Greg Chapman – GM International Avalara
L’Europe s’apprête à instaurer un nouveau régime douanier où plus aucun colis, même à très faible valeur, ne pourra entrer sans droits.
Le commerce transfrontalier connaît un bouleversement majeur. En mettant fin à l’exemption de droits de douane pour les colis de moins de 150 €, l’Union européenne rebat les cartes pour les vendeurs internationaux, les marketplaces, les logisticiens et les e-commerçants européens. Cette mesure, pensée pour moderniser un système devenu poreux, arrive plus tôt que prévu et oblige l’ensemble des acteurs à revoir leurs modèles.
Un changement plus rapide que prévu
L’Union européenne s’apprête à mettre fin à l’exemption de droits de douane pour les importations de moins de 150 €. Cette décision du 12 novembre 2025 marque un tournant majeur pour le commerce transfrontalier. Elle arrive plus tôt que prévu, la réforme était attendue en 2028, et elle n’est pas seulement technique. Elle traduit une volonté politique claire : rétablir un équilibre économique et mettre fin aux pratiques qui faussaient la concurrence entre vendeurs européens et non européens.
Une exemption détournée de son objectif initial
Depuis des années, des millions de petits colis entrants échappaient aux droits de douane, alors même que leurs équivalents vendus depuis l’UE en étaient redevables. En 2024, pas moins de 4,6 milliards de colis de faible valeur ont traversé les frontières européennes, dont 91 % en provenance de Chine. À l’origine, l’exemption visait à alléger la charge administrative des douanes. Elle est devenue un angle mort, parfois utilisé pour contourner les obligations grâce à des sous-évaluations ou au fractionnement des envois. Dans ce contexte, la position de Maroš Šefčovič, commissaire européen au Commerce et à la Sécurité économique, est explicite : ce changement n’est plus un sujet administratif, mais un enjeu de souveraineté économique.
Un choc opérationnel pour l’ensemble des acteurs du commerce
La disparition de l’exemption va bouleverser les opérations. Dès son entrée en vigueur, même un colis de quelques euros sera soumis à des droits de douane et à des formalités complètes. Les systèmes devront gérer des données plus précises ; les transporteurs, marketplaces et vendeurs devront fournir des codes HS exacts, des valeurs sincères, des descriptions détaillées et des EORI correctement renseignés. Les modèles économiques fondés sur des flux massifs de petits colis low cost seront remis en question. Les prix, les marges, les schémas logistiques, le choix des Incoterms et l’expérience de livraison devront être réévalués. Chaque maillon du commerce transfrontalier sera concerné.
Une décision européenne inscrite dans une dynamique mondiale
Cette accélération n’est pas isolée. Fin août 2025, les États-Unis ont supprimé leur propre seuil de minimis, autrefois fixé à 800 dollars. Une décision qui a eu un effet domino. Lorsqu’un marché de cette taille resserre ses règles, il pousse mécaniquement les autres blocs économiques à ajuster les leurs. L’Europe s’inscrit donc dans une tendance mondiale où la transparence douanière se renforce, et où le faible montant d’un colis ne justifie plus un régime allégé.
Une transformation qui impose d’agir dès maintenant
Dans ce nouveau contexte, les entreprises ne peuvent se contenter d’attendre 2026. Elles doivent identifier les flux qui seront impactés, comprendre comment leurs prix devront évoluer et préparer leurs systèmes pour absorber des obligations plus strictes. La qualité des données deviendra un enjeu central : une description imprécise ou un code tarifaire approximatif pourra désormais bloquer un envoi, rallonger un délai ou générer une pénalité. La fluidité du cross-border dépendra de la capacité à fournir des informations exactes, complètes et transmises au bon moment.
Pourquoi l’automatisation devient indispensable
C’est précisément dans cette phase de transition qu’Avalara peut jouer un rôle déterminant. L’automatisation des classifications tarifaires, des calculs de droits et taxes, de la détermination de l’origine ou du suivi de la responsabilité douanière par envoi permet de réduire les risques d’erreur et de réintégrer ces obligations directement dans les parcours e-commerce. Lorsque le montant des droits est affiché dès le checkout, l’expérience client est préservée. Lorsque les données circulent correctement, les retards douaniers diminuent. Lorsque les processus sont automatisés, les équipes se concentrent sur la stratégie plutôt que sur la conformité.
Une contrainte… ou une opportunité stratégique
La fin de l’exemption des 150 € peut être perçue comme une contrainte lourde. Elle peut aussi devenir un avantage pour les acteurs les mieux préparés. Dans un marché où chaque colis devient dutiable, la capacité à maîtriser ses données, à sécuriser sa conformité et à automatiser ses processus deviendra une véritable source de compétitivité.
C’est un changement de règles. Mais c’est aussi une occasion de repenser sa stratégie cross-border. Avalara est prête à accompagner les entreprises qui souhaitent transformer cette transition en levier de performance.