lun. Mai 11th, 2026

Le travail plaît-il encore vraiment aux Français, ou le salaire est-il devenu le dernier rempart face au désengagement professionnel ?

L’agence HOW MUCH a interrogé 2 615 actifs français pour mesurer leur rapport au travail, à la rémunération et à l’épanouissement.

 

« Cette nouvelle étude met en lumière un paradoxe très révélateur de l’époque : les salariés aspirent à plus de plaisir et d’équilibre dans leur vie professionnelle, mais ils restent profondément attachés à la sécurité financière. On parle beaucoup de quête de sens, mais les chiffres montrent que le pouvoir d’achat demeure un facteur déterminant, souvent même décisif. L’engagement ne doit pas reposer uniquement sur le niveau de salaire, mais il ne faut pas non plus l’ignorer. L’enjeu est désormais de construire une proposition de valeur complète, capable de concilier rémunération, intérêt du poste, reconnaissance et perspectives d’évolution. »

 

Sandrine Dorbes – Conférencière – Experte en stratégie de rémunération – Créatrice de « HOW MUCH »

Le désamour du travail gagne du terrain

 

Si « le travail, c’est la santé », c’est encore loin d’être la panacée. En effet, 52 % des Français déclarent que leur travail ne leur plaît pas, contre 47 % qui disent encore y trouver du plaisir. L’engagement professionnel est-il plus que jamais un enjeu majeur pour les entreprises comme pour les salariés ?

 

Aujourd’hui, diriez-vous que votre travail vous plaît ?
Réponses Pourcentages
Oui, tout à fait 16 %
Oui, plutôt 31 %
Non, plutôt pas 29 %
Non, pas du tout 23 %
Je ne sais pas 1 %

 

Entre salaire et passion, les Français réclament surtout le bon dosage

 

Tout est une question d’équilibre, surtout pour 45 % des Français qui privilégieraient un salaire en adéquation avec l’intérêt du poste. Cependant, 25 % font le choix du salaire à tout prix et 19 % celui de la passion quitte à gagner moins. Le travail idéal ne se résume plus à une fiche de paie, mais à une équation plus fine entre sens, plaisir et sécurité financière.

 

Si vous aviez le choix, préféreriez-vous :
Réponses Pourcentages
Gagner moins, mais faire un travail qui me plaît vraiment 19 %
Gagner plus, même si le travail ne me plaît pas 25 %
Trouver un équilibre entre salaire et intérêt du poste 45 %
Cela dépendrait de ma situation personnelle 11 %

 

Le salaire reste prioritaire

 

71 % des Français ne sont pas prêts à baisser leur salaire pour un métier plus épanouissant. Dans le détail, 33 % accepteraient une diminution en cas de forte insatisfaction et 38 % ne le feraient jamais. Seuls 27 % seraient prêts à gagner moins pour un métier ayant plus de sens.

 

Seriez-vous prêt(e) à accepter une baisse de salaire pour exercer un métier qui vous plaît davantage ?
Réponses Pourcentages
Oui, sans hésiter 6 %
Oui, mais seulement si la baisse est limitée 21 %
Non, sauf en cas de forte insatisfaction 33 %
Non, jamais 38 %
Je ne sais pas 2 %

Quand le salaire s’envole, l’intérêt du poste passe au second plan

 

À l’inverse, 85 % des Français accepteraient un travail déplaisant en échange d’un salaire plus élevé, dont 52 % à condition que l’augmentation soit très importante et 19 % sans hésitation. Malgré la quête de sens, la rémunération reste le plus puissant levier de décision professionnelle.

 

À l’inverse, accepteriez-vous un travail qui ne vous plaît pas pour un salaire nettement plus élevé ?
Réponses Pourcentages
Oui, sans hésiter 19 %
Oui, mais seulement temporairement 14 %
Oui, si l’augmentation est très importante 52 %
Non, je privilégie l’intérêt du travail 12 %
Je ne sais pas 3 %

 

Travail moins stimulant : le prix du renoncement est élevé

 

L’étude How Much confirme le poids décisif de la rémunération : 75 % des répondants pourraient accepter un travail moins intéressant contre une hausse de salaire, dont 35 % uniquement au-delà de 30 %. S’il est clair que le désintérêt professionnel se monnaye, il faut que le niveau soit suffisamment significatif pour compenser la perte de sens.

 

Quelle augmentation de salaire pourrait vous faire accepter un travail moins intéressant ?
Réponses Pourcentages
Aucune augmentation ne suffirait 12 %
Jusqu’à 10 % 9 %
Entre 10 % et 20 % 12 %
Entre 20 % et 30 % 19 %
Plus de 30 % 35 %
Je ne sais pas 13 %

 

Le poste épanouissant… pas très tentant !

 

À la question « Avez-vous déjà quitté ou envisagé de quitter un emploi mieux payé pour un poste plus épanouissant ? », 57 % des Français répondent par la négative. Seulement 11 % ont déjà privilégié un travail passion au détriment du salaire et 25 % envisagent de le faire actuellement.

 

Avez-vous déjà quitté ou envisagé de quitter un emploi mieux payé pour un poste plus épanouissant ?
Réponses Pourcentages
Oui, je l’ai déjà fait 11 %
Oui, je l’envisage actuellement 25 %
Non, mais j’y ai déjà pensé 22 %
Non, jamais 35 %
Je ne suis pas concerné(e) 7 %

 

* Méthodologie : Cette étude a été réalisée du 28 avril au 6 mai 2026 auprès d’un échantillon de 2 615 actifs français âgés de 18 ans et plus, représentatif de la population active nationale.

L’enquête a été administrée en ligne via le panel BuzzPress France, composé de 27 700 répondants.

La constitution de l’échantillon repose sur la méthode des quotas, appliquée aux variables suivantes : sexe, âge et région.

Les données ont ensuite fait l’objet d’un redressement statistique (calage sur marges), afin d’assurer la représentativité de l’échantillon. Les pondérations ont été établies à partir de données de référence issues de l’INSEE ainsi que de sources administratives récentes.

 

À propos de Sandrine Dorbes – Conférencière – Experte en stratégie de rémunération – Créatrice de « HOW MUCH »

 

La rémunération n’est pas qu’une question d’argent.

Ce n’est pas un slogan, c’est une conviction qui guide chaque étape du parcours de Sandrine Dorbes.

Après une carrière de responsable rémunération dans un grand groupe bancaire, elle fonde en 2020 HOW MUCH, un cabinet indépendant dédié à la construction de politiques salariales justes, lisibles et cohérentes.

Sa certitude : une politique de rémunération claire est le socle d’un dialogue social apaisé et d’un pilotage RH durable.

Administratrice indépendante certifiée, elle explore les liens entre gouvernance, stratégie RH et performance globale — une performance qu’elle conçoit sur trois plans indissociables : économique, environnemental et humain. Autrice et conférencière, elle aide les dirigeants à faire de la rémunération autre chose qu’un chiffre : un langage de reconnaissance et de confiance.

À travers ses ouvrages, ses conférences et ses interventions à la School of Life Paris, elle interroge la place de l’argent, du travail et du sens dans nos trajectoires individuelles et collectives.

Car pour elle, interroger le pourquoi précède toujours le combien.

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