lun. Mar 9th, 2026
Malgré les réformes successives, les inégalités de pension entre les femmes et les hommes persistent à un niveau élevé. En France, les femmes perçoivent en moyenne une retraite inférieure de 38 % à celle des hommes (26 % en incluant les pensions de réversion), principalement en raison d’écarts salariaux et de carrières plus souvent hachées.*
Chez les dirigeantes et indépendantes, la vulnérabilité est particulièrement marquée : 78 % des femmes dirigeantes et 71 % des indépendantes déclarent se sentir fragiles face à la perte de revenus à la retraite (Sondage Lilycare x Swiss Life France x OpinionWay, 2024). Pour Lilycare, spécialiste de la protection sociale des travailleurs non salariés, les mesures introduites en 2026 constituent une évolution importante, mais elles ne sauraient, à elles seules, compenser des inégalités construites tout au long de la carrière.
“Les femmes sont souvent pénalisées dans leur parcours professionnel : temps partiel, interruptions liées à la maternité, inégalités salariales… Ces réalités ont un impact direct sur le montant de leur future retraite. Les réformes récentes vont dans le bon sens, mais elles ne remplacent pas une stratégie d’anticipation.”, analyse Sonia Elmlinger, co-fondatrice de Lilycare.

Calcul de la retraite : un mécanisme désormais plus favorable aux mères

Au régime général, la pension est calculée sur la moyenne des 25 meilleures années. La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 modifie ce paramètre pour les mères de famille : 1 enfant : calcul sur les 24 meilleures années et 2 enfants : calcul sur les 23 meilleures années. Cette évolution bénéficie particulièrement aux femmes ayant connu des revenus irréguliers ou des périodes de baisse d’activité.
Les dispositifs existants demeurent :
–  4 trimestres attribués au titre de la maternité (automatiquement à la mère biologique ou adoptive, sauf cas spécifiques)
–  4 trimestres au titre de l’éducation, attribués par défaut à la mère pour les enfants nés avant 2010, et partageables pour ceux nés après 2010 sous conditions déclaratives
–  Majoration de 10 % de la pension à partir de 3 enfants
–  Intégration des indemnités journalières maternité perçues depuis 2012 dans les 25 meilleures années à hauteur de 125 %
La loi de finances 2026 ouvre également la possibilité pour les femmes de mobiliser 2 trimestres liés aux enfants dans le cadre d’un départ anticipé pour carrière longue, sous conditions.

Des effets variables selon les trajectoires

Pour les personnes nées après 1968, l’obtention du taux plein suppose la validation de 172 trimestres (43 années). Dans ce contexte, chaque trimestre et chaque année de référence compte.
“Pour le calcul des trimestres, il faut faire les simulations : ce n’est pas toujours intéressant. Tout dépend des arrêts maladie, des coupures, des périodes à l’étranger ou d’autres aléas de carrière.” , souligne Sonia Elmlinger. “Le congé maternité et le congé parental donnent droit à des trimestres, même sans revenus pendant la période. En revanche, en congé parental, l’absence de cotisations peut peser sur le montant final de la pension.”
Si les ajustements récents améliorent certains paramètres techniques, ils ne corrigent pas les inégalités de revenus accumulées au fil des années. Pour les femmes entrepreneures ou en profession libérale, l’enjeu est d’autant plus stratégique que leur protection repose en grande partie sur leurs propres arbitrages.
“Les dispositifs existent, mais ils sont complexes. Trop de femmes découvrent trop tard l’impact de leurs choix professionnels sur leur retraite. La clé, c’est l’anticipation et la compréhension fine des règles.” , conclut Sonia Elmlinger.
 
