ven. Juin 14th, 2024
  1. Les LLMs véhiculent les valeurs de leurs créateurs

Les LLMS sont préentrainés avec des datasets choisis par leurs créateurs. Ils véhiculent donc la pensée, la culture, les valeurs, la forme de raisonnement de leurs créateurs qui ont fait des choix cohérents avec leurs visions, leurs croyances, les courants de pensées auxquelles ils adhèrent.

Sommes-nous prêts à accepter les raisonnements du droit américain, sommes-nous prêts à accepter la vision de la démocratie du Parti Communiste Chinois, sommes-nous prêts à accepter les spécificités de la culture japonaise dans les recommandations ou les raisonnements produits par les futurs LLMs que nous allons utiliser tous les jours pour leur puissance incroyable et leur capacité à nous faire gagner beaucoup de temps. 

Les LLMs sont des ambassadeurs culturels et éthiques de leurs créateurs. Ne pas maitriser le biais structurel qu’ils imposent, c’est accepter une nouvelle forme de colonialisme intellectuel alors que nous nous sommes tant battus pour préserver notre « exception culturelle ». 

  1. Le tissu industriel va massivement s’équiper de LLMs. Une dépendance vis-à-vis d’un acteur étranger pourrait se révéler catastrophique

Le niveau extraordinaire d’adoption de ChatGPT par tous les métiers de l’entreprise démontre l’énorme apport de ce type de modèle à l’augmentation de la performance. Une fois la demande des métiers satisfaite, les LLMs vont aussi être intégrés en profondeur dans les Processus des entreprises : gestion des factures, massification des achats, recherche automatique de CVs, réponse conversationnelle à des demandes légales, etc. Cette intégration massive va avoir d’énorme retentissement sur les structures de couts, les modèles économiques et la compétitivité des acteurs qui en auront fait l’acquisition et les rendront très dépendant.

Dans un monde qui se recompose commercialement, où les tensions se font de plus en plus accrues et génèrent des décisions radicales sans vrai fondement autre que protectionniste ou stratégique, dans lequel des lois extraterritoriales peuvent prendre le dessus, il faut se prémunir et dans la même veine que ce que nous avons connu pour le covid et les médicaments, relocaliser.

En effet, quand tout à coup, la 5G d’un acteur chinois ne convient pas, les sous-marins français ne font plus l’affaire, 400 avions de ligne deviennent Russes, on peut se poser la question du danger d’une dépendance économique sur un des futurs moteurs de notre compétitivité.

Il est à noter que l’Europe a mis plus de 3 mois à disposer de GPT4. Assez de temps pour développer des applications et prendre de l’avance sur un modèle qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui.

GPT 3.5 et GPT4 ont des fonctionnalités natives que ne possèdent pas les autres modèles. Ils sont par exemple capable de décomposer des taches ou des raisonnements et d’obtenir de meilleurs résultats. Une fonctionnalité essentielle à la programmation inférentielle qui représente une vraie révolution de paradigme pour le mode du développement.

  1. Le cloud, l’hébergement reste un vrai problème de souveraineté

Pour les mêmes raisons, dépendre d’hébergeurs étrangers comme GCP, Azure ou AWS, nous met de facto dans des positions de dépendance économique et stratégique. Autant les données hébergées dans les clouds étrangers nous faisaient doucement rigoler, autant l’arrivée des LLMs pose un vrai problème si l’hébergeur décidait de couper la connexion ou le service.

Pour toutes les raisons évoquées plus haut, il est urgent de se munir d’une infrastructure de cloud, une infrastructure d’état au même titre que les centrales nucléaires et les autoroutes, et financer des solutions de LLMs sur notre sol national.

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