Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour eToro
Airbus débute l’année 2026 sur une note contrastée. Au premier trimestre, Airbus a livré 114 appareils, contre 136 un an plus tôt. Une baisse qui pèse directement sur les comptes. Le chiffre d’affaires recule de 7 % à 12,7 milliards d’euros, tandis que l’EBIT ajusté chute de plus de moitié à 300 millions d’euros. Même constat côté résultat net, en baisse de 26 %. Mais c’est sans doute du côté du cash-flow que la déception est la plus marquée, avec un flux de trésorerie libre négatif de 2,5 milliards d’euros.
Ce trou d’air s’explique en grande partie par la montée en cadence industrielle. Airbus accumule des stocks pour préparer l’accélération des livraisons à venir, tout en restant pénalisé par des tensions persistantes dans la chaîne d’approvisionnement, notamment sur les moteurs Pratt & Whitney. Un classique du secteur, où les encaissements sont fortement corrélés au calendrier de livraison.
Pour autant, la dynamique commerciale reste impressionnante. Airbus a enregistré 398 commandes nettes sur le trimestre, presque deux fois plus qu’un an auparavant, portant son carnet de commandes à plus de 9 000 appareils. Un niveau qui offre une visibilité exceptionnelle sur plusieurs années et confirme la solidité de la demande mondiale, portée par le renouvellement des flottes et la croissance du trafic aérien.
Autre élément positif, la division Défense et Espace, qui affiche une croissance de 7 % de ses revenus et une nette amélioration de sa rentabilité, s’imposant comme un relais de croissance de plus en plus stratégique.
Malgré ces vents contraires à court terme, Airbus maintient ses objectifs pour 2026, visant environ 870 livraisons, un EBIT ajusté de 7,5 milliards d’euros et un free cash-flow de 4,5 milliards.
Finalement, le message est clair, la trajectoire de fond reste intacte. Airbus ne manque pas de clients. Il lui reste désormais à transformer cette demande en livraisons effectives et donc en cash.
