| L’envolée de l’or a permis de redécouvrir les minières. Elles ont eu un beau parcours boursier en 2025. Ce n’est certainement que le début. L’ensemble des entreprises minières aurifères représente une capitalisation boursière de seulement 1 000 milliards $. C’est moins que Walmart (1 100 milliards $). C’est l’équivalent de 1% de la capitalisation boursière mondiale. Historiquement, c’était autour de 10%. Tout porte à croire que cette sous-représentation du secteur ne va pas durer.
Les minières peuvent capitaliser sur l’intérêt des institutionnels pour l’or. Actuellement, le métal précieux est sous-représenté dans les allocations d’actifs – autour de 1 à 2% selon Morningstar. Lors du précédent supercycle haussier des matières premières, ces dernières – surtout l’or et un peu l’argent – représentaient jusqu’à 12% du total.
En outre, les entreprises aurifères font l’objet de décotes inédites qui correspondent à un prix de l’once d’or entre 2,000 et 2,500 $ alors qu’il se situe actuellement au-dessus de 5,000 $. Toutes les entreprises du secteur sont concernées. Les grandes capitalisations se négocient à un prix inférieur à leur valeur comptable (valeur liquidative de 0,75) tandis que les petites sont encore moins chères avec une valeur liquidative de 0,51. Difficile, dans ces conditions, de rester à l’écart.
À surveiller Le calendrier économique de la semaine est presque vide, avec seulement quelques statistiques américaines mais qui ne sont pas de premier plan. En revanche, il faut s’attendre à une baisse des volumes échangés sur les bourses en raison d’un lundi férié aux États-Unis (anniversaire de George Washington) et du Nouvel An chinois toute la semaine. Il est donc possible qu’il y ait des mouvements erratiques, surtout si l’actualité est anxiogène. Prudence.
A noter L’ISM manufacturier américain a atteint 52,1 en janvier – renouant avec une phase d’expansion pour la première fois en douze mois (le seuil de 50 sépare la contraction de l’expansion de l’activité). Cela a rassuré tous ceux qui s’inquiétaient en fin d’année dernière de l’état de l’économie américaine. Nous continuons d’être confiants pour la croissance des États-Unis en 2026. En revanche, baser son jugement uniquement sur l’ISM est un peu risqué. Cet indicateur est souvent mal compris. L’ISM ne mesure pas l’ampleur des variations de la production ou des commandes. Il suit simplement la proportion d’entreprises signalant une amélioration par rapport à celles signalant une détérioration. Il suffit qu’un nombre relativement restreint d’entreprises réapprovisionnent leurs stocks qui étaient au plus bas, comme c’est souvent le cas en janvier, pour que l’indice ISM grimpe de manière significative. En réalité, cela ne traduit pas une amélioration généralisée de la conjoncture mais une variation statistique sans grand intérêt. C’est d’ailleurs pour cela qu’on prête en général assez peu attention aux indicateurs PMI/ISM pour faire des prévisions économiques.
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| Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM |