| Pour les entreprises ayant du personnel dans la région ou en déplacement, les questions ont immédiatement fusé : où sont nos collaborateurs ? Peut-on les joindre ? Quelles sont nos positions contractuelles vis-à-vis des hôtels qu’ils ont réservés ?
Selon le rapport Insights 2026 de FCM Consulting, la réponse dépend presque entièrement d’un seul facteur : l’organisation disposait-elle d’un programme voyage solide, géré en temps réel, et avait-il été conçu en tenant compte des situations de crise ?
« Un programme hôtelier qui se contente de lister des établissements n’est pas un outil de gestion des risques. Le duty of care implique de savoir où se trouvent vos collaborateurs, d’avoir les relations nécessaires pour les repositionner rapidement, et d’intégrer de la flexibilité dans votre programme avant d’en avoir besoin, et non pas une fois que la crise a déjà commencé. » a déclaré Juan Antonio Iglesias, Directeur du Consulting EMEA chez FCM Consulting.
Les événements géopolitiques, les évolutions réglementaires et les phénomènes météorologiques extrêmes créent des poches de volatilité difficiles à anticiper, mais tout à fait gérables avec la bonne TMC en place. Le rapport de FCM Consulting présente un cadre pratique pour les programmes voyage qui opèrent dans des régions complexes et instables.
Il préconise des accords tarifaires flexibles qui protègent contre les annulations soudaines, des normes de sécurité hôtelière calibrées en fonction du risque géographique et élaborées en concertation avec les équipes de sécurité des entreprises, une veille régulière des conditions régionales, et une relation avec une TMC qui n’offre pas seulement une gestion administrative des réservations, mais une véritable coordination en cas de crise.
La perturbation au Moyen-Orient constitue l’exemple le plus frappant, d’un thème qui traverse l’intégralité de l’analyse 2026 de FCM Consulting : l’importance croissante de l’agilité des programmes dans un environnement opérationnel imprévisible.
Les entreprises qui ont le mieux géré la perturbation de février partagent un ensemble de caractéristiques communes. Leur agence de voyages d’affaires (TMC) disposait d’une visibilité en temps réel sur les localisations et réservations des voyageurs. Des conditions d’annulation flexibles pré-négociées, clause de plus en plus répandue dans les accords hôteliers de FCM Consulting pour les régions complexes, ont permis d’effectuer des changements d’hébergement immédiatement et sans pénalité financière. Les conseils de réacheminement ont été diffusés de manière centralisée, rapide et cohérente.
Les entreprises qui s’appuient sur des réservations directes, des voyages non gérés ou des listes d’hôtels obsolètes ne bénéficiaient d’aucune de ces protections. Dans un contexte où les délais de réservation au Moyen-Orient s’étaient déjà considérablement réduits à mesure que la conscience du risque progressait, l’absence de visibilité sur le programme n’est pas seulement un problème d’achat, c’est un manquement au devoir de protection.
Les données de ce rapport illustrent à la fois l’ampleur des enjeux et le potentiel de la région pour les entreprises qui s’y maintiennent. Le message central de l’analyse n’est pas que les entreprises devraient se retirer du Moyen-Orient, la région reste dynamique, et l’élan commercial y est significatif.
- L’Arabie saoudite compte 177 281 chambres dans son inventaire hôtelier actuel et près de 50 000 chambres supplémentaires en construction, portées par des initiatives de diversification économique pilotées par l’État qui stimulent la migration de la demande corporate, notamment de Djeddah vers Riyad.
- La perturbation à court terme a, parallèlement, créé une véritable fenêtre d’opportunité pour les acheteurs. L’analyse montre un assouplissement des tarifs journaliers au Moyen-Orient dans l’immédiat après-crise de février, avec une reprise projetée à plus de quatre pour cent sur le long terme dès le retour de la stabilité.
- Pour les acheteurs qui disposent de l’infrastructure programme nécessaire pour agir, cela représente une véritable opportunité de négocier des accords long terme avantageux, en obtenant de meilleures conditions avant que les tarifs ne repartent à la hausse, portés par la croissance structurelle de la région.
« Les entreprises qui s’en sortent le mieux ne sont pas celles qui ont arrêté de voyager. Ce sont celles qui ont investi dans le bon programme avant la crise, et qui sont désormais positionnées pour agir rapidement à mesure que la situation se stabilise. Une forte demande ne rime pas toujours avec des conditions stables », note le rapport. « Les programmes doivent intégrer la gestion des perturbations autant que celle de la croissance », ajoute Juan Antonio Iglesias. |