La journée avait mal commencé avec une volatilité en hausse de 15% sur les marchés européens et américains, après un week-end d’escalade au Proche-Orient.
Le taux 10 ans américain a touché ce matin 4.45%, son plus haut niveau depuis mi-juillet, en parallèle d’un baril de pétrole américain (WTI) qui franchissait à nouveau les 100$. Poussant les Futures sur indices américains un peu plus à la baisse, le SP500 retombant à sont plus bas niveau en 6 mois et demi…
Même pression en Europe avec un DAX tombant sous les 22000 pour toucher son plus bas niveau depuis…avril dernier, le CAC40 frôlant la zone des 7500 points, son plus bas niveau depuis juin.
Après l’ultimatum de Donald Trump ce week-end donnant 48 heures à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, l’Iran avait répliqué ce matin : « Toute tentative d’attaque des côtes ou des îles iraniennes entraînera le minage de toutes les voies d’accès dans le Golfe (…) avec divers types de mines marines, y compris des mines flottantes pouvant être larguées depuis la côte » « Dans ce cas, l’ensemble du Golfe se trouvera pratiquement dans une situation similaire à celle du détroit d’Ormuz pendant une longue période »
Un contexte particulièrement pesant donc pour les marchés, des marchés actions également inquiets de voir les discussions se densifier ces dernières semaines sur la nécessité, pour les banques centrales, de remonter les taux face au risque de rebond de l’inflation dans les mois qui viennent, en raison de la hausse des prix de l’énergie…
Et puis Donald Trump a, une nouvelle fois, pris tout le monde par surprise en postant un message totalement inattendu sur son réseau social :
« J’ai le plaisir de vous annoncer que les États-Unis d’Amérique et l’Iran ont eu, ces deux derniers jours, des échanges très constructifs et fructueux en vue d’un règlement complet et définitif de nos hostilités au Moyen-Orient. Compte tenu de la teneur et du ton de ces discussions approfondies, détaillées et constructives, qui se poursuivront tout au long de la semaine, j’ai donné instruction au Département de la Guerre de reporter toute frappe militaire contre les centrales électriques et les infrastructures énergétiques iraniennes pour une période de cinq jours, sous réserve du succès des réunions et discussions en cours. »
Les agences de presse iraniennes Fars et Tasnim ont rapidement apporté des démentis en citant des sources iraniennes. L’agence Fars a indiqué qu’il n’y avait « pas de communication directe avec les Etats-Unis, ni de communication via des intermédiaires » mais Donald Trump est allé plus loin, quelques instants plus tard sur Fox Business, indiquant « qu’un accord avec l’Iran pourrait intervenir d’ici 5 jours, voire plus tôt » et que « les discussions avec l’Iran ont eu lieu la nuit dernière », impliquant notamment Witkoff et Kushner.
Les Futures sur indices américains ont bondi après le premier message de Donald Trump sur son réseau, le SP500 reprenant près de 4% par rapport à son point bas de la matinée. Un mouvement encore plus important pour le CAC40 qui a jailli de près de 5% par rapport à son point bas de la matinée.
Mouvement très fort pour le baril de pétrole WTI a lâché près de 15$ en quelques minutes, retombant brièvement sous les 85$ avant de rebondir un peu. Et l’indice VIX (indice de volatilité du SP500) qui progressait de 15% ce matin s’affiche en repli de…9% en ce début d’après-midi.
Même s’il s’agit d’une inflexion très claire dans la tonalité des déclarations du président américain, il n’est pas certain qu’elles constituent le point de départ d’un nouveau rallye sur les marchés actions. Pour alimenter ce scénario, il faudrait que les déclarations de l’Iran, mais également d’Israël, abondent dans ce sens, or ce n’est pas encore le cas.
Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France
