mer. Mar 25th, 2026

Les marchés semblent vouloir tester la volonté des banques centrales à contenir  l’inflation issue du choc pétrolier. Le souvenir de 2022 est dans toutes les têtes mais  attention au scénario de 2011…  

Les frappes iraniennes sur les sites de production de GNL au Qatar ont effacé 17% de la  production mondiale. Les dommages sont considérables et la reconstruction pourrait  prendre 3 à 5 ans. Les espoirs de contournement du détroit d’Ormuz via l’Arabie Saoudite  ou l’Irak et la Turquie sont remis en cause par ces frappes ciblées. Plusieurs pays se sont  proposés pour assurer la sécurité dans le détroit, mais les tensions restent vives. Les  Banques centrales s’inquiètent du risque inflationniste et la révision des perspectives de  taux directeurs pèsent sur les actifs risqués. Le dollar s’apprécie à chaque regain de  tensions.  

La semaine était dominée par les réunions de Banques centrales. La Fed a maintenu ses  taux compte tenu des risques haussiers sur l’inflation (2,7 % fin 2026), relevant même sa  projection de croissance malgré la fragilité du marché du travail. L’économie américaine est  néanmoins moins exposée à la crise compte tenu de son excédent énergétique. Le FOMC  devrait observer le statu quo pendant plusieurs mois, avant de reprendre l’allègement  monétaire. En zone euro, la BCE se devait de prendre acte du risque inflationniste en  répondant à la hausse des points morts d’inflation. Certains banquiers centraux ont évoqué  un durcissement dès avril mais la situation actuelle diffère largement de 2022 quand le  policy mix expansionniste, la volonté de consommer après le Covid et les chocs multiples  constituaient le cocktail explosif pour l’inflation. La BCE doit éviter de surréagir. Le souvenir de 2011 hante aussi les marchés : deux hausses en réponse à la remontée du pétrole avaient  abouti à un Krach obligataire. Certes, il n’y a pas aujourd’hui de crise bancaire, mais une  erreur de politique économique est toujours possible. La BoE a voté le statu quo à  l’unanimité effaçant un biais accommodant pourtant ancré depuis plusieurs mois. Les  marchés ont effacé deux baisses des taux pour intégrer désormais trois hausses en 2026. La  part importante d’emprunts à taux variables induirait en outre un freinage précoce de  l’activité au Royaume-Uni. On peut ainsi comprendre qu’Andrew Bailey cherche d’ores et  déjà à calmer les anticipations de resserrement monétaire. La Banque du Canada, après de  mauvais chiffres d’emploi, est sans doute la moins restrictive avec la Riksbank, l’inflation  étant faible en Suède. A l’inverse, la RBA est confortée dans son mouvement de hausse  initié en février et répété au de mars. La BoJ est énigmatique mais le vote des membres du  comité traduisait un biais restrictif pour avril. 

Dans ce contexte de choc énergétique, les marchés d’actions ont dévissé en fin de semaine.  Le marché semble tester l’engagement des Banques centrales à contenir les pressions sur  les prix. Les hausses de taux directeurs anticipées se diffusent aux taux à long terme,  induisant un fort aplatissement des courbes. Le T-note file vers 4,40 %, le Bund casse le seuil  des 3% et le Gilt peine à se stabiliser autour de 5 %. Dans la tempête le Bund à 30 ans est  resté stable sur la semaine à 3,53 %. Les spreads souverains sont de nouveau sous pression.  Le BTP est attaqué probablement en raison de sa plus forte dépendance au gaz naturel. Le  crédit s’écarte parallèlement mais sous-réagi par rapport aux actions ou à la volatilité. 

Axel Botte

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