Paris, 01/06/2026. Le 23 avril 2026, le gouvernement présentait fièrement son super-plan d’électrification du pays afin de « ne plus importer les crises du monde dans le portefeuille des Français ». Un cap clair, structuré autour de 22 mesures concrètes, renforcé depuis par les annonces d’Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à l’Élysée le 26 mai. Alors que l’objectif est de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles, de contenir la facture énergétique des ménages et de rendre la mobilité électrique accessible au plus grand nombre, force est de constater pour Solal Botbol, cofondateur et PDG de Beev (entreprise dont l’offre tout-en-un de passage au véhicule électrique pour les entreprises et les particuliers lui a permis d’intégrer le 30 mars 2026 la prestigieuse sélection Impact 40/120 qui réunit les 120 meilleures startups à impact de France), que cette stratégie comporte une incohérence majeure : le non-retour du crédit d’impôt pour l’installation de bornes de recharge à domicile, une aide d’un montant de 500€ qui avait profité à 47 332 foyers en 2024 et dont le non-renouvellement au 31 décembre 2025, pour cause de PLF 2026 négocié dans la douleur, avait conduit à sa disparition automatique. Dans cette tribune inédite dévoilée aujourd’hui, il revient sur ce non-sens qui, selon lui, fragilise l’adoption du véhicule électrique en France en négligeant un facteur psychologique et économique clé : la disponibilité à domicile d’une offre de recharge abondante, peu coûteuse et facilement accessible 24/7 pour assurer une transition sereine aux particuliers et aux entreprises.
« En présentant, le 23 avril 2026, son méga-plan d’électrification en 22 mesures, le gouvernement a affiché une ambition forte : électrifier les usages, renforcer notre souveraineté énergétique et rendre la mobilité électrique accessible au plus grand nombre. Depuis, de nouvelles annonces ont été faites le 26 mai par l’Élysée pour préciser cette trajectoire. Aujourd’hui, le cap est posé. Mais dans cette stratégie, un angle mort persiste. Et il est loin d’être secondaire car c’est celui de la recharge.
Depuis le 1er janvier 2026, le crédit d’impôt pour l’installation de bornes de recharge à domicile a disparu. Et malgré les récentes annonces, il n’a toujours pas été réintroduit, alors même que l’on relancera dès le mois prochain le dispositif du leasing social pour permettre l’acquisition de 50 000 nouveaux véhicules électriques par les ménages les plus modestes. Ce choix envoie un signal difficilement compréhensible : d’un côté, on incite les Français à acquérir une voiture électrique via des offres accessibles et des primes, et de l’autre, on leur enlève une aide indispensable pour pouvoir recharger sereinement et économiquement à leur domicile.
Il faut bien avoir conscience que la transition vers le véhicule électrique ne se joue pas uniquement à l’achat. Elle se joue dans l’usage. Et cet usage repose d’abord sur la recharge. Or, dans les faits, entre 80 et 90 % des recharges de véhicules électriques sont effectuées à domicile ou sur le lieu de travail. Ce chiffre est déterminant. Il signifie que l’infrastructure publique, aussi essentielle soit-elle pour les longs trajets, ne constitue pas le socle principal de l’expérience de recharge pour l’automobiliste. Ce socle, c’est bel et bien le domicile.
Sans recharge à domicile, le véhicule électrique perd ce qui fait sa force : un usage simple, économique et prévisible. Il devient dépendant de bornes publiques plus coûteuses, parfois saturées, et souvent inadaptées aux contraintes du quotidien. Dans nos grandes villes, les files d’attente aux bornes de recharge publiques deviennent un phénomène récurrent aux heures de pointe. Récemment, il en a été de même sur les autoroutes lors des journées de grand départ, comme l’ont illustré les weekends prolongés de mai. Après la frustration de devoir tourner en rond pour trouver une place de stationnement, on en crée une nouvelle pour les automobilistes passés à l’électrique, celle de devoir chercher une borne de recharge disponible durant la journée.
Sur la recharge, l’État semble avoir fait le choix d’investir dans des solutions visibles. La mesure 14 du plan prévoit ainsi le déploiement massif d’infrastructures de recharge sur le réseau autoroutier national afin de passer de 4 500 à 22 000 bornes d’ici 20235. Cet effort est nécessaire. Mais il traduit une vision partielle du problème. Il privilégie les usages exceptionnels, les longs trajets, au détriment de la réalité du quotidien. Or il faut le rappeler : en France, 90 % des trajets en voiture sont des trajets du quotidien qui ne dépassent pas les 50 km.
Cette incohérence est d’autant plus frappante que le gouvernement affiche, dans ce même plan, une volonté forte d’accompagner les Français dans l’amélioration énergétique de leur logement. Les aides à l’installation de pompes à chaleur en sont une illustration claire. Elles traduisent une logique pertinente : agir directement sur le domicile pour réduire la facture énergétique et valoriser son bien. Mais pourquoi cette logique ne s’applique-t-elle pas à la recharge électrique ?
Car installer une borne chez soi répond exactement au même objectif. C’est la garantie de consommer une électricité française, largement décarbonée, produite localement et à un coût relativement stable. C’est l’assurance, grâce au pilotage intelligent, de recharger en heures creuses peu importe les plages horaires concernées, de lisser la demande pour soulager le système électrique national et de ne plus avoir à s’inquiéter de son autonomie durant la journée. Ne pas soutenir cet usage, c’est aujourd’hui passer à côté d’un levier évident d’électrification et de simplification de notre quotidien.
