· Lors de sa réunion du 11 juin, nous nous attendons à ce que la BCE relève son taux directeur de 25 pb, portant le taux de la facilité de dépôt à 2,25 %. Le Conseil des gouverneurs (CG) présentera probablement cette décision non pas comme le début d’un cycle de hausse, mais comme un recalibrage destiné à réaffirmer son engagement en faveur de la stabilité des prix. Les responsables de la BCE préparent le terrain pour une hausse de taux en juin depuis plusieurs semaines ; l’attention se portera donc surtout sur la communication, en particulier sur d’éventuelles indications concernant la suite après la réunion de juin.
· Nous pensons que la BCE maintiendra son approche réunion par réunion, dépendante des données, et évitera de se pré‑engager sur des décisions au‑delà de juin. Le ton général devrait rester hawkish au vu du niveau encore élevé des prix de l’énergie et des dernières données publiées. La présidente Lagarde devrait néanmoins garder toutes les options ouvertes pour les réunions suivantes. En effet, une hausse de taux « d’assurance » fait désormais presque consensus, mais un resserrement supplémentaire ferait peser des risques plus importants sur une croissance déjà faible et pourrait se heurter à l’opposition de certains membres accommodants du CG, surtout en l’absence d’indices clairs d’effets de second tour.
· L’ampleur et la persistance du choc sur les prix de l’énergie s’avérant quelque peu supérieures aux hypothèses des projections de mars, la BCE devrait réviser à la hausse ses prévisions d’inflation globale et sous‑jacente, les situant entre les scénarios de référence et adverse de mars, tout en continuant de montrer un retour de l’inflation à 2 % à la fin de l’horizon de prévision. À l’inverse, la croissance devrait être révisée à la baisse pour 2026 et 2027, compte tenu d’un résultat plus faible au T1 et d’indicateurs d’enquête moroses.
· Globalement, compte tenu de l’incertitude entourant le conflit au Moyen‑Orient, Lagarde devrait donner peu d’indications sur la suite, tout en adoptant un ton hawkish. Il faut reconnaître que la surprise à la hausse de l’inflation sous‑jacente a augmenté la probabilité que la BCE procède à plus d’une hausse de taux, au risque de sur‑réagir.
