mar. Juil 21st, 2026
  • Marvell Technology enregistre la plus forte progression du nombre de détenteurs en France, portée par la demande en semi-conducteurs.
  • L’énergie nucléaire s’impose comme un thème d’investissement majeur, avec Cameco qui connait, ce semestre, une augmentation importante du pourcentage de détenteurs, par les investisseurs particuliers français
  • Les investisseurs particuliers ont la tête dans les étoiles :  les valeurs liées au spatial gagnent en popularité.

21 juillet 2026 – Alors que la course mondiale à l’intelligence artificielle s’accélère, les investisseurs particuliers français ont massivement acheté des actions de sociétés répondant à deux des principales contraintes actuelles de l’IA, la mémoire et l’énergie. Ils ont également renforcé leur exposition au secteur spatial commercial au deuxième trimestre, selon les dernières données de la plateforme de trading et d’investissement etoro.

etoro a analysé les entreprises ayant connu la plus forte progression proportionnelle du nombre de détenteurs en France d’un trimestre à l’autre (tableau 1), tout en examinant également les dix actions les plus détenues par les investisseurs français sur la plateforme (tableau 2).
Le spécialiste des semi-conducteurs et des solutions de stockage Marvell Technology arrive en tête du classement des plus fortes progressions en France, devant Micron Technology et Samsung Electronics.

Le classement des plus fortes hausses montre que les investisseurs particuliers français regardent désormais au-delà des géants de la technologie et se positionnent sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA. Marvell Technology et STMicroelectronics ont vu leur nombre de détenteurs en France augmenter respectivement de 75 % et 15%, la construction accélérée de centres de données ayant provoqué une pénurie mondiale de capacités de mémoire et de stockage. En troisième position du classement, Samsung Electronics enregistre une hausse de 36% du nombre de détenteurs, illustrant l’intérêt persistant des investisseurs particuliers français, pour les équipements de réseau et les semi-conducteurs qui alimentent également les centres de données dédiés à l’IA.

Du côté des logiciels, IBM figure, pour le deuxième trimestre consécutif, parmi les plus fortes progressions, en occupant cette fois la sixième place (+17%), tandis que Take Two Interactive se classe huitième (+15%). Cela suggère que les investisseurs français restent confiants envers les entreprises qui intègrent l’IA dans les applications destinées aux entreprises, malgré les inquiétudes persistantes autour du phénomène dit de « SaaSpocalypse.

Les infrastructures énergétiques se sont également imposées comme un thème d’investissement clé. Cameco se classe neuvième des plus fortes progressions observées au niveau français (+15%), tandis qu’Iris Energy, centres de données alimentés par des énergies renouvelables, se place désormais en quinzième position (+9%). Ensemble, ces deux entreprises montrent que les investisseurs particuliers français misent de plus en plus sur les sociétés susceptibles de bénéficier de la hausse de la demande d’électricité alimentée par l’essor de l’IA.

Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour etoro, déclare :

« Au deuxième trimestre, les investisseurs particuliers français semblent avoir affiné leur lecture du thème de l’intelligence artificielle. Après s’être longtemps concentrés sur les grands noms de la tech, ils se tournent désormais davantage vers les segments les plus critiques de la chaîne de valeur, semi-conducteurs, mémoire, stockage, équipements réseaux et infrastructures nécessaires au déploiement massif des centres de données. Cette évolution traduit une approche plus industrielle de l’IA. Les investisseurs ne cherchent plus seulement à acheter les champions visibles de l’intelligence artificielle, mais aussi les entreprises qui fournissent les briques indispensables à son fonctionnement.

Autre enseignement important, l’énergie devient un axe central d’investissement. La montée en puissance de l’IA pose une contrainte majeure en matière de consommation électrique, ce qui renforce l’attrait pour les acteurs exposés au nucléaire, aux énergies propres ou aux centres de données alimentés par des sources renouvelables. Dans le même temps, à la différence du premier trimestre, les investisseurs français se sont détournés des valeurs pétrolières, pénalisées par la chute des cours du brut. Le trimestre confirme ainsi une rotation sectorielle marquée par moins d’exposition aux hydrocarbures traditionnels et davantage d’intérêt pour l’électricité et les secteurs capables d’accompagner la croissance structurelle de l’IA. Enfin, la progression des valeurs liées au spatial suggère que les particuliers français restent attirés par les grands thèmes de rupture.

Le secteur spatial commercial a également suscité un regain d’intérêt au cours du trimestre, marqué par l’introduction en Bourse de SpaceX, la plus importante jamais réalisée au monde. Rocket Lab, société aérospatiale spécialisée dans la fabrication et le lancement de fusées de petite et moyenne capacité et de systèmes spatiaux, arrive ainsi en quatrième position des plus fortes progressions enregistrées ce trimestre, se démarquant comme la seule entreprise du secteur spatial présente dans le classement français. »

Antoine Fraysse-Soulier ajoute :

« Alors que l’investissement thématique continue de capter des flux importants, le spatial s’impose progressivement comme l’un des grands récits de marché. La dynamique observée sur les ETF spécialisés montre que les investisseurs ne perçoivent plus ce secteur comme une simple niche spéculative, mais comme une thématique d’investissement à part entière. Il faut toutefois garder à l’esprit que l’industrie reste encore récente. Une grande partie des scénarios de valorisation repose sur des perspectives d’adoption future, de baisse des coûts de lancement et de croissance à long terme. La présence de valeurs liées au spatial parmi les plus fortes progressions traduit néanmoins un intérêt croissant des investisseurs particuliers pour l’ensemble de l’écosystème, qu’il s’agisse aussi bien de l’exploration spatiale que des données satellitaires. »

À l’inverse, le classement des plus fortes baisses montre que les investisseurs particuliers français ont principalement réduit leurs positions dans les compagnies pétrolières et gazières, notamment Chevron (2e place, -23%), ExxonMobil (4e place, -14%) et Enphase Energy (15e, -8%). Les valeurs de la cybersécurité, avec Palo Alto Networks (6e, -11%) et CrowdStrike (14e, -8%), figurent également dans ce classement. En tête des plus fortes baisses se trouve toutefois l’assureur santé UnitedHealth (-74 %).

Antoine Fraysse-Soulier conclut :

« Les secteurs défensifs et cycliques traditionnels, notamment l’énergie et la santé, se retrouvent en bas du classement. La diminution du nombre d’investisseurs exposés aux groupes pétroliers et gaziers semble marquer la fin d’un mouvement initié au trimestre précédent, lorsque les tensions dans le détroit d’Ormuz avaient ravivé les craintes sur l’offre mondiale d’énergie et attiré les capitaux vers les hydrocarbures. Depuis, la normalisation de la situation et la baisse des cours du brut ont réduit l’attrait de ces valeurs. Une partie des investisseurs paraît ainsi arbitrer en faveur de thématiques jugées plus porteuses, désormais en tête des plus fortes progressions. »

Les actions les plus détenues en France sur etoro n’ont pas changé ce trimestre. Le classement reste dominé par Nvidia, Amazon, Tesla, Microsoft et Apple. Ces valeurs n’ont d’ailleurs pas enregistré de variations significatives du nombre de détenteurs, ce qui suggère que les investisseurs particuliers n’ont pas délaissé les grandes valeurs technologiques.

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