mer. Fév 25th, 2026
En apparence, les marchés financiers se portent bien. Les taux courts réels sont sous contrôle tandis que les taux longs sont en baisse. Les indices sont proches de leurs points hauts. Mais sous la surface, une dislocation des marchés est en train de se produire. De moins en moins d’actions contribuent à la hausse tandis que les actions technologiques font l’objet de ventes indiscriminées, même lorsque les fondamentaux sont bons.

Amazon est un exemple parfait. L’entreprise a construit la troisième plus grosse activité publicitaire au monde avec un chiffre d’affaires annuel de 69 milliards de dollars. C’est une activité avec des marges très élevées, peu de coûts logistiques et une monétisation directe du trafic existant. Disruption possible de l’IA ? À la marge. L’IA va être un accélérateur de croissance pour Amazon, mais pas une menace. Même chose pour Microsoft. Mal aimée par les investisseurs, l’entreprise est pourtant un leader du cloud, possède une position stratégique dans l’IA et peut se vanter d’avoir des revenus récurrents solides. Rien à voir avec le secteur des logiciels. La valorisation, qui a suscité des inquiétudes au début de 2025, n’est désormais plus un sujet. En outre, les anticipations de croissance des bénéfices sont au beau fixe. Pour 2026, une hausse de 23% est attendue pour le Nasdaq*.

 

Alors pourquoi ce désamour des actions technologiques américaines ? Certains mettent en avant le « debasementtrade », l’IA, la géopolitique, les inquiétudes concernant une remise en cause de l’indépendance de la Fed ou la dégradation du marché du travail américain, en particulier pour les nouveaux entrants. Ces facteurs jouent certainement un rôle. Mais la vérité est ailleurs. Nous sommes face à des marchés très techniques, où les algorithmes, les fonds spéculatifs et les ventes à découvert ont pris une part dominante. Ils ne réagissent pas aux annonces économiques ou d’entreprises mais en fonction des flux et des niveaux techniques. D’où une volatilité en forte hausse. En se basant sur les données de Bloomberg, la volatilité moyenne d’une action américaine au cours du mois de janvier était de 10,8% – bien supérieure à sa moyenne de long terme. C’est la nouvelle normalité du marché des actions.

A surveiller

Ce début de semaine devrait être plutôt calme. En Asie, les échanges étaient faibles à cause du dernier jour des festivités du Nouvel An chinois.

En Europe, l’indice IFO du climat des affaires attendu ce lundi matin devrait s’améliorer un peu en Allemagne en février. Le plan de relance massif présenté par Berlin il y a un an commence à porter ses fruits. Une première partie des 1 000 milliards d’euros mis sur la table a été déboursée en fin d’année 2025. Nous nous attendons à ce que l’Allemagne sorte enfin de la stagnation économique cette année avec une croissance à 1,5% contre 1,2% pour la zone euro.

À surveiller ce mardi : l’indice de confiance du consommateur américain en février publié par le Conference Board. Depuis quelques mois, la confiance des ménages est en chute. C’est certainement lié au ralentissement du marché du travail. Pour l’instant, cela ne remet pas en cause la bonne dynamique économique américaine, qui est portée par les investissements massifs dans l’IA. Mais c’est un point de fragilité à ne pas négliger dans les mois à venir et qui pourrait inciter la Fed à abaisser davantage ses taux directeurs que prévu.

A noter

Le marché de l’immobilier chinois est dans une situation pire que prévu. Dans les principales villes du pays, les prix ont chuté d’au moins 20% depuis 2021*. Aucune reprise ne se dessine. Prenons Shenzhen. Des appartements qui se vendaient 110 000 yuans le mètre carré s’échangent désormais à 50 000 yuans. Des dizaines de millions de familles voient leurs économies fondre comme neige au soleil, tout en continuant de rembourser des prêts immobiliers sur des biens qui ne valent plus qu’une fraction de leur dette. À Zhengzhou, capitale de la province du Henan, 500 000 ménages sont déjà en défaut de paiement. Les banques ont renoncé aux saisies, car moins de 20% des logements saisis trouvent preneur. Évidemment, c’est un sérieux problème économique quand 70% de la richesse des ménages chinois est liée à l’immobilier contre moins de 30% dans les pays développés.

*Bloomberg, 17 février 2026.

 

 

 

 

Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM

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