 
Cas pratiques – Simulations
Si Claire, 44 ans, débute comme salariée pendant une dizaine d’années, puis se lance en tant que TNS pendant 8 ans, avant de revenir au salariat. Si elle est mariée et mère de deux enfants.
Ce que cela change pour sa retraite :
●  Carrière morcelée qui génère plus de complexité
Elle cotise à plusieurs régimes (salarié + indépendant), ce qui complexifie la lisibilité de ses droits
●  Des années TNS souvent moins cotisées
En tant que TNS, ses revenus ont été irréguliers, avec des arbitrages à la baisse de ses revenus donc des cotisations retraite. Résultat : des trimestres validés, mais une base de calcul de revenus plus faible.
●  Impact direct sur le montant final de sa retraite
Même si elle valide ses trimestres, le niveau de pension est tiré vers le bas par ces années moins rémunératrices.
●  Effet atténué par les enfants, mais limité
Elle bénéficie :
○  de trimestres pour maternité et éducation (! trimestres [1]de plus)
○  d’un calcul potentiellement plus favorable (23 meilleures années avec 2 enfants depuis la réforme de 2023)
○  Mais ces mécanismes ne compensent pas les années de revenus plus faibles en TNS.
Claire aura probablement une retraite complète en durée, mais fragilisée en montant, avec un écart significatif par rapport à une carrière linéaire salariée. C’est pour cela qu’il faut le plus tôt possible évaluer sa carrière et anticiper des solutions pour pallier cette perte de revenus à la retraite due à une carrière morcelée.
Si Sarah, 52 ans, a eu deux enfants, qu’elle a pris un congé parental de 3 ans, puis a travaillé à temps partiel pendant plusieurs années. Elle a également suivi son conjoint à l’étranger pendant 5 ans, sans activité professionnelle en France.
Ce que cela change pour sa retraite :
●  Des trimestres validés, mais sans cotisations suffisantes
Le congé parental permet de valider des trimestres, mais sans revenus associés : impact direct sur le montant de la pension.
●  Temps partiel : double peine
Moins de revenus : moins de cotisations donc une pension plus faible.
Et certaines années peuvent ne pas être pleinement validées selon le niveau de salaire.
●  Expatriation : un trou potentiel dans la carrière si elle a vécu dans un pays sans convention sécurité sociale avec la France
Sans affiliation volontaire ou cotisation à l’étranger reconnue, ces 5 années peuvent :
○  ne pas compter pour les trimestres
○  ou ne pas entrer dans le calcul des meilleures années de revenus pour le calcul de sa future retraite
●  Des dispositifs correctifs insuffisants
Elle bénéficie de trimestres liés aux enfants, mais ces mécanismes ne compensent pas des années entières sans cotisation ou à faible revenu.
Sarah cumule plusieurs facteurs de fragilité. Elle risque :
●  soit de ne pas atteindre le taux plein sans travailler plus longtemps après l’âge légal de la retraite
●  soit d’avoir une pension significativement réduite
Il est indispensable de faire un bilan retraite afin d’anticiper et de mettre en place des stratégies d’amélioration comme le rachat de trimestres ou la mise en place d’épargne retraite complémentaire pour compenser cette perte certaine de revenus à la retraite.
 
 
*Source : Ministère de l’Économie et des Finances
À propos de Lilycare
Cofondée en 2023 par Sonia Elmlinger et Yannick Nold, Lilycare est une plateforme de souscription d’assurances en ligne de contrats de prévoyance, de complémentaire santé et de retraite à destination des petites entreprises, des travailleurs non-salariés et des indépendants. Sa mission : rendre la souscription de contrats de protection sociale – mutuelle santé et prévoyance et retraite – simple, rapide et accessible à tous les travailleurs non-salariés. Pour y parvenir, Lilycare sélectionne les contrats de mutuelle santé et prévoyance et retraite chez les meilleurs assureurs du marché et aide ensuite les indépendants à choisir et à souscrire en ligne l’offre qui leur convient le mieux à travers des conseils personnalisés. Startup de l’Insurtech Lilycare, ambitionne de créer la marketplace de référence de l’assurance de personnes en proposant des sélections d’offres additionnelles de prévention.
https://lilycare.fr/

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *