Alors que le cours de l’or reste particulièrement volatil ces dernières semaines, les investisseurs particuliers continuent d’acheter de l’or physique, là où les investisseurs institutionnels adoptent une stratégie beaucoup plus opportuniste.
Malgré un dollar plus ferme et un léger reflux des tensions autour du dossier iranien, l’or est resté ces dernières semaines à des niveaux élevés, proche du seuil des 4 800 dollars. Le métal jaune a néanmoins touché un point bas le 29 avril à 4 522 dollars, les marchés anticipant alors que la Réserve fédérale américaine ne procéderait pas à une baisse de ses taux.
Pour François de Lassus, cette période confirme une tendance déjà observée sur le marché :
«La dichotomie entre le comportement des investisseurs institutionnels et celui des particuliers semble se confirmer. Les premiers jouent sur la liquidité de l’or, soit pour en tirer des gains, soit pour compenser leurs pertes sur d’autres investissements. De leur côté, les particuliers continuent de constituer ou renforcer leur patrimoine en or physique, car ils savent que l’or préserve sa valeur sur le moyen et long terme.»
Les derniers chiffres publiés par le World Gold Council vont dans ce sens :
• la demande en pièces et lingots atteint 474 tonnes au premier trimestre, soit une hausse de 42 % par rapport à la même période en 2025 ;
• à l’inverse, les investissements via les ETF, bien que restant positifs, reculent de 73 % par rapport au premier trimestre 2025 , notamment en raison de ventes de fonds américains en mars ;
• les banques centrales ont acheté 274 tonnes d’or, en hausse de 3 % sur un an, malgré des ventes substantielles de la Russie et de la Turquie pour répondre à des besoins de liquidité.
En France, le phénomène est similaire : les particuliers qui détiennent de l’or physique continuent de renforcer leurs positions, y compris des primo-investisseurs qui découvrent l’or comme classe d’actifs à part entière.
Autre phénomène observé ces dernières semaines : la forte médiatisation de la hausse de l’or a attiré de nouveaux investisseurs, principalement sur les petits lingotins et les pièces accessibles dès quelques centaines d’euros comme les 5 grammes ou les Napoléon 20 Francs. À l’inverse, la correction enregistrée en mars a incité certains particuliers plus expérimentés à se positionner sur des volumes plus importants, considérant ces replis comme des points d’entrée historiquement favorables.