lun. Mai 11th, 2026
La renaissance européenne a du plomb dans l’aile. Les indices européens font grise mine, tandis que les marchés américains enchaînent les séances dans le vert.

 

Comment expliquer la surperformance américaine ? D’abord, les entreprises américaines affichent une excellente santé financière. Pour le premier trimestre 2026, 84% des entreprises du S&P 500 ont annoncé un bénéfice par action supérieur aux attentes*. Alphabet, Amazon et Meta ont été les principaux contributeurs à la performance. En outre, elles évoluent dans un environnement fiscal et réglementaire plus lisible, sans la menace d’une éventuelle taxe sur les superprofits, qui pénalise la dynamique sur le CAC 40. Les perspectives restent solides : les analystes anticipent une croissance des bénéfices à deux chiffres, autour de 20% en 2026, à peine en dessous des 21% enregistrés en 2025. Si elle se confirme, cela constituerait une performance plus qu’honorable.

 

Mais le point clé est ailleurs. Les annonces de rachats d’actions par les entreprises du S&P 500 accélèrent nettement, avec plus de 500 milliards de dollars sur les trois derniers mois. C’est une véritable force de rappel pour les indices américains. Dans ce contexte, difficile pour les indices européens de rivaliser.

 

L’Asie n’est toutefois pas en reste. Les capitaux des investisseurs étrangers affluent. Résultat, la capitalisation totale de la bourse de Taïwan a dépassé celle du Canada, tandis que celle de la bourse de Corée du Sud est désormais plus importante que son équivalent britannique. En l’espace de seulement 12 mois, ces deux marchés ont gagné ensemble 4 600 milliards de dollars de capitalisation boursière, grâce à la croissance des valeurs liées à l’intelligence artificielle**.

 

Attention, toute l’Asie n’est pas logée à la même enseigne. En début d’année, beaucoup d’investisseurs institutionnels s’interrogeaient sur l’opportunité de revenir à l’achat sur l’Inde, en raison de la baisse de la valorisation boursière. Ceux qui se sont abstenus ont bien fait. Les actions patinent, les investisseurs internationaux fuient en masse, la devise s’effondre malgré les interventions de la banque centrale et l’inflation grimpe… Scénario noir pour le pays qui était souvent présenté comme un relais de croissance incontournable.

 

À surveiller

 

L’inflation américaine est au menu cette semaine. Mais, sauf surprise, la banque centrale ne devrait pas surréagir et augmenter les taux. Elle devrait faire le dos rond, comme lors de l’épisode inflationniste du début des années 1990 lié à la guerre du Golfe. C’est une autre histoire en zone euro, où toutes les options sont sur la table pour juin.

 

A noter

 

Selon une étude d’Eurostat, seulement 11% des Français utilisent l’IA générative à des fins d’éducation, contre 17,9% des Danois et 21% des Suédois, qui sont en haut du podium. Chacun peut en tirer ses propres conclusions.

 

*Factset, en se basant sur 63% des entreprises qui ont publié leurs résultats définitifs.

**Bloomberg, 05 mai 2026.

 

 

Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM

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