lun. Avr 13th, 2026

L’escalade intervient après des négociations intensives menées au Pakistan, qui se sont conclues sans aboutir à un accord.

Le blocus naval américain des ports iraniens entre en vigueur

Le blocus naval imposé par les États-Unis aux ports iraniens est désormais effectif, renforçant les inquiétudes liées à la sécurité régionale et à la fluidité des routes commerciales. Cette décision accentue également la volatilité des marchés, après l’échec des discussions entre Washington et Téhéran, tenues samedi au Pakistan.

Le Commandement central américain a précisé que ces mesures concernent les navires faisant escale dans les ports iraniens situés dans le golfe Persique et le golfe d’Oman.

Le président américain Donald Trump a vivement critiqué le pape Pope Leo XIV, opposant déclaré à la guerre contre l’Iran, le qualifiant notamment de « faible ».

Dans un message publié sur Truth Social, Trump — qui avait pourtant salué l’élection du pontife comme un « grand honneur » — a estimé que celui-ci était « très mauvais en politique étrangère », ajoutant ne pas souhaiter « un pape qui critique le président des États-Unis ».

S’exprimant ensuite à bord d’Air Force One, il a maintenu ses critiques, décrivant Léon XIV comme « une personne libérale » et déclarant : « Je ne pense pas qu’il fasse du très bon travail… Je ne suis pas un grand admirateur du pape Léon. »

Ces déclarations surviennent alors que le pontife a multiplié les appels à la paix et à la diplomatie au Moyen-Orient. Vendredi, il a affirmé que « Dieu ne bénit aucun conflit » et qu’« aucune cause ne peut justifier le sang versé d’innocents ».

Lundi, il a réitéré sa position, assurant qu’il « continuera à dénoncer fermement la guerre ».

Le pape a également indiqué ne pas « craindre » Donald Trump, tout en refusant « d’entrer dans un débat » avec lui. Un haut responsable du Vatican a, de son côté, qualifié les propos du président américain de « déclaration révélatrice d’impuissance ».

Réaction des marchés

D’après Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement, Pictet AM

Le marché a intégré une prime de risque supplémentaire à la suite de l’échec des négociations entre les Américains et les Iraniens. Bonne nouvelle, il n’y a toutefois pas de panique pour l’instant. Les investisseurs regardent le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Plusieurs routes alternatives sont désormais pleinement opérationnelles pour transporter le pétrole, en particulier l’oléoduc Abu Dhabi–Fujairah des Émirats Arabes Unis (1,5 à 1,8 million de barils par jour) et l’oléoduc Est-Ouest d’Arabie Saoudite (7 millions de barils par jour). Ce n’est évidemment pas suffisant pour compenser les retombées du blocage du détroit d’Ormuz. Mais cela permet d’apaiser un peu les craintes concernant un choc d’offre pétrolier durable.

Point important, les résultats trimestriels qui commencent vont permettre d’avoir un premier aperçu de l’impact de la guerre sur les chaînes d’approvisionnement et de logistique. Les entreprises devraient dans la plupart des cas dépasser largement les attentes au titre du premier trimestre tant ces dernières ont été revues à la baisse ces dernières semaines. En revanche, elles pourraient jouer la carte de la prudence pour les résultats à venir et mettre en avant les risques liés aux pressions inflationnistes résultant de la hausse des prix de l’énergie et des dérivés du pétrole et du gaz qui entrent dans le cycle de production.

 

Plusieurs acteurs internationaux expriment de vives inquiétudes face au projet de blocus du détroit d’Ormuz envisagé par Donald Trump. La China alerte sur les risques pour le commerce mondial. L’Iran envisage, en réponse, d’imposer des taxes à tous les navires traversant le détroit, au-delà des seuls transports de pétrole.

 

Par Navidh Mansoor, directeur de rédaction de Croissance Investissement

 

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