Un début d’année sous le signe d’une timide résilience
Ce 19ème Baromètre met en évidence un début d’année en demi-teinte pour les ETI. Si l’activité montre des signes de stabilisation, les fondamentaux demeurent fragilisés, en particulier la rentabilité et la trésorerie qui continuent de se dégrader. D’autant que la conjoncture n’est pas favorable, comme en témoigne le niveau de confiance des dirigeants pour les prochains mois. Dans un environnement déjà très contraint, notamment sous l’effet du déficit de compétitivité du site France, le contexte international fait peser de nouveaux risques sur les coûts, les approvisionnements et, in fine, sur les perspectives d’investissement et de croissance des ETI.
- L’activité des ETI se redresse mais la rentabilité reste sous contrainte
Un tiers des ETI déclarent un chiffre d’affaires en baisse en 2025 par rapport à 2024 : cette proportion est un peu moins élevée qu’un an plus tôt, où elle atteignait 38 %. Au niveau des secteurs d’activité, l’étau se desserre également : moins d’1 ETI sur 2 estime que la situation de son secteur d’activité est en dégradation sur un an, elles étaient plus d’1 sur 2 en novembre dernier. L’amélioration est encore plus nette pour les carnets de commande : elles sont moins de 30 % à faire part d’un carnet de commande moins rempli qu’un an plus tôt (vs. près de 50 % lors du dernier baromètre). En revanche, près de la moitié des ETI ont connu une perte de rentabilité sur un an. Un paramètre important à corréler avec leur niveau d’inquiétude pour les prochains mois : plus de 53 % se disent inquiètes ou très inquiètes (N.B. L’enquête a été réalisée durant les premiers jours du conflit au Moyen-Orient).
- La situation financière reste relativement fragile
Plus d’1 ETI sur 3 atteste d’une trésorerie en dégradation sur un an (vs. moins de 30 % en novembre). L’endettement net total est, pour sa part, stable sur un an pour une majorité d’ETI (51,7 %). 1 ETI sur 4 fait face à des difficultés à rembourser ses différents financements, une proportion en légère hausse par rapport à novembre. Et les difficultés à respecter les ratios financiers s’accentuent, avec plus de 43 % des ETI concernées. Seules 35 % des ETI n’ont aucun problème à financer leurs priorités d’investissements même si les partenaires bancaires répondent encore présents dans plus de 83 % des cas (vs. 93 % en novembre).
- Les projets de croissance témoignent d’un manque d’élan
Les projets sont encore timides en ce début d’année : seules 56 % des ETI ont engagé ou prévoient d’engager au moins un projet de croissance organique en 2026 (vs. plus de 70 % en novembre). La croissance externe se maintient, avec 54,2 % des ETI ayant engagé ou prévoyant d’engager au moins un projet cette année. Les emplois attachés aux projets de croissance externe sont en outre bien plus conséquents : au moins 50 emplois dans 46 % des cas (vs. 15 % en novembre). Les volumes d’investissement, que ce soit en croissance organique ou en croissance externe, sont légèrement supérieurs à ceux observés fin 2025.
En revanche, la situation politique et budgétaire française continue de peser : 1 ETI sur 3 a décidé d’arrêter, de suspendre ou de réorienter tout ou partie de ses projets en France et près de 32 % s’interrogent sur leur maintien. Il est également à noter que l’actualité géopolitique pourrait également affecter la dynamique d’investissement : les ETI sont très inquiètes de la hausse des prix de l’énergie. Elles rencontrent également des difficultés d’approvisionnement et/ou d’acheminement ou redoutent d’en rencontrer.
Dans ce contexte, les prédations sont à surveiller : plus de 2 ETI sur 5 ont été approchées pour un rachat ou une entrée au capital depuis le début de l’année.
Analyse de Frédéric Coirier, PDG du groupe Poujoulat et co-président du METI :
Alors qu’elle a été réalisée durant les premiers jours du conflit au Moyen-Orient, cette enquête présente des résultats moins dégradés que nous aurions pu le redouter : les ETI continuent de faire preuve d’une résilience étonnante malgré l’accumulation des contraintes et des crises.
L’activité se redresse légèrement, bien que l’inquiétude pour les prochains mois se situe à un niveau élevé. La situation financière tient globalement bon même si la proportion des ETI rencontrant des difficultés n’est pas négligeable.
En revanche, il est préoccupant que plus de la moitié des ETI aient connu une dégradation de leur rentabilité sur un an et plus d’1 sur 3 s’agissant de la trésorerie. Cette tendance s’inscrit désormais dans la durée et obère les perspectives de long terme en dépit de la relative dynamique des projets d’investissements. Elle doit également être mise en regard de l’impact de la situation politique et des arbitrages budgétaires français : celui-ci a d’ores et déjà compromis les projets en France d’1 ETI sur 3.
Dans le contexte géopolitique que nous connaissons, la situation est donc loin d’être rassurante malgré les indéniables éléments de solidité qui nous rappellent tout le potentiel des ETI pour notre pays. Un potentiel qui n’attend qu’à être libéré par des politiques économiques favorables à l’activité.
Pour accéder à l’intégralité des résultats : 19e Baromètre Palatine-METI mars 2026
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À propos des ETI en France
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À propos du METI
Fédérant la communauté des ETI à l’échelle nationale et à travers le réseau des Clubs ETI régionaux, le METI poursuit une ambition : placer les ETI, entreprises de long terme garantes de la prospérité des régions, au cœur de la stratégie économique de la France et de l’Union européenne. Son action se structure suivant quatre axes principaux :
1- Documenter et mettre en lumière la contribution majeure des ETI au développement économique et social de leurs territoires d’implantation (base industrielle, emplois, exportations, investissements, transformations, responsabilité sociétale, etc.)
2- Plaider pour la restauration des conditions du « travailler, produire et s’engager » en France, en valorisant l’investissement de long terme et en s’attaquant au différentiel de compétitivité du site France
3- Promouvoir les dynamiques de transformation et d’engagement des ETI, sur les plans environnemental, numérique et sociétal
4- Appeler à la création d’une catégorie ETI européenne et à la prise en compte des enjeux des ETI par les institutions européennes
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