jeu. Jan 8th, 2026

La Chine, première puissance industrielle et premier exportateur mondial, est confrontée à un double problème : l’atonie de sa demande intérieure, en raison d’un déclin démographique prononcé, et la montée des sanctions commerciales de la part des pays occidentaux. Les autorités chinoises tentent de contourner ces difficultés en jouant sur la valeur de la monnaie et en maintenant un effort important d’investissement.

Le taux d’investissement en Chine demeure élevé à plus de 40 % du PIB, conduisant à une sous-utilisation très importante des capacités industrielles, compte tenu d’une demande intérieure atone et d’une croissance du commerce plus faible que prévue. Le taux d’utilisation des capacités dans l’industrie chinoise est de 74,6 % au troisième trimestre 2025, contre 78 % au début de 2021.

Des investissements massifs dans des secteurs stratégiques

La Chine investit depuis des années dans :
• la fabrication de batteries électriques (pour laquelle elle détient 71 % du marché mondial) ;
• les semi-conducteurs, avec l’intention de détenir 50 % du marché mondial en 2030 ;
• les chantiers navals, la Chine détenant aujourd’hui 74 % du marché des porte-conteneurs ;
• le photovoltaïque, avec 50 % du marché mondial en 2024 ;
• le développement de médicaments, avec une part de marché mondiale de 28 %.

Afin de compenser les augmentations des droits de douane et les entraves à ses exportations, la Chine joue sur la valeur de sa monnaie. Le RMB est ainsi sous-évalué. Un euro valait 6,8 RMB en juillet 2022 ; fin 2025, il s’échangeait contre 8,2 RMB. Les chiffres respectifs pour un dollar sont de 6,3 RMB et 7,1 RMB. La dépréciation est plus accentuée par rapport à l’euro, facilitant ainsi la réorientation des exportations vers le Vieux Continent.

Excédents commerciaux, stratégie financière et tensions internationales

Malgré les contraintes imposées par les États-Unis et, dans une moindre mesure, par l’Union européenne, la balance commerciale des biens de la Chine a atteint plus de 1 000 milliards de dollars en 2025. En un an, les exportations de bateaux ont progressé de 25 %, celles des batteries électriques de 27 %. Les échanges avec les États-Unis se sont légèrement contractés, sans pour autant chuter.

Avec ses imposants excédents commerciaux, la Chine acquiert de moins en moins de titres du Trésor des États-Unis et privilégie des prises de participation dans des secteurs stratégiques ou des prêts à des entreprises jugées essentielles (énergie, réseaux électriques, GNL, oléoducs, semi-conducteurs, batteries, aéroports). Ces financements visent à garantir les circuits d’exportation et à contourner les sanctions commerciales.

Selon les données publiées par l’université William and Mary, la Chine investit et prête à tous les pays. Les États-Unis restent le premier pays d’accueil des capitaux chinois.

La stratégie chinoise reposant sur d’importantes capacités de production et une sous-évaluation de la monnaie a comme inconvénient d’être déflationniste. Les industriels, pour conserver leurs parts de marché, tendent à diminuer leurs prix. Cette stratégie conduit également les partenaires économiques à multiplier les sanctions commerciales, au risque de mettre en place une spirale protectionniste. L’Europe accuse la Chine d’y réorienter ses exportations auparavant destinées aux États-Unis.

La Chine doit trouver un mode de croissance plus développée et moins conflictuelle.

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