lun. Mar 2nd, 2026

Macroéconomie & Géopolitique : Les marchés mondiaux sont tous dans le rouge et assez fortement ce matin à l’ouverture des bourses : -1,65 % sur le CAC40, -1,77 % sur le DAX et au global -2,1 % sur l’Eurostoxx. En Asie, les bourses décrochent également et il faudra attendre l’après-midi pour voir les valeurs américaines.

Les actions les plus spéculatives et risquées, notamment dans le secteur de la technologie, devraient toutes dégringoler, tandis que les matières premières vont rester dans le vert, à l’image de l’or qui augmente de 2,2%, de l’argent de 1,9 % et bien évidemment du pétrole qui flambe de près de 8 % ce matin.

Un décryptage sur la situation au Moyen-Orient s’avère nécessaire pour comprendre la situation et les enjeux :

  • En janvier 2026, l’Iran a réprimé dans le sang des manifestations anti-régime, faisant des dizaines de milliers de morts. De ce fait, Donald Trump a alors menacé d’intervenir en Iran et a commencé à amasser des troupes, du matériel et des navires de guerre aux alentours de l’Iran.
  • Des négociations ont ensuite eu lieu, par l’intermédiaire d’Oman, le 6 février, puis le 17 février et enfin le 26 février. Celles-ci ont concerné le nucléaire iranien, les capacités balistiques du pays et son soutien aux milices régionales. Alors même que les diplomates iraniens jouaient sur l’engouement et le fait qu’un accord allait être trouvé, les Américains se montraient moins positifs mais n’ont toutefois rien laissé paraître.
  • Le samedi 28 février, Israël a attaqué de manière surprise la République islamique, en visant près de 500 cibles, à la fois des sites stratégiques ou bien des personnalités militaires et politiques du régime, dont son leader, l’Ayatollah Ali Khamenei, qui est décédé dans les opérations.
  • L’Iran a immédiatement répliqué, en tirant de nombreux missiles et en envoyant des drones sur Israël.
  • Les États-Unis se sont ralliés à Israël et ont également commencé à engager le combat. L’Iran a alors commencé à cibler des bases américaines, mais également des zones touristiques dans un grand nombre de pays voisins, allant de l’Arabie Saoudite à Dubaî, passant par le Koweït… dans le but de mettre la pression sur les pays alentours pour qu’ils tempèrent les Etats-Unis et appellent à l’accalmie.
  • En parallèle, le détroit d’Ormuz, point clé du passage des tankers ou encore des méthaniers pour le gaz, demeure à présent fermé, faisant craindre un nouveau choc énergétique majeur. Les Etats-Unis tentent, de leur côté, de mettre la pression sur l’Iran, en s’aidant de la Chine, qui achète 90 % du pétrole iranien.
  • Il n’y a d’ailleurs aucun doute sur le fait que Donald Trump va tout mettre en œuvre pour paralyser les capacités de nuisance iraniennes sur le détroit d’Ormuz pour éviter tout mouvement inflationniste majeur.

 

Gaz naturel: -0,5 % sur les prix pour 2027 et   +1,4 % pour les prix de avril 2026

La semaine écoulée, les prix du gaz sont restés dans une zone très stable, aux alentours des 30 €/MWh pour les prix à court terme, et dans une fourchette comprise entre 20 et 26 €/MWh pour le long terme.

Les fondamentaux sont restés plutôt favorables, avec une offre norvégienne toujours établie à 2,8 TWh/j et des flux de GNL en nette hausse, qui ont par moment dépassé les 5 TWh/j. En addition à ces flux élevés, les températures sont restées de 2 à 5 degrés au-dessus des normales de saison, réduisant fortement la demande. Celle-ci était de 6,7 TWh/j en moyenne sur le mois de février (Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas) et va poursuivre vers le bas à mesure que nous entrons dans le mois de mars. Les stockages de gaz se sont maintenus à 30 % de remplissage dans ces conditions.

Tout était donc réuni pour maintenir les prix sur ces niveaux, ou les voir baisser légèrement, mais la situation au Moyen-Orient est venue bouleverser cet équilibre. Ce matin, les prix du gaz pour une livraison au mois d’avril bondissent de près de 25% sur le continent européen. Le détroit d’Ormuz, crucial pour les exportations de GNL du Qatar (107 milliards de m3/an) et des Emirats Arabes Unis (8 milliards de m3/an), n’est désormais plus praticable et va empêcher toutes livraisons en gaz de ces pays. Les trois quarts des exportations de GNL du Qatar se destinent à l’Asie, et l reste pour l’Europe. Plus le détroit demeurera fermé, plus les prix monteront fortement.

 

Électricité : -6,1 % sur les prix pour 2027 et   -16,3 % pour les prix de avril 2026

Les prix de l’électricité en France ont été en chute libre la semaine passée, sur toute la courbe.

