mar. Mai 12th, 2026

La Commission européenne a récemment dévoilé sa proposition de règlement sur l’accélération  industrielle (Industrial Accelerator Act – IAA), affichant l’ambition de porter la part manufacturière de  l’UE à 20% du PIB d’ici 2035. Si l’ADIF salue l’émergence d’une doctrine de préférence européenne, elle  s’inquiète vivement de l’absence totale des drones et de la robotique mobile dans ce texte fondateur  de la souveraineté européenne. 

« Comment peut-on parler de souveraineté européenne en 2026 en ignorant les segments les plus  dynamiques de la technologie autonome ? C’est une souveraineté industrielle incomplète que la  Commission propose aujourd’hui. Sans priorité accordée aux drones et à la robotique mobile, l’Europe  restera une simple consommatrice de technologies critiques conçues ailleurs », déclare Antoine Level,  Président de l’ADIF. 

Une erreur de souveraineté incompréhensible  

L’ADIF déplore que le périmètre de la loi mette principalement l’accent sur certaines filières  industrielles identifiées (notamment la mobilité électrique et les technologies associées),  sans intégrer explicitement les drones et la robotique mobile. Elle omet ainsi des secteurs critiques  pour la défense, la surveillance des infrastructures et l’autonomie technologique de l’Union :  

  • Une absence de vision globale : Alors que les retours d’expérience récents, notamment en Ukraine, ont démontré que les drones et systèmes robotisés sont devenus des capacités centrales, représentant une part majeure des effets opérationnels sur le terrain et que les besoins de transformation industrielle ont démontré l’apport vital des drones et de la robotique, ne pas les inclure dans les secteurs stratégiques de l’IAA est une profonde erreur de jugement. 
  • La souveraineté ne se limite pas aux batteries : La robotique mobile est le fer de lance de l’intelligence artificielle appliquée et de la maîtrise de l’espace aérien et terrestre. Faire l’impasse sur ces technologies, c’est laisser le champ libre aux solutions extra-européennes qui dominent déjà largement nos marchés. 

L’ADIF appelle à une révision urgente du périmètre de l’IAA 

Face aux risques de décrochage industriel, l’ADIF demande au Parlement et au Conseil européen d’amender le texte sur deux axes : 

  1. L’intégration explicite des drones et de la robotique mobile parmi les secteurs stratégiques bénéficiant des dispositifs de soutien et de l’exigence de contenu local.

 

  1. L’application de la préférence européenne à l’ensemble de la chaîne de valeur de l’autonomie (capteurs, logiciels de pilotage, vecteurs), afin de protéger nos entreprises contre la concurrence déloyale. 
  2. Intégrer ces technologies dans les mécanismes de financement et de commande publique. 

Le principe de « Made in Europe » est une avancée, mais il ne doit pas être un slogan vide. Il doit  s’appliquer aux technologies qui définiront la sécurité et l’efficacité de l’Europe de demain. 

À propos de l’ADIF : Créée en 2021, l’Association pour le Développement de l’Industrie Française des  Drones fédère les acteurs majeurs et émergents de la filière pour promouvoir l’excellence  technologique et la souveraineté nationale et européenne. L’ADIF regroupe plus de 60 entreprises  françaises, constructeurs et équipementiers, du secteur des drones et de la robotique. Représentant  plus de 1 000 emplois et couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur. 

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