mar. Mai 5th, 2026

Par César Perez Ruiz, Responsable des investissements et CIO chez Pictet Wealth Management,

Les Emirats arabes unis (EAU) ont quitté l’Opep, dont ils étaient membres depuis 60 ans, ce qui fragilise le cartel pétrolier. Cette décision du troisième plus grand producteur de l’Opep devrait peser sur les cours à moyen terme, car les EAU pourraient mobiliser leurs importantes capacités excédentaires dès la réouverture du détroit d’Ormuz. Dans le sillage de cette annonce, l’Opep+ a convenu d’une hausse de production de 188 000 barils par jour – un effort qui ne suffira pas à atténuer l’impact du blocus. Trump a néanmoins déclaré que les Etats-Unis se préparaient à escorter des navires hors du détroit, qualifiant les discussions avec l’Iran de «trèspositives». Illustrant la fragmentation du monde en blocs rivaux, la Chine a bloqué l’acquisition par Meta (pour USD 2 mia) de la start-up d’IA Manus, tandis que le Canada annonçait la création d’un fonds souverain doté initialement de CAD 25 mia. Par ailleurs, près des deux tiers des entreprises du S&P 500 ont publié leurs résultats et 84% d’entre elles ont dépassé les attentes en matière de BPA. Malgré le conflit en Iran, les perspectives restent donc favorables. L’indice S&P 500i a progressé de 0,9% la semaine dernière. Les géants de la technologie renforcent leurs investissements dans les infrastructures d’IA, et l’indice SOX des semi-conducteurs a enregistré en avril la deuxième meilleure performance mensuelle de son histoire. L’utilisation de l’IA connaît une croissance rapide.

 

CITATION DE LA SEMAINE

Anticipant des « conséquences désastreuses », le directeur de la recherche de Gunvor – l’un des plus grands négociants en pétrole au monde – estime que la pénurie plongera les économies mondiales dans la récession si la situation n’est pas stabilisée dans les semaines à venir: «Le mois de juin sera le point de bascule».

 

INDICATEURS CLÉS

  • L’indicateur du sentiment économique en zone euro (ISE) a chuté à son niveau le plus bas depuis le début de la pandémie.
  • Les banques européennes ont signalé un nouveau resserrement net des conditions de crédit au premier trimestre 2026.
  • La dernière enquête sur les anticipations des consommateurs (CES) de la BCE a révélé une hausse significative des anticipations d’inflation.

 

ANALYSE DES MARCHÉS

Il faudra surveiller cette semaine si les Etats-Unis parviennent à escorter des navires à travers le détroit d’Ormuz. A ce stade, le cessez-le-feu n’a pas mis fin au blocus du détroit et l’impasse persiste: ni guerre, ni paix, ni pétrole. Nous estimons à 70% la probabilité que le blocus soit levé d’ici début juin. Mais si le détroit reste fermé, le risque d’un choc énergétique plus sévère s’en trouvera accru.

Nous surveillerons cette semaine les chiffres de l’emploi non agricole et l’indice ISM des services aux Etats-Unis, ainsi que l’enquête de l’université du Michigan sur la confiance des consommateurs. La plupart des banques centrales ont durci leur position et privilégié le statu quo la semaine dernière. Aux Etats-Unis, les inscriptions au chômage n’ont jamais été aussi peu nombreuses depuis les années 1960 et Kevin Warsh – le prochain président de la Fed – aura du mal à convaincre ses collègues de baisser les taux directeurs. Nous sommes neutres à l’égard des actions. Les métaux précieux continuent de servir de couverture contre la volatilité et les risques géopolitiques. Nous conservons une certaine proportion de liquidités rapidement mobilisables.

Au Royaume-Uni, le Parti travailliste du Premier ministre, Keir Starmer, redoute une déroute lors des élections locales organisées ce jeudi. Nous sommes négatifs vis-à-vis des obligations d’Etat américaines, britanniques, européennes «core» et japonaises.

 

 

 

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