Le cessez-le-feu de deux semaines entre Washington et Téhéran, annoncé le 7 avril, a échoué après 21 heures de négociations à Islamabad. Les États-Unis ont aussitôt annoncé un blocus naval des ports iraniens à compter du 13 avril
La semaine de cotation (mardi 7 au jeudi 10 avril) avait pourtant été marquée pa un net soulagement sur les marchés. L’annonce du cessez-le-feu avait provoqué une chute de 13% du Brent en une seule séance mercredi — sa plus forte baisse journalière depuis 1991 (hors Covid).
Le gaz et le charbon avaient suivi dans la foulée. Mais le détroit d’Ormuz n’a jamais réellement rouvert : seuls 22 navires ont transité depuis la trêve, contre 135 par jour en temps normal.
L’Iran imposait des routes alternatives et des péages de plus d’un million de dollars par navire. L’échec des pourparlers et l’annonce du blocus américain ce week-end referment complètement cette fenêtre de détente.
Le TTF rebondit déjà de 18% ce matin à 51,30 €/MWh. Côté macro, l’euro se renforce à 1,172 $ (+1,6%), tandis que BCE et Fed restent en observation.
Gaz naturel: -12,6% sur les prix pour 2027 et -13,8% pour les prix de mai 2026
Le gaz a connu une correction violente en milieu de semaine. Le PEGAS Mai 2026 plonge de 49,48 à 42,67 €/MWh, le Cal-2027 recule de 39,51 à 34,52 €/MWh et le Cal-2028 de 28,52 à 26,29 €/MWh. Sur la seule journée de mercredi, le M+1 a chuté de plus de 15% après l’annonce de la trêve.
Deux facteurs expliquent cette détente. D’abord le cessez-le-feu, qui a ouvert un scénario de normalisation des flux de GNL via Ormuz. Ensuite la météo, nettement au-dessus des normales saisonnières (+2,4°C en France), comprimant la demande de chauffage.
Les fondamentaux restent stables : flux norvégiens autour de 282 Mm³/j, send-out GNL européen à 4,4 TWh/j. Les stocks européens sont bas à 27,9%, ce qui maintiendra la pression sur les prix à terme tant que la campagne d’injection n’aura pas démarré.
Électricité : -2,5 % sur les prix pour 2027 et +22,0 % pour les prix de mai 2026
Le M+1 Mai 2026 passe de 20,87 à 25,46 €/MWh. Cette hausse s’explique principalement par des annonces de maintenances nucléaires programmées sur le week-end de Pâques, qui ont mécaniquement relevé les anticipations de prix pour le mois de mai. Le Cal-2027 recule modérément de 56,57 à 55,17 €/MWh, et le Cal-2028 reste stable à 52,35 €/MWh.
Le fait marquant de la semaine reste la chute des prix spot, portée par une combinaison exceptionnelle : boom de la production solaire sur l’Europe du Sud, douceur des températures et disponibilité nucléaire française encore solide à 44,1 GW malgré les premières maintenances.
La production nucléaire a atteint 104 TWh au T1 2026, un plus haut de sept ans. Ces conditions créent des fenêtres très favorables pour les clients en offres dynamiques.
Le CAL reste soutenu par l’incertitude géopolitique.
L’annonce du blocus américain ce matin pourrait rapidement se répercuter sur les produits à terme dès cette semaine.
Pétrole : -12,7 % sur le prix du pétrole brut
Le Brent s’effondre de 109,03 à 95,20 $/baril en clôture jeudi, sa plus forte correction hebdomadaire depuis le début de la crise.
Mais ce matin, les cours repartent déjà à la hausse (+7,8% vers 103 $/baril) après l’annonce du blocus naval américain.
Le recul de la semaine ne reflétait qu’un bref espoir de désescalade. Avec l’échec d’Islamabad et le durcissement américain, le scénario d’une perturbation prolongée des flux pétroliers via Ormuz reste intact. Les 230 pétroliers toujours bloqués dans le Golfe en sont le meilleur indicateur.
Co2: +1,6 % sur le prix des quotas pour décembre 2026
Le CO2 progresse légèrement à 72,84 €/tonne. Les discussions sur le durcissement des benchmarks (-17% sur les quotas gratuits) soutiennent structurellement les cours.
D’un côté, la baisse du gaz et du charbon réduit le soutien via le fuel-switching. De l’autre, les anticipations réglementaires et le rebond attendu des prix fossiles après l’échec des négociations limitent le potentiel baissier. Le carbone reste la seule commodité à avoir progressé cette semaine.
Charbon: -11,1 % sur la tonne de charbon
Le charbon chute de 119,00 à 105,75 $/tonne, entraîné par la détente du gaz et la montée en puissance du solaire en Europe, qui réduit mécaniquement l’appel aux centrales thermiques.
Les contraintes de capacité du parc européen plafonnent désormais les arbitrages gas-to-coal pour le T2.
Prix du gaz dans le monde :
Les marchés mondiaux corrigent en parallèle. Le JKM asiatique recule à 19,42 $/MMBtu (-2,7%), le Henry Hub à 2,65 $/MMBtu (-5,4%).
L’écart reste considérable : le gaz asiatique coûte plus de sept fois le prix américain. L’annonce du blocus américain va probablement relancer la compétition pour les cargaisons de GNL, maintenant l’Europe en concurrence directe avec l’Asie pour chaque volume disponible.
