Nicolas Leclerc, cofondateur du cabinet de conseil en énergie OMNEGY, vous propose son analyse des fluctuations du marché de l’énergie. Cette semaine, la situation en Iran ainsi que la vague de froid qui s’est abattue aux Etats-Unis remuent les marchés de l’énergie.
Macroéconomie & Géopolitique : la semaine a été extrêmement mouvementée sur les marchés financiers, principalement du côté des métaux et des matières premières.
Alors qu’ils connaissaient une hausse fulgurante de leur prix depuis des mois, le prix de l’or, ainsi que de l’argent, a volé en éclat lors de la session de vendredi. L’argent a plongé de plus de 27% en une seule journée de cotation.
Certaines entreprises n’ont pas été épargnées par cette correction baissière, qui a touché celles liées à l’IA, comme Microsoft, qui a perdu près de 10% en une séance de cotation (plus de 350 milliards de $ de capitalisation évaporée).
Du côté géopolitique, les tensions aux Etats-Unis restent fortes entre le camp républicain et démocrate, notamment du fait des agissements de la police de l’immigration américaine, ce qui est en train d’aboutir à un nouveau shutdown dans le pays.
Gaz naturel: +5% sur les prix pour 2027 et +2,5% pour les prix de février 2026
La semaine est restée haussière pour les prix du gaz en Europe, principalement portée par une forte volatilité des prix côté américain, une réduction de l’approvisionnement et des stocks en baisse continue.
Depuis plusieurs jours plane la crainte d’une réduction de la production de gaz américain ainsi que de moindres exportations de GNL dans le pays, du fait de conditions hivernales historiquement froides et rigoureuses. Le prix du gaz aux Etats-Unis a ainsi brièvement dépassé les 20 €/MWh, et a provoqué la hausse des prix en Europe, par répercussion.
Les flux de GNL réceptionnés en Europe sont en baisse depuis le début de l’année, à 3,4 TWh/j contre plus de 4 il y a trois semaines. Les stocks de gaz ne sont plus remplis qu’à 41%, contre 45% il y a 7 jours et cette tendance devrait se maintenir avec un froid persistant.
Ce matin, les prix du gaz diminuent de façon notable en raison d’une réduction des tensions au Moyen-Orient et d’une baisse des prix du pétrole.
Électricité : -0,6% sur les prix pour 2027 et -3,8% pour les prix de février 2026
| Le prix de l’électricité continue de diminuer, aussi bien à court terme qu’à plus long terme. Bien que les températures n’aient pas beaucoup évolué depuis une semaine et demeurent froides, les prix ont pu baisser grâce à la chute importante du prix du CO2 sur la semaine (-8%), et devraient continuer d’être orientés vers le bas ce matin, avec la chute du prix du gaz.
La disponibilité nucléaire française a un peu diminué, à 57,2 GW contre plus de 60 GW en début d’année, mais cela n’affecte pas les prix calendaires, qui continuent de graviter autour de 50 €/MWh. L’EPR de Flamanville devrait redémarrer le 4 février. |
Pétrole : +6,94% sur le prix du pétrole brut
Le prix du pétrole a augmenté de près de 15% en un mois, en raison de la crise iranienne, qui inquiète le marché.
La situation sur le sujet est encore loin d’être claire, mais provoque indéniablement le retour d’une prime de risque géopolitique. Donald Trump s’est dit prêt à discuter avec le régime iranien mais a également disposé de nombreux navires de guerre aux alentours de l’Iran. L’ayatollah Ali Khamenei a, de son côté, menacé de frapper Israël ainsi que les bases américaines de la région en cas de frappe sur son sol.
Les opérateurs de marché commencent donc à intégrer dans les prix la possibilité d’un scénario de conflit dans la région. Ce matin, le brut est en baisse de près de 4 $/baril après que Trump a indiqué que des négociations étaient en cours.
Co2: -8,09% sur le prix des quotas pour décembre 2026
Le prix du CO2 est tombé au plus bas depuis quasiment 2 mois, avec une semaine en très forte baisse, faisant passer son prix brièvement sous la barre des 80 €/tonne. La chute est principalement liée à des prises de profit de la part des acteurs financiers et suit également un mouvement baissier plus large, qui affecte également l’or, l’argent ou encore les actions américaines, suite aux nominations de nouvelles personnalités au sein de la Réserve fédérale américaine, lesquelles devraient conduire plus agressivement l’économie américaine.
Charbon: +3,31% sur la tonne de charbon
Le prix du charbon remonte au plus haut depuis plus de 3 mois, alors que les stocks européens, à 3,1 millions de tonnes, sont en baisse de plus de 9% sur la semaine, indiquant une forte demande pour le combustible et constituant un signal haussier.
Prix du gaz dans le monde :
Le prix du gaz aux Etats-Unis a augmenté aussi vite qu’il a chuté, en raison des prévisions météorologiques très rigoureuses dans le pays, mais pour une durée limitée. Cette tendance volatile a eu un effet haussier sur les prix du gaz en Europe, tout comme en Asie.
