Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour eToro
ENGIE débute l’année 2026 sur une trajectoire solide, malgré un environnement énergétique nettement moins favorable qu’en 2025. Le groupe voit son chiffre d’affaires reculer de 11,6 % et son EBIT hors nucléaire diminuer de 8,4 %, mais cette baisse était largement anticipée après les niveaux exceptionnellement élevés enregistrés ces dernières années dans l’énergie.
Le principal enseignement de cette publication réside surtout dans la transformation progressive du profil d’ENGIE. Le groupe accélère clairement son repositionnement vers des activités plus défensives et régulées comme les réseaux électriques et les infrastructures énergétiques et renouvelables.
La finalisation de l’acquisition de UK Power Networks constitue à ce titre une étape stratégique majeure. Cette opération renforce fortement l’exposition d’ENGIE aux infrastructures régulées britanniques, offrant une meilleure visibilité sur les revenus futurs.
Les renouvelables restent également un moteur de croissance important. ENGIE poursuit le développement de ses capacités solaires, éoliennes et surtout de stockage par batteries en Europe. Le groupe dispose désormais de plus de 6,6 GW de capacités en construction et accélère fortement dans les batteries, un segment devenu stratégique.
Du côté des points de vigilance, certaines activités plus exposées aux marchés énergétiques souffrent logiquement de la normalisation des spreads et des prix de l’électricité.
La production thermique et le nucléaire affichent ainsi un net recul, tandis que les activités B2B subissent également une baisse des marges après les conditions exceptionnelles observées durant la crise énergétique.
Malgré cela, ENGIE conserve un bilan solide avec une dette en baisse et un ratio dette nette/EBITDA limité à 2,9x. Surtout, le groupe confirme ses objectifs annuels, preuve que la visibilité reste relativement élevée malgré les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.