Energy Observer a jeté l’ancre à Cochin pour la 75e escale de son Odyssée autour du monde, après une tournée dans le sud-est asiatique qui aura conduit le navire laboratoire à Singapour avec son village d’exposition, au Vietnam, en Thaïlande et enfin en Malaisie. 

Le premier navire propulsé aux énergies renouvelables et à l’hydrogène, premier ambassadeur français des 17 Objectifs de développement durable de l’ONU, est arrivé le 14 novembre à Cochin, Kerala, après 17 jours de navigation et 1 645 milles nautiques parcourus depuis Langkawi, en Indonésie.

© Energy Observer Productions – Agathe Roullin

Un évènement dédié à l’hydrogène vert 

A l’occasion de l’escale du navire, l’Energy Management Center (EMC), agence gouvernementale du Kerala, organise un événement spécial : « Green hydrogen pathways to sustainable future ». Ce forum rassemblera de nombreuses institutions indiennes autour des enjeux de l’hydrogène vert.  

Industriels, universitaires, décideurs, institutionnels ainsi qu’un large panel d’acteurs engagés dans la transition énergétique prendront la parole durant trois jours de conférences sur les multiples enjeux liés à toute la chaîne de valeur de l’hydrogène : production, transport, stockage, applications maritimes et terrestres. Des enjeux de poids qui entrent en parfaite résonnance avec les missions d’Energy Observer.  

« Depuis le début de l’odyssée autour du monde en 2017, nous avons eu la chance de nous plonger au cœur des enjeux énergétiques et de la transformation des différents grands acteurs industriels du secteur. Malgré l’inertie inévitable pour changer notre modèle énergétique, je vois une véritable volonté d’accélérer cette transition qu’elle soit publique, politique ou industrielle. Les stratégies pour neutraliser nos émissions de gaz à effet de serre deviennent de plus en plus claires et les technologies associées de plus en plus matures. Néanmoins, les obstacles persistent. Il est grand temps d’accélérer notre transition énergétique, nous avons très peu de temps et l’inertie est encore trop grande ! Il est urgent de démontrer au plus vite la cohérence de grands projets pilotes et d’orienter massivement nos investissements vers ces technologies bas carbone pour les rendre accessibles à tous. », Victorien Erussard, capitaine et fondateur d’Energy Observer. 

Cette escale sera également l’occasion de recevoir à bord l’ensemble des industries impliquées dans ces enjeux, dont les partenaires du projet : le groupe Toyota via sa filiale Toyota Kirloskar Motor très investie dans le développement de la mobilité hydrogène, CMA CGM qui s’engage dans la décarbonation du secteur maritime et le groupe Accor très actif dans le pays. Des acteurs locaux tels que l’Energy Management Center, la ville de Cochin, la Marina Internationale de Cochin où sera amarré le navire, l’université de CUSAT (Cochin University of Science and Technology) sont également largement mobilisés autour de la venue du navire.  

« L’hydrogène vert joue un rôle essentiel dans la décarbonisation de notre économie et la protection de l’environnement ; une affirmation renforcée dans la perspective de l’Energy Conservation Act qui met particulièrement l’accent sur le développement de cette filière d’avenir. Nous sommes ravis de soutenir la venue d’Energy Observer en organisant un workshop de 3 jours qui réunira tous les acteurs clés au niveau régional et fédéral qui s’engagent dans la transition énergétique. » Dr. R Harikumar, Director of Energy Management Centre (EMC), Department of Power, Government of Kerala

© Energy Observer Productions – Agathe Roullin

Le développement de l’hydrogène vert, fer de lance de la décarbonation 

La France et l’Inde ont annoncé en octobre 2022 l’adoption d’une feuille de route commune pour le développement de l’hydrogène vert, avec l’ambition de créer des synergies entre les écosystèmes français et indien du secteur. Une collaboration à plusieurs niveaux, avec l’établissement d’un cadre réglementaire sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’hydrogène bas carbone, les méthodes de certifications, le partage de connaissances, les technologies et l’accélération des partenariats entre les industries énergétiques des deux pays. Une toile de fond propice aux rencontres qui auront lieu autour de la venue du navire, tel que l’atteste Mme Lise Talbot Barré, Consule Générale de France à Pondichéry et Chennai : 

« C’est un immense honneur d’accueillir pour la première fois Energy Observer ici à Cochin, sur l’île Bolgatty. Cette escale intervient au moment où la France et l’Inde renforcent leur coopération pour faire progresser la neutralité carbone et développer les énergies renouvelables. Le Kerala est le premier État indien à inclure l’hydrogène dans sa politique de mobilité verte. L’Inde prévoit d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et s’intéresse de près au système de transport basé sur les piles à combustible. La France investit massivement dans ce domaine qui ouvre de nouvelles pistes de coopérations scientifiques et économiques entre nos deux pays. La transition vers une économie à faibles émissions de carbone est une priorité du partenariat stratégique entre la France et l’Inde.   

