jeu. Jan 8th, 2026

Nicolas Leclerc, cofondateur du cabinet de conseil en énergie OMNEGY,

Macroéconomie & Géopolitique : l’année 2026 démarre avec un événement géopolitique majeur, à savoir la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines. Lors d’une opération nocturne, les États-Unis ont mis fin au régime du dictateur et l’ont exfiltré sur le sol américain, où il devra être jugé. Cet événement, qui n’a pas eu d’impact significatif sur les prix du pétrole, en aura un bien plus fort sur le plan politique, concernant les États ou territoires sur lesquels les États-Unis nourrissent des ambitions (tels que le Canada, le Panama, la Colombie, l’Iran, le Mexique ou encore le Groenland).

Au-delà de cette actualité, la Cour suprême américaine doit se prononcer très prochainement sur la constitutionnalité des droits de douane mis en place par Donald Trump. Toujours du côté des Etats-Unis, l’identité du futur président de la Réserve fédérale américaine doit être annoncée au cours de la première quinzaine de janvier.

Les marchés financiers poursuivent leur ascension haussière malgré des secousses géopolitiques de plus en plus imprévisibles. L’or, l’argent ainsi que les entreprises technologiques investissant dans l’intelligence artificielle demeurent les meilleurs performers de 2025.

 

 

Gaz naturel: +2% sur les prix pour 2027 et   +4,3% pour les prix de février 2026

Les prix du gaz ont eu tendance à remonter au cours des quinze derniers jours, poussés à la hausse par des températures plus froides que la normale, une consommation plus élevée sur le segment domestique ainsi qu’une moindre production éolienne. Cette situation a impliqué un recours plus intensif aux centrales à gaz pour produire de l’électricité.

Du côté de l’offre, les exportations norvégiennes demeurent très élevées, à plus de 340 millions de m³/jour, et les flux de GNL restent supérieurs à 4 TWh/jour.
De leur côté, les stockages ont nettement diminué et ne contiennent plus que 60 % de gaz, un niveau qui devrait toutefois s’avérer amplement suffisant pour les trois mois d’hiver restants.

Les températures devraient remonter au-dessus des normales de saison à compter du 11 janvier, ce qui devrait atténuer le mouvement haussier observé ces derniers jours.

 

Électricité :-5,1% sur les prix pour 2027 et +1,4% pour les prix de février 2026

Les prix de l’électricité divergent entre des prix à long terme qui poursuivent leur baisse et des prix à court terme qui augmentent sous l’effet des conditions météorologiques actuelles.

À court terme, les prix spot ainsi que ceux du mois de février sont remontés en raison de températures inférieures à la moyenne en Europe occidentale, de l’ordre de 4 à 6 degrés sous les normales de saison. La demande d’électricité en France devrait être supérieure de 10 GW aux niveaux habituels pour la saison, atteignant environ 80 GW contre 70 GW habituellement à cette période de l’année. La faible production renouvelable a également contribué à ces hausses de prix.

À plus long terme, le prix de l’électricité en France a fortement diminué au cours des vacances de Noël, tant pour les contrats à horizon 2027, passant sous la barre des 50 €/MWh, que pour ceux de 2028. La disponibilité nucléaire actuelle, supérieure à 60 GW, ainsi qu’un record d’exportations électriques pour la France, à 114,1 TWh en 2025, ont contribué à la baisse des prix calendaires.

 

Pétrole : +0,46% sur le prix du pétrole brut

Le prix du pétrole est resté globalement stable pendant les fêtes, bien que les récentes actions militaires des États-Unis au Venezuela aient eu tendance à peser à la baisse sur les cours. Le pays sud-américain représente près de 1 % des exportations mondiales de pétrole et dispose des réserves prouvées les plus importantes au monde, avec plus de 300 milliards de barils enfouis dans son sous-sol. La possible mainmise des États-Unis sur ce gisement alimente l’hypothèse d’une hausse future de la production du pays. À ce stade, les infrastructures pétrolières n’ont pas été endommagées par les frappes américaines à l’encontre du régime de Maduro.

L’OPEP+ s’est réunie hier en réaction aux événements au Venezuela et a décidé de poursuivre sa pause sur l’augmentation de la production pétrolière, en raison du surplus d’offre attendu en 2026, estimé à 3,8 millions de barils par jour selon l’Agence internationale de l’énergie.

 

Co2: +1,45% sur le prix des quotas pour décembre 2026

Le prix du CO₂ a poursuivi sa hausse, avec une tendance haussière qui s’installe désormais dans la durée. Les conditions climatiques très froides actuelles ont soutenu le prix des quotas, les centrales thermiques ayant été davantage sollicitées, entraînant une augmentation des émissions de CO₂.

 

Charbon: -0,21% sur la tonne de charbon

Le prix du charbon a connu un rebond durant la période des fêtes, principalement lié aux températures froides et à la faible production éolienne.

Ce rebond demeure toutefois temporaire et strictement lié aux conditions météorologiques actuelles.

 

Prix du gaz dans le monde ­:

Le prix du gaz en Asie a fini par converger vers les niveaux observés en Europe, dans un contexte de forte baisse des prix au cours des deux dernières semaines. La demande asiatique reste faible pour la saison et les achats de GNL demeurent mesurés.

De son côté, la Chine a réceptionné 22 méthaniers provenant d’usines russes sous sanctions internationales en 2025, réduisant ainsi la pression sur l’offre « officielle » de GNL.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *