Paris, 26 janvier 2026. Les travaux de normalisation conduits par l’International Group for Sustainable Finance (IGSF) intègrent, notamment au titre de la norme AML 30001, les risques liés à l’utilisation du commerce des métaux précieux, et en particulier de l’or, comme vecteur de blanchiment de capitaux par des réseaux criminels organisés. Ces phénomènes font par ailleurs l’objet actuellement de procédures judiciaires dans le cadre d’investigations liées, voir attribuées, à la DZ Mafia marseillaise. L’enquête se poursuit.
Ces constats s’inscrivent dans les réflexions menées par l’IGSF dans le cadre de ses travaux de normalisation en matière de lutte contre la criminalité financière, notamment en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (AML/CFT).
Un schéma de blanchiment structuré et international
Les investigations menées en coordination entre les autorités françaises et italiennes ont mis au jour un dispositif transnational sophistiqué. D’importantes sommes d’argent liquide, issues d’activités criminelles et collectées notamment à Marseille, Lyon et Paris, étaient acheminées vers l’Italie afin d’y être converties en lingots d’or, avant d’être exportées vers des pays tiers, notamment la Turquie via le Kosovo.
Sur une période estimée à dix mois, plus de 30 millions d’euros auraient ainsi transité par ce circuit, grâce à des convois réguliers utilisant des véhicules spécialement aménagés.
Des saisies record et des liens avec le narcotrafic
Plusieurs opérations judiciaires coordonnées entre la France et l’Italie ont conduit à l’interpellation de nombreux suspects et à des saisies significatives :
- 55 kg d’or pur, sous forme de lingots d’un kilo numérotés et poinçonnés
- Plus de 2,6 millions d’euros en espèces, principalement en petites coupures
- Des véhicules, des bijoux et des biens de luxe
Les enquêteurs ont identifié un réseau de collecteurs, dont certains étaient déjà connus pour des faits de trafic de stupéfiants et présentés comme proches de la DZ Mafia marseillaise, illustrant l’imbrication croissante entre narcotrafic et blanchiment par l’or.
Une intégration dans les travaux de normalisation de l’IGSF
Au regard de ces évolutions, l’IGSF intègre les risques spécifiques liés au commerce des métaux précieux dans ses travaux d’actualisation et d’évolution des référentiels de conformité en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Cette approche se traduit notamment par la prise en compte de ces schémas dans les actualisations de la norme AML 30001, afin de mieux outiller les organisations confrontées à des risques élevés, dans des secteurs caractérisés par une forte circulation d’espèces, des chaînes de valeur complexes et des différences de régulation entre juridictions.
« L’or constitue un instrument de blanchiment particulièrement attractif pour les organisations criminelles : il est liquide, transportable, universellement valorisé et bénéficie encore de dispositifs de contrôle insuffisamment harmonisés », déclare Isabelle Schoonwater, Vice-Présidente de l’IGSF (International Group for Sustainable Finance), Présidente du Comité Scientifique AML 30001 et ancienne spécialiste au sein de l’International Finance Corporation (FPDFI, service de lutte contre le blanchiment), Banque Mondiale.
Le rôle structurant de la norme AML 30001
La norme AML 30001 fournit un cadre international structuré permettant aux organisations d’identifier, évaluer et maîtriser leurs risques de criminalité financière, au-delà du strict respect des obligations réglementaires. Elle repose sur une approche fondée sur le risque, intégrant gouvernance, cartographie des risques, procédures de vigilance, traçabilité des opérations, contrôles internes et évaluations continues.
« En structurant les bonnes pratiques et en instaurant une approche fondée sur le risque, la norme AML 30001 offre un cadre opérationnel concret pour sécuriser les secteurs particulièrement exposés, comme celui des métaux précieux. Elle permet aux acteurs économiques de renforcer durablement leur résilience face à des schémas de blanchiment de plus en plus sophistiqués mis en œuvre par les réseaux criminels organisés. »
Véronique de La Bachelerie, Présidente de l’IGSF – International Group for Sustainable Finance.
A propos de l’IGSF
L’IGSF (International Group for Sustainable Finance) est une ONG à but non lucratif, basée au Luxembourg, dont les activités ont pour objectif de canaliser et d’organiser les efforts internationaux en matière de normalisation financière et extra-financière. L’IGSF, en tant qu’entité de normalisation, œuvre principalement sur deux volets : d’une part, l’organisation technique des normes en matière de gouvernance financière et extra-financière et, d’autre part, la diffusion des normes et des bonnes pratiques en général. Les thématiques couvertes au sein de l’IGSF traitent notamment des enjeux en matière de gouvernance financière, de lutte contre la criminalité financière ou encore de responsabilité sociétale des entreprises ou organisations de tout type.
