mer. Jan 7th, 2026

Par Navidh Mansoor, directeur de rédaction de Croissance Investissement

Les récents événements au Venezuela, marqués par une intervention militaire des États-Unis et l’arrestation du président vénézuélien, ont provoqué une onde de choc diplomatique, politique et humaine à l’échelle internationale. Entre condamnations officielles, divisions de l’opinion publique américaine et lourdes pertes sur le terrain, la situation illustre une crise majeure aux conséquences régionales et mondiales.

Condamnation internationale et inquiétudes sur les ressources stratégiques

Plusieurs pays d’Amérique latine ainsi que l’Espagne ont exprimé leur vive inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme une tentative des États-Unis de s’approprier les ressources naturelles et stratégiques du Venezuela. Le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique, l’Uruguay et l’Espagne ont dénoncé toute forme de contrôle ou d’appropriation externe, jugée contraire au droit international et susceptible de déstabiliser durablement la région.

Ces États ont également condamné les actions militaires unilatérales menées par les États-Unis sur le territoire vénézuélien, les qualifiant de précédent extrêmement dangereux pour la paix et la sécurité régionales, ainsi que de menace directe pour les populations civiles. Ils appellent à une résolution exclusivement pacifique de la crise, fondée sur le dialogue, la négociation et le respect de la volonté du peuple vénézuélien, sans ingérence extérieure.

Dans ce contexte, la Russie et la Chine ont elles aussi pris position. Moscou a exprimé sa solidarité avec le peuple vénézuélien et demandé la libération du président Nicolás Maduro et de son épouse, tandis que Pékin a souligné que les actions américaines constituaient une violation manifeste du droit international.

Une opinion publique américaine profondément divisée

Aux États-Unis, l’intervention militaire au Venezuela ne fait pas l’unanimité. Selon un sondage YouGov réalisé auprès de 991 adultes américains, l’opinion publique apparaît nettement partagée quant à l’impact de cette opération.

Ainsi, 35 % des personnes interrogées estiment que l’intervention militaire va aggraver la situation au Venezuela, contre 34 % qui pensent qu’elle l’améliorera. Neuf pour cent considèrent qu’elle n’aura ni effet positif ni négatif, tandis que 22 % déclarent ne pas savoir se prononcer.

Les clivages politiques sont particulièrement marqués. Une majorité de démocrates (54 %) pense que l’opération américaine aggravera la situation sur place. À l’inverse, seuls 13 % des républicains partagent cet avis, tandis que 66 % d’entre eux estiment que l’intervention conduira à une amélioration. Ces résultats traduisent une fracture profonde dans l’analyse des conséquences de la politique étrangère menée par l’administration du président Donald Trump, qui a affirmé que les États-Unis administreraient le Venezuela jusqu’à la mise en place d’une « transition sûre, appropriée et judicieuse ».

Un lourd bilan humain et une escalade diplomatique

Au-delà des débats politiques et diplomatiques, l’intervention militaire a entraîné des pertes humaines significatives. Le gouvernement cubain a annoncé la mort de 32 ressortissants cubains lors de combats et de bombardements survenus pendant l’opération américaine visant à capturer le président vénézuélien.

Selon un communiqué officiel publié par le journal Granma, ces Cubains participaient à des missions pour le compte des Forces armées révolutionnaires et du ministère de l’Intérieur cubain, à la demande des autorités vénézuéliennes. La Havane a qualifié l’intervention américaine d’« attaque criminelle » contre la République bolivarienne du Venezuela.

Sur le plan institutionnel, Caracas a demandé la convocation urgente du Conseil de sécurité des Nations unies. La Cour suprême vénézuélienne a, de son côté, nommé la vice-présidente Delcy Rodríguez comme cheffe de l’État par intérim, ouvrant une nouvelle phase d’incertitude politique.

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