mar. Avr 14th, 2026

Le thème de la semaine par Axel Botte – Les actions européennes font preuve de résilience face au choc pétrolier

 

·       La crise iranienne a initialement entraîné des baisses significatives sur les marchés boursiers européens, mais ceux-ci ont rapidement rebondi après les pourparlers de cessez-le-feu, témoignant d’une résilience.

·       Malgré un choc pétrolier, la crise énergétique dans la zone euro a été moins sévère que prévu, grâce à des importations diversifiées et à l’énergie nucléaire française ; la performance des actions dépendra de la capacité des entreprises à répercuter les coûts de production.

·       Alors que les prévisions globales de bénéfices restent optimistes (+9% de croissance attendue), les secteurs cycliques font face à des révisions à la baisse, tandis que le secteur pétrolier et gazier enregistre des améliorations notables (+25%).

·       Croissance vs « Value » : la hausse des taux d’intérêt à long terme a exercé une pression sur les actions de croissance, tandis que les actions « value », sensibles aux conditions actuelles, pourraient bénéficier d’une éventuelle accalmie de la crise et d’une diminution des primes de risque.

·       Les actions de la zone euro ont attiré des flux mensuels substantiels vers les ETF, d’une moyenne de 1,2 milliard d’euros, et une activité M&A accrue, notamment sur les petites et moyennes capitalisations, offre un soutien supplémentaire.

 

La revue des marchés par Axel Botte – La défiance règne

 

·     Iran-Etats-Unis : l’échec des négociations prolonge l’incertitude

·     Etats-Unis : croissance du T4 révisée en baisse, l’inflation s’accroit à 3,3% en mars

·     Actions : fort rebond à l’annonce des négociations avant une fin de semaine plus difficile

·     Taux : retour vers 4,30% pour le T-note, le Bund dérive à la hausse

 

Les actions de la zone euro chahutées par la guerre en Iran

Dans un contexte géopolitique tendu, les marchés actions de la zone euro ont connu un début d’année 2026 contrasté. Après une forte progression initiale, l’escalade militaire liée à la guerre en Iran a brutalement interrompu cette dynamique.

L’indice Euro Stoxx 300, qui regroupe les 300 plus grandes entreprises de la zone euro, avait enregistré une hausse de 6,7 % entre janvier et février. Mais le déclenchement du conflit le 27 février a provoqué un retournement rapide des marchés.

Dans un environnement déjà fragilisé par les tensions au Groenland et au Venezuela, les marchés européens ont d’abord effacé leurs gains annuels. Toutefois, l’annonce d’un cessez-le-feu temporaire de deux semaines a entraîné un rebond marqué, largement attribué à des rachats de positions vendeuses.


Une correction contenue dans une perspective historique

Malgré cette volatilité, la correction observée reste relativement modérée au regard des standards historiques. En comparant l’évolution des marchés en 2026 à celle des 25 dernières années, la performance apparaît globalement résiliente.

Le recul maximal enregistré depuis le début de l’année s’élève à seulement -4,3 % par rapport à la clôture de 2025, un niveau limité en comparaison des crises précédentes. Cette relative stabilité souligne une certaine solidité structurelle des marchés européens, même en période de tensions internationales.


Un choc pétrolier sans crise énergétique généralisée

L’un des principaux facteurs de pression sur les marchés a été la hausse des prix de l’énergie. Toutefois, contrairement à la crise de 2022 liée à la guerre en Ukraine, la situation actuelle ne s’est pas transformée en crise énergétique majeure.

Si les prix du pétrole ont été fortement impactés, ceux du gaz sont restés relativement contenus, avec des niveaux autour de 50 €/MWh, bien loin des pics supérieurs à 200 €/MWh observés il y a quatre ans.

Plusieurs éléments expliquent cette résilience :

  • des importations énergétiques diversifiées, notamment en provenance du Qatar,
  • une relative stabilité des prix du charbon,
  • la reprise de la production nucléaire en France, qui a contribué à limiter la hausse des coûts de l’électricité.

Ainsi, la crise actuelle s’apparente davantage à un choc pétrolier qu’à un choc énergétique global.


Des perspectives de bénéfices encore solides, mais sous pression

La tenue des marchés dépend désormais largement de la capacité des entreprises à absorber et répercuter la hausse des coûts de production.

