles visant à réduire l’offre de quotas et à stimuler la demande. Cela ne fera probablement qu’augmenter les prix à long terme.

Le mois dernier, le Parlement européen a approuvé de vastes projets visant à étendre son système d’échange de quotas d’émission (ETS), à augmenter le coût de la pollution et à le mondialiser à l’aide d’un mécanisme d’ajustement aux frontières. Ces projets visent à : 

  1. Renforcer la réduction des émissions polluantes de l’UE à 62 % d’ici à 2030 par rapport à 2005.
  2. Réduire l’offre en supprimant progressivement les quotas de CO2 gratuits d’ici 2034 et en retirant 90 millions de quotas du marché en 2024.
  3. Stimuler la demande en lançant un marché ETS pour les bâtiments et les transports en 2027 et en y ajoutant le transport maritime à partir de 2024.
  4. Introduire progressivement une taxe carbone aux frontières de l’UE à partir de 2026. Cette mesure a pour effet de mondialiser le marché ETS, étant donné que l’Europe est le plus grand marché d’exportation pour 80 pays.

Selon la Banque mondiale, près d’un quart des émissions mondiales de CO2 sont désormais couvertes par des initiatives de tarification du carbone. Le système chinois, introduit en 2021, est le plus important au monde et couvre 9 % de l’ensemble des émissions mondiales. Le système de l’UE est le deuxième plus important, couvrant 3,2 % des émissions mondiales. Il existe depuis 2005, ce qui en fait le plus ancien. Le prix du SCEQE a quintuplé depuis 2020, en partie en prévision des réformes qui viennent d’être approuvées, et a dépassé celui d’autres marchés du carbone, de la Californie au Royaume-Uni (voir le graphique). Ce marché a généré des revenus estimés à 34 milliards de dollars en 2022, qui sont reversés aux gouvernements de l’UE pour qu’ils investissent dans des mesures climatiques.

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