Pour le court terme, la combinaison entre une production éolienne robuste et solaire très élevée (40 GW en Allemagne, 20 GW en Espagne), des températures entre 2 et 5 degrés au-dessus de la normale de saison et une demande d’électricité française près de 20 % en dessous de ses niveaux habituels de consommation ont provoqué la baisse du prix pour le mois d’avril. Celui-ci a clôturé à près de 30 €/MWh vendredi dernier. Les prix à court terme remontent ce matin sur le marché électrique français, principalement du fait de la remontée du prix du gaz et du conflit affectant désormais l’ensemble du Moyen-Orient.

A plus long terme, les prix ont également diminué après avoir connu un petit épisode de remontée des prix. Ils s’échangent désormais à nouveau autour des 50 €/MWh et ne sont guère trop affectés ce matin par la secousse géopolitique.

La disponibilité nucléaire s’établit à 49 GW aujourd’hui, pour une production de l’ordre de 44,3 GW avec 42 réacteurs actifs. Sachant que la demande est de 52 GW environ en cette période, le combo du nucléaire et du renouvelable permettra largement de couvrir la demande et d’exporter de l’électricité bas carbone vers les pays voisins.

 

Pétrole : +0,83 % sur le prix du pétrole brut

Les prix du pétrole sont restés stables la semaine passée, sur fond de négociations entre Américains et Iraniens à Genève, le jeudi 26 février et tout aurait pu passer par la voie diplomatique .. seulement le samedi, l’armée israélienne a lancé une série d’attaques majeures sur l’Iran, en frappant de nombreux sites stratégiques et ôtant par la même occasion la vie de l’Ayatollah Ali Khamenei. La réponse iranienne ne s’est pas faite attendre, ciblant Israël en retour mais également de nombreux autres États de la région (Qatar, Bahreïn, Émirats  Arabe Unis, Koweït, Dubaï, Cisjordanie, Arabie Saoudite, …), puisque les États-Unis se sont également insérés dans le conflit, apportant leur soutien à Israël.

Le point le plus crucial concernant les marchés pétroliers reste la fermeture du Détroit d’Ormuz, par lequel transite plus de 15 millions de barils de pétrole chaque jour, et qui est désormais clos. Entre navires militaires, mines, brouilleurs de signaux, il est désormais impossible pour les tankers de transiter par ce point. La production pétrolère de l’Arabie Saoudite ou bien encore des Emirats Arabes Unis transite par ce point. Il leur est possible de faire transiter une partie de leur production par des pipelines, qui donnent directement sur la mer Rouge, mais de manière très limitée. Entre 8 et 10 millions de barils par jour vont de toute manière demeurer exposés à la fermeture du détroit d’Ormuz.

Le 1er mars 2026, l’OPEP+ a tenu une réunion en urgence pour augmenter sa production pétrolière de l’ordre de 206 000 barils par jour à compter d’avril. La situation d’offre abondante en 2026 annoncée par l’Agence Internationale de l’Energie sera battue en brèche le temps que ce conflit durera. Les pays asiatiques, qui sont les principaux acheteurs de pétrole au Moyen-Orient, demeurent les plus exposés. Ce matin, le prix du pétrole augmente de 8 à 9%, au plus haut depuis 14 mois, et sera évidemment amené à demeurer extrêmement volatil dans les prochaines semaines.

 

Co2: -4,74 % sur le prix des quotas pour décembre 2026

Le prix du CO2 a largement chuté la semaine passée, après que l’Italie, à la suite de l’Allemagne, a exprimé son souhait de voir le mécanisme revu en profondeur et que son fonctionnement actuel n’était plus souhaitable. Les quotas sont également sous pression du fait de la chute des marchés financiers suite au début d’un conflit majeur au Moyen-Orient. La hausse des prix du pétrole et du gaz pourraient toutefois leur faire retrouver un peu de hauteur. Les prix des quotas sont en baisse de 0,3 €/tonne ce matin.

 

Charbon: -6,64 % sur la tonne de charbon

Après avoir très largement rebondi, les prix du charbon se sont à nouveau effondré, de près de 7 % sur la semaine.

La hausse des températures en Europe ainsi qu’une bonne production renouvelable ont coupé l’herbe sous le pied du recours au charbon. En Allemagne, son usage dans les centrales thermiques a diminué de près de 40% sur la semaine passée.

 

 

Prix du gaz dans le monde ­:

Les prix du gaz dans le monde sont restés stables la semaine passée, avec une très légère progression haussière en Asie ainsi qu’en Europe, et avec une baisse plus marquée aux

États-Unis.

Avec le blocage du détroit d’Ormuz, le GNL du Qatar ne peut plus être livré en Asie ainsi qu’en Europe, ce qui va faire bondir les prix du gaz mondial. La seule solution à cette crise haussière serait de sécuriser et rouvrir le détroit.

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