La Semaine pour créer sa boîte revient du 1er au 5 juin
Sur le terrain de l’entrepreneuriat des femmes, il y a des avancées indéniables mais qui ne doivent pas minimiser le fait qu’aujourd’hui encore, les femmes voient moins grand, demandent et obtiennent moins d’argent, moins d’accompagnement… Alors ce que les femmes ne demandent pas, à l’Adie, on le leur propose systématiquement. Dans ce contexte, pour lever la dimension systémique des inégalités qui pèsent sur l’entrepreneuriat des femmes, surtout quand elles viennent de milieux modestes ou élèvent seules leurs enfants, l’Adie organise du 1er au 5 juin une semaine de sensibilisation nationale dédiée à l’entrepreneuriat féminin, avec une quinzaine de RDV et ateliers en Bretagne.
Créer son entreprise, les femmes avancent, les inégalités persistent
Aujourd’hui les femmes entreprennent presque autant que les hommes. La représentation des femmes dans la création d’entreprise a en effet connu, sur la dernière décennie, une croissance continue. En 2025, 44 % des entreprises individuelles ont été créées par des femmes qui représentent désormais 43 % des chefs d’entreprise. Si la dynamique est positive, elle ne doit pas masquer les écarts persistants dans le recours aux ressources et à l’accompagnement entrepreneurial.
Sur le terrain, cette progression est déjà visible. En Bretagne, l’Adie accompagne une part croissante d’entrepreneuses : elles représentent aujourd’hui 41 % des personnes financées par l’association dans la région contre 37% en 2024.
« Malgré tous les freins qu’elles doivent surmonter, à l’Adie, 9 entrepreneuses sur 10 se disent satisfaites d’avoir créé leur entreprise. C’est un puissant levier d’émancipation et une vraie source d’indépendance qui renforce leur estime personnelle. Encore faut-il qu’elles se l’autorisent pleinement. Mais pas simple de se projeter dans le rôle quand les entrepreneuses sont si invisibilisées qu’à peine 3 Français sur 10 sont capables d’en citer une. » précise Fabienne Kerzerho, Directrice de l’Adie Grand Ouest
Le principal frein n’est pas le refus bancaire, mais l’autocensure
Ce ne sont en effet ni l’envie, ni les idées, ni le talent d’entreprendre qui manquent aux femmes. Et les solutions ne sauraient se réduire à la simple injonction à oser se lancer. Bien souvent, c’est l’environnement qui les contraint, insidieusement, à l’intersection de diverses discriminations conscientes ou inconscientes, à limiter leurs ambitions.
La première barrière à laquelle se heurtent les entrepreneuses reste la difficulté d’accès au financement1. Même si les institutions engagées dans la création d’entreprise ont pris la mesure de ce fossé et se sont mises en ordre de marche pour le réduire considérablement, la Banque de France souligne que l’écart de financement persistant entre les femmes et les hommes qui entreprennent tient surtout au fait que les entrepreneuses demandent moins souvent et de moindres montants que les hommes.
En effet, les entrepreneuses ne se voient pas opposer davantage de refus de crédit. Le principal obstacle intervient bien plus tôt : au moment même de solliciter un financement. Aujourd’hui, seules 38 % des entrepreneuses ont sollicité et obtenu un financement externe, contre 43 % des entrepreneurs[1]. Et lorsqu’elles franchissent le pas, elles empruntent des montants plus modestes, souvent par prudence face au risque.
En Bretagne, l’Adie observe la même tendance : le montant moyen emprunté par une entrepreneuse s’élève à 3598 €, contre 4806 € pour un homme.
Pourtant, lorsque les entrepreneuses mobilisent un financement, elles le font fréquemment pour des projets de création ex nihilo : 20 % des financements accordés à des femmes par l’Adie en Bretagne ont permis la création d’une entreprise, contre 16 % pour les hommes. Et le taux de pérennité à 5 ans des entreprises créées par les femmes est équivalent à celui des hommes (70 %) et même supérieur chez les micro-entrepreneuses (45 % contre 36 %)[2].
L’accompagnement, un levier décisif pour passer de l’envie à l’entreprise
Les entrepreneuses restent moins nombreuses à solliciter un accompagnement : 54 % contre 62 % des hommes[3]. « Les femmes entreprennent, créent, structurent … mais sollicitent encore moins souvent les outils qui pourraient accélérer leur projet. Par manque d’information souvent, mais également par volonté de moins s’exposer aux risques, par manque de confiance ou tout simplement de culture de la gestion entrepreneuriale. C’est précisément sur ces problématiques que nous pouvons agir concrètement pour les accompagner. » Fabienne Kerzerho
Alors, ce que les femmes ne demandent pas, à l’Adie on le leur propose systématiquement.
Cette démarche volontariste porte ses fruits : les femmes représentent les 2/3 des publics qui assistent aux formations. Au-delà des compétences purement techniques (comptabilité, digital, marketing…) elles y trouvent des ressources pour développer un nouveau rapport à l’argent, à la valeur de leur temps et de leur travail.
L’accompagnement constitue un levier décisif : accès à l’information, compréhension des solutions de financement, montée en compétences, confiance en soi, réseau… autant d’éléments qui permettent de transformer une envie d’entreprendre en projet viable.
En Bretagne, l’Adie agit concrètement pour faire émerger davantage de projets portés par des femmes
L’Adie s’engage depuis toujours pour contribuer à proposer des solutions concrètes en faveur de l’entrepreneuriat féminin :
● accompagnements collectifs dédiés
● formations gratuites
● ateliers pratiques, forums et tables rondes
● marchés des créatrices
La campagne organisée du 1er au 5 juin s’inscrit dans cette ambition : aller à la rencontre des futures entrepreneuses, faire connaître les dispositifs existants et donner à chacune les clés pour oser entreprendre.