– Jusqu’à présent, la réaction initiale des marchés a été plutôt modérée (forte baisse des cryptomonnaies, EUR/USD relativement stable et légère hausse de l’or).
– Lundi, et peut-être les jours suivants, nous pourrions assister à un regain d’intérêt pour les actifs en dollars, ce qui entraînera une baisse des rendements des bons du Trésor et une appréciation du dollar. Le franc suisse devrait également progresser fortement, renforçant la possibilité que la Banque Nationale Suisse intervienne directement sur le marché pour freiner sa hausse. Qu’en est-il du yen ? Un rebond à court terme est également possible. Cependant, la pression baissière persiste, d’autant plus que la hausse des taux par la Banque du Japon, un temps espérée pour mars/avril, est reportée.
– Les prix du pétrole devraient fortement progresser. Lors de la guerre des 12 jours de juin 2025, ils ont bondi de 15%, avant de retomber rapidement à leurs niveaux d’avant-conflit une fois les hostilités terminées. Le pétrole devrait suivre la même tendance cette fois encore.
Ce que nous ignorons :
Les États-Unis et Israël ont quatre objectifs : empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, frapper ses capacités de missiles balistiques, neutraliser ses capacités navales et limiter son rôle déstabilisateur au niveau de la région.
Point d’incertitude, la durée du conflit. Les marchés anticipent que le conflit ne durera pas plus longtemps que celui de mi-2025. Pourquoi ? Trump n’a aucun intérêt à un enlisement qui pourrait compromettre ses chances de victoire lors des élections de mi-mandat. C’est aussi notre avis. Mais un nouveau paramètre est à prendre en compte. Cette fois, l’administration Trump appelle ouvertement à un changement de régime. Ce n’est pas une guerre comme les autres pour la République islamique. C’est une guerre de survie. En fonction de la capacité de l’Iran à poursuivre ses frappes dans la région, du soutien militaire de ses alliés (Hezbollah, Houthis) et de la situation sur le terrain en Iran (troubles intérieurs, conflits internes au sein du pouvoir), nous pourrions nous diriger vers un conflit plus long et des tensions plus importantes sur les marchés que prévu. Peut-être que cette fois-ci les investisseurs pêchent par excès de confiance. Peut-être…
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement
chez Pictet AM
