dim. Juil 26th, 2026

Depuis la mi-juillet, les cours du Brent ont repris près de 20 dollars . Ce chiffre masque une réalité plus saisissante :
les marges de raffinage sur le gasoil européen (mesurant la différence de prix entre brut et produit raffiné) ont
progressé plus vite encore, passant de 37 dollars à près de 65 dollars, un plus haut historique . Ces marges
correspondent au procédé consistant à « casser » les molécules de brut en molécules plus petites, ici du diesel .
Plusieurs facteurs expliquent cette envolée supérieure à celle de la matière première elle-même . La fermeture du
détroit d’Ormuz restreint bien sûr les produits raffinés en provenance du Golfe . À cela s’ajoutent la moitié des
capacités russes désormais hors service, la production chinoise tournant à très faible régime (-18% sur un an
selon Morgan Stanley), l’arbitrage des exportations américaines vers le Brésil et non plus vers l’Europe,
l’approvisionnement plus réduit en brut américain issu de la réserve stratégique américaine (SPR), et enfin l’entrée
en période de remplissage des citernes de chauffage allemandes depuis un taux anormalement bas .

Le coût réellement supporté par les ménages et les transporteurs est celui du carburant à la pompe, non celui du
Brent . Le risque principal pour l’économie européenne serait une poursuite de la hausse du brut combinée à des
marges de raffinage qui se maintien draient à un niveau élevé . Dans ce contexte, le prix final des carburants
pourrait atteindre un niveau supérieur à celui d’avril .
Deux conséquences : d’abord un impact plus fort sur la composante énergie des indices d’inflation, dans un
contexte où les banques centrales restent très attentives aux effets de second tour. Dans un second temps :
ajustement à la baisse de la demande physique en raison d’un repli de l’activité industrielle, des transports, du fret
et de la consommation . Pour éviter ce scénario, la restauration des capacités de raffinage est donc indispensable .
Certains facteurs techniques peuvent se normaliser indépendamment du contexte géopolitique dans les mois à
venir, mais la visibilité sur la disponibilité du raffinage dans le Golfe et en Russie s’est détériorée .

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *