lun. Mai 11th, 2026

Grégoire KOUNOWSKI, Investment Advisor chez Norman K

Les marchés US se détendent après la publication de résultats records au 1er trimestre et l’annonce d’un possible nouveau round de négociations entre les États-Unis et l’Iran

Sur les marchés US, le mois d’avril a couronné une reprise en V marquée, le S&P 500 progressant de plus de 10 %, soit sa plus forte hausse mensuelle depuis novembre 2020, dans un contexte d’incertitude énergétique tenace. La semaine dernière a marqué le point culminant de la saison des résultats du 1er trimestre, avec la publication des résultats de 181 entreprises, dont cinq des sept géants (Alphabet, Amazon, Apple, Meta et Microsoft). Sur la période, la croissance des bénéfices des entreprises du S&P 500 devrait dépasser les 14 %, ce qui marquerait le 6e trimestre consécutif de croissance à deux chiffres. Une tendance qui s’explique par une forte augmentation du chiffre d’affaires et des marges bénéficiaires historiquement élevées. Les bénéfices records des entreprises compensent l’incertitude géopolitique de manière significative.

En termes d’investissements, Amazon, Alphabet, Microsoft, Meta et Oracle doivent investir collectivement près de 700 milliards de dollars cette année pour soutenir le développement de l’IA (data centers, cloud et infrastructures énergétiques), soit une augmentation d’environ 80 % sur un an. Des dépenses colossales qui pourraient soulever des questions quant à la rentabilité à terme mais qui, pour le moment, continuent de soutenir les bénéfices.

Pour ce qui est du Moyen-Orient, l’incertitude reste élevée mais les marchés ont salué la suspension du Project Freedom, une mission américaine d’escorte des cargos dans le détroit d’Ormuz. Une opération qui a entraîné des mesures de riposte de la part de l’Iran en début de semaine et fait craindre une nouvelle escalade. En parallèle, la Maison Blanche a fait parvenir une nouvelle proposition à Téhéran. Un mémorandum en 14 points qui définit le cadre d’une nouvelle période de négociations d’un mois, avec des pourparlers qui reprendraient dès la semaine prochaine à Islamabad sous l’égide du Pakistan. On est donc encore loin d’une résolution définitive du conflit.

Dans l’immédiat, tant que le blocage du détroit d’Ormuz dure, l’inquiétude grandit à la Maison Blanche sur le niveau des prix de l’énergie, et leur répercussion sur les perspectives d’inflation, de croissance et de politique monétaire, sans oublier la tension provoquée sur les marchés obligataires. Si la guerre ne prend pas fin prochainement, l’ensemble de ces indicateurs seraient impactés. C’est pourquoi les efforts diplomatiques américains se portent principalement sur la réouverture du détroit.

En cas de nouvel échec des discussions, le président américain a averti que les États-Unis reprendraient les bombardements sur l’Iran « à un niveau et une intensité bien supérieurs ». Donald Trump est habitué aux postures intransigeantes, du moins en apparence, dans le but de contraindre ses interlocuteurs à négocier. Mais depuis le début du conflit, les responsables iraniens lui opposent une fin de non-recevoir. Désormais, ce qui pousse les deux pays à poursuivre les discussions, c’est leur intérêt conjoint à mettre fin au conflit, pour des raisons et à des conditions qui paraissent toutefois trop différentes, du moins pour le moment.

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