Paris fait figure d’exception : dans les arrondissements les plus recherchés (6ᵉ, 9ᵉ), les passoires thermiques valent parfois plus cher que les biens classés A-B, preuve que l’emplacement prime encore sur l’étiquette énergétique dans la capitale. L’effet Paris gonfle par ailleurs le prix national des passoires de +1 304 €/m².
3. La réforme DPE 2026 : jusqu’à 850 000 passoires reclassées sans travaux
Entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026, la réforme du coefficient de conversion énergétique de l’électricité, abaissé de 2,3 à 1,9 , va mécaniquement reclasser un nombre considérable de logements chauffés à l’électricité.
Environ 850 000 logements devraient ainsi sortir du statut de passoire thermique (F ou G) par simple recalcul, sans aucun travaux, sur les 4,8 millions de passoires en résidences principales (source : ministère de la Transition écologique). Ces biens seraient reclassés en catégorie E voire D.
Modalités pratiques : les DPE existants restent valides 10 ans. Les propriétaires concernés peuvent télécharger gratuitement une attestation de nouvelle étiquette sur l’Observatoire DPE de l’ADEME, sans refaire le diagnostic. Cette attestation a la même valeur juridique que le DPE d’origine.
Conséquences directes pour les propriétaires : les biens reclassés échappent au gel des loyers (applicable aux G depuis janvier 2025) et à l’interdiction de location des F prévue en 2028. La réforme recentre les efforts de rénovation sur les passoires chauffées aux énergies fossiles et envoie un signal fort en faveur de l’électrification des usages.
Points de vigilance : la remontée des taux
Parallèlement à la réforme DPE, un second facteur exogène mérite attention : la remontée progressive des taux d’emprunt immobilier depuis septembre 2025. Après un point bas à 3,01 % en avril 2025, le taux moyen sur 20 ans a atteint 3,24 % en février 2026, pénalisant en particulier les profils à faible apport. Les prévisions tablent sur une fourchette de 3,30 % à 3,50 % pour l’ensemble de l’année 2026.