Par PICTET AM,
Selon Eurostat, la France compte 348 taxes. Le Danemark, qui arrive en deuxième position, n’en compte « que » 132, tandis que l’Allemagne en recense 90.
Chaque année, l’État prélève un niveau record : environ 1’300 milliards d’euros, soit 45,3% du PIB. Cette pression fiscale repose sur un très grand nombre de prélèvements, dont certains sont peu efficaces. Selon la Cour des comptes, il existe 243 « taxes à faible rendement ». Prenons la carte grise qui s’apparente à un certificat d’immatriculation. Elle regroupe quatre taxes différentes : une taxe régionale, un malus CO₂, une taxe fixe de gestion et une redevance d’acheminement du certificat. La liste à la Prévert continue avec des taxes souvent très spécifiques : contributions à la formation professionnelle, taxes affectées aux chambres consulaires, prélèvements sur les assurances, contributions sectorielles, taxes liées au nucléaire, redevances sur l’eau, prélèvements sur les jeux d’argent, taxes au profit d’établissements fonciers locaux, et bien d’autres encore.
Nombre de ces prélèvements sont des héritages de l’histoire ou le fruit de compromis politiques. Pris dans leur ensemble, ils contribuent à créer une administration fiscale sensiblement plus complexe et plus lourde qu’ailleurs en Europe. C’est aussi, sans doute, un facteur expliquant les difficultés économiques récurrentes des dernières années.
À surveiller
Sauf surprise, la BCE devrait relever son taux directeur de 25 points de base, à 2,25% le 11 juin. Et elle pourrait ne pas s’arrêter en si bon chemin ! Selon le marché monétaire, il pourrait y avoir au moins une autre hausse d’ampleur similaire cette année. Cela interpelle alors que la croissance en zone euro ralentit et que l’inflation, même si elle a atteint 3,3% sur un an en mai, est loin des pics de 2022 et du niveau actuel aux États-Unis de 3,8%*.
Pour comprendre, il faut revenir à l’histoire monétaire européenne.
À bien des égards, la BCE est l’héritière de la Bundesbank. Elle est encore influencée par son idéologie et sa peur viscérale de l’inflation. Après le choc pétrolier de 1973, la Bundesbank avait réagi plus rapidement que les autres banques centrales, ce qui lui avait permis de contenir davantage l’inflation.
Aujourd’hui, la BCE semble vouloir s’inspirer de ce précédent. Pas certain qu’elle ait raison. Contrairement à la décennie 1970, tout porte à croire que l’inflation actuelle est transitoire et que son point haut pourrait être atteint cet été autour de 3,7%.
*Gardons en tête que la méthodologie de calcul est différente des deux côtés de l’Atlantique.
A noter
Selon Bloomberg, les actions favorites des investisseurs particuliers ont battu de 16 points de pourcentage celles privilégiées par les fonds d’investissement en mai – soit un record depuis 2018. Longtemps perçus comme des suiveurs de marché, les particuliers sont-ils en train de s’imposer comme les nouveaux faiseurs de tendance ?
