lun. Mar 9th, 2026

Olivier Raingeard, directeur des investissements chez Neuflize OBC

Gabriel Karaboulad, directeur adjoint des investissements chez Neuflize OBC

 

Samedi dernier, les États‑Unis et Israël ont engagé un conflit armé avec l’Iran. Des frappes aériennes ont été menées contre le territoire iranien, tandis que des contre‑attaques iraniennes ont visé Israël ainsi que des intérêts américains dans la région. À ce stade, les objectifs que les États‑Unis et Israël souhaitent atteindre avant de mettre un terme à leur campagne militaire en Iran restent incertains. Le président américain Donald Trump a évoqué un changement de régime, sans que les modalités de sa mise en œuvre soient clairement établies.

 

Dans ce commentaire de marché, nous analysons la réaction initiale des marchés financiers au déclenchement du conflit. Nous présentons également trois scénarios décrivant les évolutions possibles de cette situation et leurs impacts potentiels sur les marchés financiers.

Dans ce contexte de fortes tensions géopolitiques, les marchés financiers sont passés en mode « risk‑off ». On observe ainsi des comportements classiques d’aversion au risque, même si certaines réactions s’écartent des schémas habituels.

 

Ainsi, les prix de l’énergie se sont fortement appréciés, notamment en raison de l’arrêt des transports de pétrole et de gaz naturel liquéfié via le détroit d’Ormuz. Parallèlement, les marchés actions ont reculé. Les places asiatiques et européennes, plus dépendantes des approvisionnements énergétiques en provenance du Moyen‑Orient, ont enregistré des baisses plus marquées. Les actions américaines ont en revanche mieux résisté. Cette surperformance relative souligne la perception des investisseurs, selon laquelle le marché actions américain présente un caractère plus défensif que d’autres régions en période d’incertitude. Dans le même esprit, le dollar américain s’est apprécié, confirmant son statut de valeur refuge. Ce n’est pas le cas de l’or : alors que nous anticipions une hausse de son prix, celui‑ci a reculé, probablement en raison de prises de bénéfices destinées à compenser des pertes sur d’autres classes d’actifs. Le Bitcoin, quant à lui, est en hausse après les importantes corrections enregistrées ces derniers mois.

Les anticipations de baisse des taux directeurs par la Réserve fédérale américaine (Fed) ont été repoussées dans le temps, des prix de l’énergie durablement élevés étant susceptibles d’alimenter l’inflation. En conséquence, les rendements obligataires ont progressé. Cette évolution est défavorable aux obligations souveraines (les prix des obligations évoluant inversement aux rendements), qui jouent habituellement un rôle de valeur refuge en période de tensions. Les primes de risque, tant sur les dettes souveraines que sur les obligations d’entreprises, ont également augmenté cette semaine. Enfin, la volatilité, mesurée par l’indice VIX, est en hausse depuis le début de la semaine. Bien que ce niveau soit désormais supérieur à la moyenne, il ne traduit pas encore un climat de peur extrême sur les marchés.

 

Trois scénarios distincts

 

Pour les investisseurs, la question centrale porte sur l’évolution future du conflit et sur ses conséquences pour les marchés financiers. Nous distinguons trois scénarios, principalement déterminés par la durée du conflit et le niveau des prix de l’énergie.

 

Nos scénarios :

 

« Statu quo » pendant quelques semaines avant un apaisement, avec un prix du pétrole(1) autour ou au‑dessus de 100 dollars

Un conflit prolongé de trois mois ou plus, avec un prix du pétrole au‑dessus de 130 dollars

Amélioration rapide de la situation, avec un prix du pétrole autour de 80 dollars

 

« Statu quo » pendant quelques semaines

 

Ce premier scénario est, selon nous, le plus probable, avec une probabilité estimée à 50%. Les attaques se poursuivent des deux côtés pendant plusieurs semaines, mais moins d’un mois. Le détroit d’Ormuz demeure fermé à la navigation, et certaines installations pétrolières et gazières restent à l’arrêt. Même si les capacités de production ne subissent pas de dommages durables, la production de pétrole et de gaz est réduite en raison de la fermeture de raffineries. Après quelques semaines, une amélioration progressive conduit à une normalisation de la production et du transport de l’énergie. Ce scénario n’aurait qu’un impact modéré sur l’inflation et un effet très limité sur la croissance économique mondiale.