Entre 2021 et 2025, le crédit d’impôt pour les bornes de recharge avait pourtant démontré son efficacité. Simple, lisible, directement mobilisable, il permettait de couvrir jusqu’à 75 % des dépenses engagées pour équiper son domicile d’une borne, dans la limite de 500 euros par point de charge. Il a contribué à accélérer l’équipement de près de 50 000 foyers par an et à structurer toute une filière. Le tout pour une dépense fiscale annuelle de 23 millions d’euros. Une goutte d’eau face aux 60 milliards d’euros par an que représente la dépendance de la France aux énergies fossiles venues de l’étranger.
Et pourtant, ce dispositif n’a pas été renouvelé au 31 décembre 2025, malgré de nombreuses propositions d’amendements. Il a été une victime, parmi d’autres, de la négociation au couteau du PLF 2026. On a donc supprimé un outil qui fonctionnait. Sans le remplacer. Les alternatives actuelles, qu’il s’agisse de la TVA réduite ou des aides régionales, restent fragmentées, peu lisibles et souvent insuffisantes pour déclencher un passage à l’acte chez les ménages. Elles ne jouent tout simplement pas le même rôle d’accélérateur psychologique que le faisait le crédit d’impôt.
L’absence de retour de ce dispositif lors des annonces du 23 avril et du 26 mai n’est pas sans conséquences. Elle pèse sur les particuliers et les professionnels qui veulent passer au véhicule électrique, bien sûr, mais aussi sur toute une filière industrielle tricolore. Fabricants de bornes, installateurs certifiés IRVE, prestataires techniques : derrière chaque projet d’installation, il y a de l’emploi local, non délocalisable, qui dépend directement de la dynamique de ce marché. Ainsi, en ralentissant l’équipement en bornes à domicile, on ralentit également toute une chaîne de valeur économique.
Si le crédit d’impôt doit revenir, il ne pourra le faire sans prendre en compte un enjeu structurel majeur du marché immobilier hexagonal : celui des copropriétés. Près de la moitié des Français vivent en logement collectif. Pour eux, l’accès à l’installation d’une borne de recharge reste conditionné à des procédures longues, complexes, souvent décourageantes. Des dispositifs existent, notamment via le programme Advenir, mais ils restent insuffisants pour permettre une adoption à grande échelle. Sans simplification et sans incitation financière renforcée, l’électrique prendrait le risque de rester réservé à ceux qui disposent d’un logement individuel. Ce serait une erreur sociale autant qu’économique.
En ce début juin 2026, le paradoxe est donc clair. Jamais le discours politique n’a été aussi volontariste sur l’électrification. Jamais les annonces n’ont été aussi nombreuses. Et pourtant, dans le même temps, un levier central de cette transition a été désactivé. C’est comme si l’on cherchait à accélérer en retirant une pièce essentielle du moteur. Or, la transition vers le véhicule électrique ne se résume pas à des objectifs ou à des annonces. Elle repose sur un écosystème complet, dont la recharge à domicile constitue le pilier. Ignorer ce pilier, c’est fragiliser l’ensemble.
Relancer demain un crédit d’impôt pour les bornes de recharge à domicile ne sera donc pas un ajustement marginal. Ce sera un choix structurant. Un choix en faveur du pouvoir d’achat tricolore, de la cohérence des politiques publiques de notre gouvernement, du développement de notre économie et de l’efficacité réelle de notre transition énergétique. Car l’électrification ne se décrète pas. Elle s’organise. Et elle commence là où vivent les Français et Françaises. »
À PROPOS DE BEEV
Fondée en 2019 par Solal Botbol et Chanez Djoudi, Beev est le “one-stop shop de l’électrification” qui accompagne les professionnels, les entreprises, leurs collaborateurs ainsi que les particuliers dans leur passage au véhicule électrique. En combinant une plateforme client en ligne ultra-intuitive avec une assistance humaine via ses 40 experts mobilité, Beev propose une offre intégrée de solutions de mobilité électrique comprenant : le leasing de véhicules électriques à tarifs négociés (avec plus de 250 modèles des plus grandes marques disponibles), l’installation rapide et abordable de bornes de recharge certifiées IRVE (garantie en moins de 10 jours ouvrés par l’un des 350 techniciens certifiés IRVE du réseau Beev présent partout en France) et la gestion opérationnelle ainsi que logicielle des flottes d’entreprise. Avec pour mission d’accélérer la transition énergétique, Beev a déjà facilité le passage au véhicule électrique pour plus de 5 000 clients (92 % de clients satisfaits sur +1000 avis Google et Trustpilot) dont de grands comptes tels que Too Good To Go, Danone, Edenred, Veolia, Intersport, Cuisinella, Carrefour, Stuart, Laforêt Immobilier, Accor, Burger King, HolidayInn, TotalEnergies, Tesla, Porsche ou encore Hyundai. Depuis son lancement, Beev a enchaîné avec succès plusieurs levées de fonds (dont une levée de 3M€ en novembre 2023) et est le seul acteur de son écosystème ayant reçu le label Greentech Innovation du Ministère de la Transition Écologique et la certification B Corp. https://www.beev.co/