Le mercredi 15 avril 2026, l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) a détecté un incident de sécurité susceptible d’avoir entraîné une fuite de données concernant des comptes, qu’ils soient personnels ou professionnels, sur son portail en ligne. D’après les premières analyses, les informations potentiellement exposées pour les particuliers incluent des données d’identification telles que l’identifiant de connexion, la civilité, le nom, les prénoms, l’adresse e-mail, la date de naissance ainsi que l’identifiant unique du compte. Dans certains cas, des données complémentaires non systématiques — comme l’adresse postale, le lieu de naissance ou le numéro de téléphone — pourraient également être concernées. Les usagers impactés font actuellement l’objet d’une notification individuelle.
Cette compromission ne concerne toutefois pas les documents et pièces justificatives transmis lors des démarches administratives. Par ailleurs, les informations exposées ne permettent pas un accès frauduleux aux comptes des utilisateurs. Conformément à la réglementation en vigueur, notamment l’article 33 du RGPD, l’incident a été signalé à la CNIL. Un signalement a également été adressé à la Procureure de la République de Paris, conformément à l’article 40 du code de procédure pénale, afin de permettre l’ouverture d’une enquête. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a également été alertée.
Des investigations techniques ont été engagées dès la détection de l’incident afin d’en déterminer précisément l’origine et l’ampleur. Parallèlement, des mesures de sécurité supplémentaires ont été mises en place pour garantir la continuité du service et renforcer la protection des données. Aucune action spécifique n’est demandée aux usagers, mais il leur est recommandé de rester particulièrement vigilants face à d’éventuels messages suspects (SMS, appels ou e-mails) semblant provenir de l’ANTS. Enfin, l’agence rappelle que toute diffusion ou tentative de revente de données présentées comme issues de ses systèmes constitue une infraction illégale.
Fuite de données à grande échelle : l’ANTS touchée par un incident de sécurité, 170 000 agents de la police nationale exposés après le piratage d’E-Campus
Jeudi 16 avril dernier, les données personnelles et professionnelles de plus de 170 000 policiers français ont été compromises, y compris des noms, prénoms, adresses e-mail professionnelles et villes de résidence.
La source de la fuite est E-Campus, l’outil de formation à distance utilisé quotidiennement par les policiers de la Police nationale. Administrée par un prestataire privé, la plateforme a été ciblée par une cyberattaque le mois dernier. La fuite est passée inaperçue pendant plusieurs semaines. Comme c’est souvent le cas, ce sont les prestataires tiers qui ont été ciblés par les hackers. Je partage avec vous le bilan de Bernard Montel, Field CTO EMEA chez Tenable, à ce sujet :
« Le piratage de la plateforme E-Campus de la Police nationale française est un rappel frappant que les hackers ne passent pas toujours par la porte d’entrée, mais exploitent souvent les portes latérales d’un prestataire tiers. Si la profession des 170 000 victimes, des policiers en service, est très exposée, les mécanismes de l’attaque sont malheureusement classiques.
En dérobant des données telles que les noms, les villes et les adresses e-mail professionnelles, les acteurs malveillants ont constitué une « base de cibles » pour des attaques secondaires. Il ne s’agit pas seulement d’un vol de données, mais d’un levier pour orchestrer des campagnes de phishing ciblé et d’ingénierie sociale, de plus en plus difficiles à détecter même pour des professionnels formés.
La surface d’attaque d’une organisation s’étend désormais à l’ensemble de l’écosystème des partenaires interconnectés. Les équipes de sécurité sont actuellement confrontées à un « vulnami », une vague écrasante de vulnérabilités, que les acteurs malveillants automatisent désormais à la vitesse des machines.
Pour suivre ce rythme, les organisations doivent dépasser les approches réactives telles que la gestion des correctifs. Le changement doit s’orienter vers la gestion de l’exposition, en identifiant et en traitant en priorité les vulnérabilités critiques que les attaquants sont les plus susceptibles de cibler avant qu’elles ne puissent être exploitées. Il ne s’agit plus seulement de détecter les failles, mais de corriger les bonnes, plus rapidement et de manière maîtrisée. »
À propos de Tenable
Tenable est la société de gestion de l’exposition au cyber-risque,.
Pour en savoir plus : fr.tenable.com.