 

Un conflit prolongé

 

Le deuxième scénario correspond au scénario le plus défavorable, avec une probabilité de 25%. Le conflit s’étend sur trois mois ou plus, avec une intensification des attaques dans la région. Le détroit d’Ormuz reste fermé sur une période prolongée et des infrastructures pétrolières et gazières sont endommagées. Les pipelines, les sites de production et les ports sont affectés, nécessitant des délais de réparation plus longs. Aucune désescalade n’est observée dans les mois à venir, ce qui se traduit par une inflation durablement plus élevée.

 

Amélioration rapide de la situation

 

Le troisième scénario est le plus optimiste, avec une probabilité également estimée à 25%. Les attaques diminuent au cours des deux prochaines semaines, en raison de capacités réduites du côté iranien et/ou d’une déclaration de victoire du président Trump accompagnée d’une réduction des frappes américaines. Le détroit d’Ormuz rouvre, la production de pétrole et de gaz reprend rapidement et les flux se normalisent. L’impact sur la croissance économique mondiale serait négligeable, celle‑ci poursuivant même son renforcement au cours de l’année.

 

Quel impact sur les marchés financiers ?

 

Dans l’ensemble des scénarios, on observe une réaction initiale défavorable pour les marchés actions, une hausse des prix du pétrole, un dollar plus fort, des prix de l’or en hausse et une volatilité accrue. Toutefois, l’ampleur totale de l’impact varie sensiblement selon les scénarios (voir tableau ci-dessous).

Dans notre scénario central – « statu quo » pendant quelques semaines – les marchés actions pourraient encore corriger, avec une surperformance des marchés américains ainsi que des secteurs de l’énergie, des matériaux et

 

de la santé. Les prix obligataires reculeraient sous l’effet des craintes inflationnistes (hausse des taux). Le pétrole pourrait atteindre 100 dollars et l’indice de volatilité (VIX) grimper autour de 35. Une fois le processus de normalisation engagé, nous anticipons toutefois un rebond rapide des marchés.

Le scénario le plus défavorable – conflit prolongé – se traduirait par une correction plus marquée des marchés actions, là encore avec une meilleure résistance des marchés américains et des secteurs défensifs tels que l’énergie, les biens de consommation de base et la santé. Dans ce contexte, les obligations continueraient de souffrir, les préoccupations liées à l’inflation l’emportant sur celles relatives à la croissance. Le pétrole atteindrait au moins 130 dollars et le VIX pourrait dépasser 40.

 

Dans le scénario le plus favorable – amélioration rapide de la situation – les marchés actions rebondiraient rapidement. Les marchés émergents et l’Europe surperformeraient, inversant les mouvements observés en début de semaine. Sur le plan sectoriel, les valeurs financières et industrielles se distingueraient. Les prix obligataires progresseraient également, la dissipation des craintes inflationnistes soutenant cette classe d’actifs. Le pétrole reviendrait autour de 80 dollars, voire pourrait reculer vers 60 dollars, tandis que le VIX se stabiliserait autour de 25.

 

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À propos de la Banque Neuflize OBC, la banque privée d’ABN AMRO en France

 

La Banque Neuflize OBC propose un modèle unique de banque privée en France, fondé sur une vision intégrée des patrimoines privé et professionnel. Son offre de conseil alliée à son offre de gestion et financements en font le partenaire privilégié d’une clientèle patrimoniale. Elles lui permettent d’intervenir sur la totalité des actifs de ses clients et d’accompagner leurs projets de gestion, transmission, transformation ou encore de cession d’actifs. Pour renforcer la qualité de son offre, la Banque Neuflize OBC a choisi de développer des expertises sectorielles conjuguant personnalisation et forte valeur ajoutée : santé, entrepreneurs de la finance, cinéma et audiovisuel, immobilier, art, nouvelles technologies, média, associations et fondations, ou encore développement durable.

Présente sur l’ensemble du territoire français, au travers de neuf centres de gestion patrimoniale régionaux, la Banque Neuflize OBC est également en mesure de répondre aux problématiques internationales, en raison de son adossement solide et pérenne à la Banque ABN AMRO. Forte de son expérience acquise au fil de plus de 350 ans d’histoire, Neuflize OBC est la banque privée de référence en France.

 

 

 

 

Pour plus d’information, vous pouvez consulter www.neuflizeobc.fr.

 

 

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