Market in Minutes Savills du marché locatif bureaux en Ile-de-France au T1 202
- La demande placée reste à des niveaux très bas : 367 700 m² en Ile-de-France au terme du 1er trimestre 2026 (-15% en tendance annuelle et -22% par rapport à la moyenne décennale). Parmi toutes les années recensées, seules 2002, 2004 et 2021 ont connu un début d’année plus difficile que celui-ci.
- L’origine de la contre-performance à l’échelle de l’Ile-de-France, est à chercher dans le segment des transactions de plus de 5 000 m² (-48% sur un an en volume). Sur les 7 transactions de plus de 5 000 m² recensées au 1er trimestre, 2 d’entre elles concentrent à elles seules 60% des volumes placés – à Vélizy et Rueil, portant chacune sur plus de 20 000 m² – tandis que les 5 restantes demeurent inférieures à 7 500 m². Par ailleurs, seules 2 de ces transactions sont localisées dans Paris intra-muros (QCA et Paris 12/13).
- La performance est nettement meilleure sur les segments de surfaces inférieures à 5 000 m². Au total, ils concentrent une demande placée de 291 000 m² en ce début d’année 2026 (+3% en tendance annuelle).
- De manière globale, le ralentissement de l’activité transactionnelle est à nuancer puisque la situation actuelle est propice aux opérateurs de coworking et bureaux flexibles ainsi qu’aux renouvellements de baux (non comptabilisés dans les chiffres de la demande placée). A titre d’illustration, 3 grands renouvellements de plus de 20 000 m² ont été signés depuis le début de l’année, pour un total de 96 000 m², soit 22% du chiffre de la demande placée trimestrielle au niveau régional.
- Dans le détail, Paris intra-muros et La Défense résistent le mieux, malgré des baisses respectives de 14% et 11%. Le Croissant Ouest décroche de 20% et la Première Couronne enregistre une chute marquée de 48%. À l’inverse, la Deuxième Couronne, portée par une méga-transaction de nature exceptionnelle (Campus Connect à Vélizy), affiche une performance remarquable en ce début d’année, avec une progression de 92% en volume.
- En termes de répartition géographique, alors que Paris intra-muros continue de dominer le marché en représentant 40% de la demande placée régionale (quote-part stable sur un an), la Première Couronne perd du terrain (13% versus 22% un an plus tôt) et la Deuxième Couronne prend des parts de marché (16% contre seulement 7% au T1 2025). La Défense et le Croissant Ouest conservent des parts stables dans la demande placée francilienne, représentant respectivement 10% et 21% du total.
- Fin mars, l’offre immédiate atteint un nouveau record historique à 6 332 000 m², soit 530 000 m² de plus en un an (+9% sur la période). Cette progression concerne l’ensemble des secteurs franciliens, à l’exception de La Défense qui affiche un recul de 3%. À l’échelle régionale, la part des surfaces de Grade A s’érode légèrement en glissement annuel, reculant d’un point pour s’établir à 30%.
- Conséquence directe de cette structure de marché, le taux de vacance continue sa progression et atteint 11,4%, établissant ainsi un nouveau record pour l’ensemble de la région Île-de-France.
- Le loyer prime du QCA reste toujours élevé (1 239€/m²/an) mais marque le pas (en baisse de -0,5% par rapport au trimestre précédent). Les loyers moyens de Grade A s’échelonnent entre 245 €/m²/an dans la Boucle Nord et 1 006 €/m²/an à Paris 5/6/7. Du côté des surfaces de seconde main, les valeurs locatives moyennes affichent une tendance baissière, avec des ajustements pouvant atteindre jusqu’à -16% dans le secteur Paris 5/6/7.
- Les mesures d’accompagnement locatives restent à des niveaux particulièrement élevés, oscillant entre 15% dans le QCA et 40% à La Défense, pour une moyenne régionale de 30,5%. Ces niveaux reflètent la suroffre persistante du marché et la nécessité pour les propriétaires de consentir des efforts financiers parfois importants afin d’attirer ou de fidéliser les occupants, y compris dans des immeubles de bonne qualité.