mar. Mai 12th, 2026

La volatilité du pétrole continue de dicter les variations des marchés financiers. Avant un week-end marqué par de fortes tensions géopolitiques, avec en toile de fond la visite de Donald Trump en Chine cette semaine, le prix du brut a reculé de 6 dollars. Dans le même temps, les taux d’intérêt se sont ajustés à la baisse, soutenant ainsi les actifs risqués.

Après une saison de résultats particulièrement solide aux États-Unis, l’attention des investisseurs se tourne de nouveau vers la politique internationale. La situation autour du détroit d’Ormuz demeure incertaine. L’accalmie observée en milieu de semaine a rapidement été effacée par des frappes visant un navire américain durant le week-end, alors même que Donald Trump doit rencontrer Xi Jinping. Le blocage potentiel du détroit, l’évolution du conflit ainsi que les relations commerciales bilatérales figurent désormais au centre des discussions.

Dans ce contexte, les marchés financiers ont affiché une orientation favorable la semaine dernière, notamment grâce aux valeurs technologiques américaines et asiatiques. Le recul du dollar ainsi que la détente des taux longs ont également soutenu les actifs risqués.

Sur le plan conjoncturel, les principales données du marché du travail américain montrent une amélioration depuis la mi-mars. Les créations d’emplois ont atteint 115 000 en avril, tandis que le taux de chômage est resté stable à 4,3 %. Toutefois, la moyenne des créations mensuelles sur trois mois ne s’élève qu’à 48 000, tandis que le taux de participation au marché du travail poursuit son recul.

Par ailleurs, l’enquête menée auprès des ménages fait état de 226 000 destructions d’emplois le mois dernier. La durée moyenne du chômage continue également de s’allonger, dépassant désormais 24 semaines. La décélération des salaires traduit une certaine fragilité du marché de l’emploi ainsi que les difficultés croissantes rencontrées par les jeunes diplômés pour trouver un poste.

Le nombre de postes à pourvoir poursuit sa baisse, accompagné d’une hausse des annonces de licenciements, avec 83 000 suppressions recensées en avril selon l’enquête Challenger. Dans ce contexte, la croissance américaine repose essentiellement sur les investissements liés au développement de l’intelligence artificielle. Pourtant, les gains de productivité horaire tardent à apparaître, avec une progression limitée à +0,8 % au premier trimestre.

La hausse du crédit à la consommation, qui a progressé de 24 milliards de dollars en avril, apparaît probablement comme le corollaire du ralentissement des salaires. En zone euro, le secteur manufacturier, avec un PMI à 52,2, bénéficie de la demande de stockage des entreprises exposées au risque de blocage d’Ormuz. À l’inverse, les services, avec un PMI à 47,6 en avril, montrent des signes de ralentissement. Plusieurs enquêtes soulignent également une dérive des anticipations d’inflation.

Toute détente sur les prix du pétrole entraîne mécaniquement une baisse des anticipations d’inflation à court terme, avec notamment un recul de 19 points de base sur le swap 2 ans, ainsi qu’une baisse des taux sur la plupart des maturités. Le Brent, qui évoluait à 101 dollars vendredi, a perdu plus de 6 dollars sur la semaine.

Au-delà des fluctuations quotidiennes, les marchés restent préoccupés par la situation des stocks mondiaux de pétrole. Cette forte dépendance des marchés financiers à l’évolution du brut devrait perdurer.

Sur le marché obligataire américain, après une incursion au-dessus de 4,40 %, le rendement du T-Note s’est replié vers 4,35 %. En Europe, le Bund allemand continue d’évoluer autour de 3 %, tandis que le Schatz se situe à 2,60 %. La volatilité du 30 ans allemand demeure relativement faible.

Les spreads souverains se sont nettement resserrés, notamment sur la dette italienne, avec un BTP qui s’échange 10 points de base plus bas que la semaine précédente. Le Gilt britannique, en recul de 4 points de base à 4,91 %, reste l’emprunt le plus volatil, réagissant notamment aux élections locales qui pourraient fragiliser la position du Premier ministre Keir Starmer.

Le marché du crédit continue d’afficher une stabilité remarquable, à l’image des swap spreads, tandis que les indices de CDS ont reculé, avec une baisse de 7 points de base sur le Crossover.

Enfin, les marchés actions asiatiques et américains continuent de surperformer grâce à leur forte exposition au secteur technologique. Le yen a, de son côté, rebondi après l’intervention de la Banque du Japon sur le marché des changes.

Axel Botte

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