Aussi, je suis très heureuse de pouvoir présenter le navire laboratoire de la transition écologique qu’est Energy Observer auprès de nos amis indiens du Kerala, cet État de l’Union indienne si cher au cœur des Français. Cette escale permettra de renforcer les synergies entre acteurs français et indiens dans la lutte contre le changement climatique. Ce sera un moment d’échange et de partage ouvert à des publics larges et variés : étudiants, scientifiques, entreprises et administrations.»  

L’Ambassadeur de France en Inde, Son Excellence M. Emmanuel Lenain, déclare : « La France est pleinement engagée à aider l’Inde à atteindre ses objectifs ambitieux en matière d’énergie renouvelable. Energy Observer, alimenté par le soleil, le vent, les courants marins et les technologies de l’hydrogène, est une démonstration impressionnante du type de solutions innovantes que la France peut offrir pour aider à rendre l’énergie propre accessible partout en Inde. L’escale d’Energy Observer à Kochi intervient juste après que la France et l’Inde aient adopté une feuille de route conjointe sur l’hydrogène bas carbone et illustre le potentiel de la coopération indo-française pour une transition énergétique juste. » 

© Energy Observer Productions – Mélanie De Groot Van Embden

L’Inde, acteur majeur dans l’équation énergétique mondiale  

La consommation d’énergie du pays a plus que doublé depuis 2000, boostée par une population grandissante et une période de croissance économique rapide. L’Inde deviendra bientôt le pays le plus peuplé du monde, chaque année ajoutant l’équivalent d’une ville de la taille de Los Angeles à sa population urbaine. Pour répondre à la croissance de la demande d’électricité au cours des vingt prochaines années, il faudrait ajouter un réseau électrique de la taille de celui de l’Union européenne à l’existant.  

Aujourd’hui, 80 % de la demande énergétique de l’Inde est encore satisfaite par le charbon, le pétrole et la biomasse solide, mais l’énergie solaire est appelée à connaître une croissance explosive et à égaler la part du charbon dans le mix de production d’électricité d’ici deux décennies. Ce revirement spectaculaire est dû aux ambitions politiques de l’Inde, notamment l’objectif d’atteindre 450 GW de capacité renouvelable d’ici à 2030, et à l’extraordinaire compétitivité des coûts de l’énergie solaire, qui surpassera celle des centrales au charbon existantes d’ici à 2030, même lorsqu’elle est associée à un stockage sur batterie.  

En effet, l’excellente radiation du soleil permet une production d’énergie photovoltaïque à des prix très compétitifs. Avec un coût actualisé de l’énergie à partir de panneaux photovoltaïques qui pourrait atteindre 40 USD par MWh d’ici 2040, le potentiel de production d’hydrogène par électrolyse de l’eau est immense et offre une véritable opportunité à l’Inde de devenir un acteur majeur du secteur.  

En atteignant 50 % d’énergies renouvelables d’ici à 2030, l’Inde, qui est actuellement le troisième émetteur de gaz à effet de serre au monde, pourra réduire ses émissions d’un milliard de tonnes.  

Des ambitions élevées qui se matérialisent dans l’état du Kerala avec de nombreux projets autour de la mobilité propre, l’autonomie énergétique et le potentiel de nouvelles sources d’énergie bas carbone que l’équipe de production audiovisuelle d’Energy Observer ira largement documenter au cours de l’escale. 

© Energy Observer Productions – Agathe Roullin

Sensibiliser tous les publics 

De nombreuses conférences seront également organisées durant toute l’escale, à bord du navire mais également lors d’une rencontre avec les étudiants, enseignants et chercheurs, de l’université de CUSAT.  

Dans le cadre des missions de sensibilisation et de pédagogie portées par Energy Observer Foundation, des dizaines de visites scolaires auront également lieu à bord du navire. 

En tant que premier ambassadeur français des 17 Objectifs de développement durable, ce tour du monde vise à explorer toutes les solutions pour accélérer la transition écologique et à sensibiliser tous les publics, les décideurs et les industriels, à travers une série de contenus inspirants et pédagogiques (films documentaires, web-séries, articles scientifiques, exposition itinérante…).  

Pour UNESCO New Delhi, dans le cadre de l’escale d’Energy Observer en Inde :

« L’UNESCO soutient la recherche sur les questions de changement climatique. Actuellement, l’UNESCO a initié la production d’une série d’affiches multilingues sur la connaissance de la science du climat, contribuant à la compréhension et à l’adaptation au changement climatique. Nous vivons une ère de paradoxe climat-énergie, caractérisée par des émissions de gaz à effet de serre à grande échelle, tout en étant parfaitement conscients que ces émissions contribuent largement au changement climatique anthropique.  

Energy Observer navigue dans le monde entier grâce à des technologies innovantes et des énergies propres. L’UNESCO encourage l’équipage à faire escale dans des sites désignés par l’UNESCO, et à plaider pour un mode de vie humain durable en harmonie avec la nature. Plus tôt nous parviendrons ensemble à produire et à consommer uniquement de l’énergie propre, plus nous aurons de chances de survivre. » 

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