Selon les estimations de Bloomberg, le bénéfice par action (BPA) à 12 mois de l’indice Euro Stoxx atteindrait 41,94 points, soit une progression attendue de 15,7 %. Toutefois, ce consensus est jugé optimiste par certains analystes, qui anticipent une croissance plus modérée, autour de 9 %.

À l’approche de la saison des résultats, des révisions à la baisse ont déjà été observées, en particulier dans les secteurs cycliques :

  • automobile : -15 % sur les prévisions de BPA
  • chimie, industrie, consommation : -3 % à -6 %

À l’inverse, certains secteurs tirent leur épingle du jeu :

  • pétrole et gaz : +25 % de révisions de bénéfices
  • agroalimentaire, banques et technologie : hausses plus modérées

Une meilleure résistance des entreprises domestiques

Un autre facteur clé de résilience réside dans l’exposition géographique des entreprises. Les sociétés fortement orientées vers les marchés domestiques européens, notamment dans les secteurs financiers et les services publics, ont mieux résisté depuis le début du conflit.

À l’inverse, les entreprises dépendantes des revenus internationaux ont subi des corrections plus marquées, pénalisées par l’incertitude globale et les tensions sur le commerce mondial.

Une trajectoire dépendante du contexte géopolitique

À court terme, l’évolution des marchés européens restera étroitement liée aux développements géopolitiques et à l’évolution des prix de l’énergie.

Si la situation actuelle montre une certaine résilience, un prolongement ou une intensification du conflit pourrait rapidement remettre en cause cet équilibre fragile. À l’inverse, une stabilisation durable renforcerait la confiance des investisseurs et soutiendrait la reprise des marchés.

Forte demande pour les actions de la zone euro

Malgré un environnement économique marqué par les tensions énergétiques, les actions de la zone euro continuent d’attirer fortement les investisseurs. Cette dynamique se reflète notamment à travers les flux observés sur les ETF (fonds indiciels cotés) dédiés aux marchés actions européens.

Une analyse basée sur un échantillon d’ETF couvrant la zone euro met en évidence des flux particulièrement soutenus. Depuis janvier 2020, les données montrent une progression régulière des investissements, avec une accélération notable ces derniers mois.

Au cours des six mois précédant mars 2026, les entrées nettes ont atteint en moyenne 1,2 milliard d’euros par mois, pour un encours total d’environ 1 400 milliards d’euros. Cela représente près de 0,1 % des actifs sous gestion chaque mois, un niveau significatif compte tenu de la taille du marché.

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche semble également avoir coïncidé avec un regain d’intérêt pour les actions de la zone euro, traduisant possiblement des arbitrages géographiques de la part des investisseurs internationaux.

Un soutien croissant des fusions-acquisitions

Parallèlement aux flux d’investissement, un autre facteur de soutien émerge : l’accélération du cycle des fusions et acquisitions (M&A).

Cette dynamique est particulièrement favorable aux valeurs de moyenne capitalisation, qui apparaissent comme des cibles privilégiées dans ce contexte. Après plusieurs années de ralentissement, notamment du côté du capital-investissement (private equity), l’activité repart progressivement à la hausse.

Cette reprise est visible en zone euro, mais reste encore plus marquée sur le marché américain. Néanmoins, elle constitue un levier important de soutien pour les marchés actions européens, en renforçant les valorisations et en stimulant l’intérêt des investisseurs.

Des flux solides malgré un contexte incertain

Les flux vers les fonds actions demeurent robustes, malgré les incertitudes liées à la guerre en Iran et aux pressions sur les coûts énergétiques.

Dans ce contexte, l’évolution des taux d’intérêt joue également un rôle clé. Si le rendement du Bund allemand se stabilise autour de 3 %, les valeurs de croissance pourraient bénéficier d’un rebond, soutenant davantage les marchés.

Une tendance haussière qui pourrait se confirmer

Les actions européennes ont connu un début d’année particulièrement solide, avec une hausse de plus de 6 % avant le choc géopolitique lié à la guerre en Iran. Ce conflit a entraîné une correction d’environ 10 %, rapidement suivie d’un rebond des marchés à la faveur d’espoirs de désescalade.

Malgré des révisions modérées à la baisse des bénéfices, les actions de la zone euro continuent d’attirer des flux significatifs. L’accélération des opérations de fusions-acquisitions renforce également cette dynamique.

Dans ce contexte, les marchés actions européens pourraient retrouver une trajectoire haussière dans les mois à venir, portés par des facteurs techniques et fondamentaux favorables.

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