ven. Avr 3rd, 2026

Avant le discours de Donald Trump cette nuit, les marchés étaient dans l’expectative mais avaient envie de croire, comme ce fut le cas pendant les deux derniers jours, que l’issue du conflit au Moyen-Orient était proche. Les propos de Donald Trump et de son Secrétaire à la Défense allaient clairement dans ce sens depuis le début de la semaine, laissant entendre que les Iraniens demandaient un cessez-le-feu et que, peu importe l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz, les militaires américains allaient bientôt se retirer car ils avaient rempli leurs objectifs…

Probablement conscient que ce n’était absolument pas l’impression que donnait l’évolution de la situation sur le terrain, le président américain a choisi de hausser à nouveau le ton cette nuit, menaçant à nouveau de frapper les infrastructures énergétiques de l’Iran : « S’il n’y a pas d’accord, nous allons frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément ».

Ce qui laisse penser que Donald Trump veut pouvoir brandir un résultat avant de desserrer l’étreinte sur la zone, ouvrant la porte à une nouvelle phase d’escalade militaire, même si des discussions peuvent toujours se poursuivre en parallèle.

La réaction initiale assez violente des marchés financiers cette nuit et dans la journée peut potentiellement s’expliquer par le fait que les investisseurs considèrent que le président américain « accepte » une situation volatile sur les marchés encore quelques temps, que soit le marché de l’énergie ou les marchés actions.

Par le passé, on se souvient que Donald Trump avait « toléré » des baisses de marchés actions plus importantes, avant de pivoter, comme en 2018 lors de la première guerre commerciale avec la Chine ou encore l’année dernière avec la mise en place des taxes douanières à grande échelle.

Ce discours intervenu avant un long week-end a également contribué à la nervosité des marchés.

A noter toutefois que les marchés ont réduit leurs pertes un peu avant 17h après une information Bloomberg selon laquelle l’Iran serait en train de rédiger un protocole avec Oman concernant la navigation dans le détroit d’Ormuz. Et les différences entre les deux époques ne se limitent pas à la durée de hausse des prix de l’énergie.

Les prix du transport maritime, sur certaines voies, avait été multiplié par 10 entre 2020 et 2021.

Il faut également se souvenir que le soutien des banques centrales, face au risque économique que faisait courir la pandémie, avait été massif : la taille du bilan de la Fed et de la BCE avait doublé entre 2020 et 2022 ! De quoi stimuler très fortement l’économie et les marchés financiers, et soutenir une consommation « revancharde » après des mois de confinement et d’épargne forcée. Le marché de l’emploi s’était également tendu entraînant de fortes hausses de salaires.

Ce sont tous ces éléments combinés qui avaient entraîné la vague d’inflation post-Covid.

Bref une situation très différente de celle que nous connaissons aujourd’hui et c’est pourquoi il est capital pour la BCE d’éviter l’accident de politique monétaire en relevant trop fortement les taux face à un choc d’approvisionnement en énergie.

 

Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France

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